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Embellie dans les perspectives d'embauche en 2016, mais beaucoup d'emplois saisonniers

  • PubliĂ© le 12 avril 2016 Ă  19:14
Les intentions d'embauche pour 2016 sont Ă  la hausse: +5,1%

Bonne nouvelle sur le front de l'emploi: les perspectives de recrutement des entreprises progressent nettement cette annĂ©e, atteignant un niveau jamais vu depuis sept ans, mais avec une part significative de contrats saisonniers, selon l'enquĂȘte annuelle de PĂŽle emploi publiĂ©e mardi.


AprĂšs une croissance de seulement 2,3% en 2015, les intentions d'embauche pour 2016 ont augmentĂ© de 5,1%, soit 88.000 projets de recrutement supplĂ©mentaires sur un total de plus de 1,8 million d'embauches potentielles: "Jamais nous n'avons obtenu un tel rĂ©sultat" depuis que cette enquĂȘte "Besoins en main-d??uvre" a Ă©tĂ© lancĂ©e sous cette forme il y sept ans, a expliquĂ© le directeur gĂ©nĂ©ral de PĂŽle emploi, Jean BassĂšres, lors d'une confĂ©rence de presse.
Plus de 430.000 entreprises ont répondu à ce questionnaire, vaste cartographie des besoins de recrutement par métier et par bassin d'emploi. Environ 80% des projets qu'elles signalent se réalisent effectivement, a précisé M. BassÚres.
La hausse des prévisions d'embauche est cependant d'abord liée aux emplois saisonniers, notamment dans le tourisme (+8,6%, soit environ 45% des projets), quand celles des emplois non saisonniers n'augmentent que de 2,8%.
Dans les intentions d'embauche, la part des emplois durables (CDI ou contrats de plus de six mois) s'établit à 56,3%, en légÚre baisse par rapport à 2015, mais en nette hausse par rapport à 2014.
Géographiquement, les perspectives de recrutement se concentrent dans les grandes agglomérations, l'Arc atlantique et le sud-est de la France.
Le plus grand nombre émane des petites entreprises de moins de 10 salariés (45% des projets d'embauche), suivies par les établissements de 10 à 50 salariés (23%).
Le secteur des services est le premier recruteur de France, représentant 41% des intentions d'embauche (+4,5% sur un an). Cela concerne les services à la personne (restauration, aides à domicile...), métiers à faible qualification, mais aussi les services aux entreprises, avec une forte demande pour les métiers qualifiés, comme les ingénieurs.
- Recrutements Ă  la peine dans les services -
Les perspectives continuent aussi de croĂźtre dans l'industrie (+2,6%), mais moins qu'en 2014 et 2015.
Fait notable: le rebond de la construction, dont les projets d'embauche ont augmenté de quelque 12%, aprÚs un important repli en 2015, retrouvant leur niveau de 2014.
Dans le "top 15" des mĂ©tiers les plus recherchĂ©s figurent en tĂȘte les emplois saisonniers agricoles (viticulteurs, cueilleurs, etc.), suivis, entre autres, par les agents d'entretien de locaux, les professionnels de l'animation socioculturelle, les serveurs de cafĂ© et de restaurants, les employĂ©s de cuisine, les aides Ă  domicile, les ouvriers non qualifiĂ©s, les artistes, les vendeurs et les ingĂ©nieurs - qui font cette annĂ©e leur entrĂ©e dans ce classement.
Les difficultés de recrutement restent importantes puisqu'elles concernent environ un tiers des entreprises. Mais "si on regarde depuis 2012, ces difficultés ont tendance à baisser", a souligné Stéphane Ducatez, directeur des statistiques de PÎle emploi, selon lequel le nombre d'offres non pourvues faute de candidats se situe dans une fourchette de 180.000 à 200.000.
Ces difficultés touchent deux fois plus les petites entreprises que les grandes, faute de structure en ressources humaines.
Parmi les métiers les plus durs à pourvoir, dont beaucoup sont aussi, de fait, les plus recherchés: les services aux particuliers (cuisiniers, aides à domicile et ménagÚre, employés de maison), essentiellement par manque d'attractivité, mais aussi l'industrie (ingénieurs et cadres d'études), en raison surtout d'une inadéquation des profils. Certains métiers d'ouvriers qualifiés (couvreur, chaudronnier, etc.) ou du secteur médical et paramédical souffrent par ailleurs d'une pénurie de candidats: cette année, médecin est l'un des métiers pour lequel le pourcentage de projets de recrutement jugés difficiles est le plus élevé (70%).
Pour prÚs de deux entreprises sur trois, la formation des candidats venant de l'extérieur apparaßt comme "la solution adaptée" pour résoudre ces problÚmes, et la plupart comptent sur PÎle emploi pour les aider dans leur recrutement.

Par Anthony LUCAS - © 2016 AFP
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