"On ne vous a pas beaucoup vu sur les marchés M.Goasguen"

En ballottage dans le XVIe, Goasguen tente de sauver le bastion supposé imprenable de la droite

  • PubliĂ© le 15 juin 2017 Ă  14:02
Le maire du XVIe Claude Goasguen Ă  Paris le 16 mai 2017

"On ne vous a pas beaucoup vu sur les marchés M.Goasguen": élu dÚs le premier tour aux trois derniÚres législatives, le député-maire du XVIe arrondissement, rattrapé dimanche par la vague Macron, découvre les campagnes de second tour.

C'était le bastion imprenable de la droite. François Fillon y a fait son meilleur score de France à la présidentielle (57%), Claude Goasguen, 72 ans, y a été plébiscité aux législatives de 2002, 2007 et 2012. Dimanche soir, le candidat LR, habitué des scores à 60%, s'est retrouvé à 37,99 %, six points derriÚre la candidate inconnue de La République en marche, Valérie Bougault-Delage (44,20%), dans la trÚs chic 14e circonscription de Paris.

Un "lendemain gueule de bois", dit-on dans le camp Goasguen. "J'ai Ă©tĂ© surpris", reconnaĂźt l'intĂ©ressĂ©, tracts Ă  la main devant le marchĂ© de la rue d'Auteuil mercredi. "Je m'attendais Ă  ne pas passer au premier tour Ă  cause de la vague Macron, mais je pensais que je serais en tĂȘte". Un peu penaud face Ă  ceux comme Anne-Marie, 73 ans, qui lui reprochent de ne pas ĂȘtre venu Ă  la rencontre des Ă©lecteurs avant le premier tour alors que "les gens d'En marche, ils Ă©taient tout le temps lĂ ", M. Goasguen reconnaĂźt qu'il n'a pas Ă©tĂ© "assez vif". Depuis lundi donc, il arpente les rues du quartier jusqu'Ă  en avoir "mal aux pieds", pour convaincre les Ă©lecteurs.

- Des électeurs "à Roland-Garros ou à Deauville" -

Si chez REM on est persuadĂ© que mĂȘme dans cette circonscription "symbolique", il y a une volontĂ© de dĂ©gager les "installĂ©s", chez M. Goasguen, on affirme que le mauvais score est dĂ» Ă  la trĂšs forte abstention. "Il y a 20.000 personnes qui ont votĂ© Fillon qui ne se sont pas dĂ©placĂ©es, parce que +Goasguen, il passe toujours au premier tour+", assure une militante. A quelques jours du second, la consigne est claire : "on dit aux gens +ce week-end on ne va pas en Bretagne, pas en Normandie, on reste Ă  Paris, et on va voter+", complĂšte un autre.

Dans les rues du XVIe, ils sont effectivement nombreux Ă  aller d'eux-mĂȘmes saluer "Monsieur le maire" pour s'excuser de ne pas avoir Ă©tĂ© voter. "Je pensais qu'il allait passer, j'ai Ă©tĂ© trĂšs surpris", reconnaĂźt Didier, avocat de 58 ans. D'autres cependant n'ont pas apprĂ©ciĂ© que M. Goasguen justifie sa dĂ©faite en expliquant que ses Ă©lecteurs Ă©taient "Ă  Roland-Garros ou Ă  Deauville". Françoise, 70 ans, l'interpelle dans la rue pour lui dire. "C'est une caricature des gens du XVIe", s'Ă©nerve-t-elle. Il est "mauvais joueur", confiera plus tard celle qui a votĂ© pour lui "pendant trente ans, mais maintenant ça suffit". M. Goasguen lui, hausse les Ă©paules. "Ca ne plaĂźt pas Ă  la dame mais c'est la vĂ©ritĂ©, je le connais le XVIe", dit-il.

Marie-Madeleine, 75 ans, a votĂ© pour lui au premier tour, "la force de l'habitude et c'est son dernier mandat", explique-t-elle, en avouant avoir hĂ©sitĂ©. "Pour les mĂȘmes raisons", sourit-elle. Elle votera pour lui au second car "un peu d'opposition ça serait pas mal, et lui il a une grande gueule". MĂȘme si, ajoute-t-elle, "il est quand mĂȘme trĂšs Ă  droite".

Des idées, M. Goasguen n'en parle pas à ses électeurs. "Ils les connaissent", balaie-t-il. "Chrétiens d'Orient, défense d'Israël, terrorisme, fiscalité", énumÚre celui qui avait parlé en 2014 de la Shoah "qu'on n'ose plus enseigner dans les lycées tant on a peur de la réaction des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées".

Confronté au non-cumul des mandats, M. Goasguen avait choisi en avril l'Assemblée plutÎt que la mairie. Il y restera finalement s'il perd dimanche, mais se dit "serein". "Allez voter, qu'on ait au moins un député de droite à Paris", répÚte-t-il en distribuant ses tracts.

AFP

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