"Faire toute la lumiĂšre sur le sujet": au lendemain des rĂ©vĂ©lations des "Football Leaks" sur une affaire de fichage ethnique au sein d'une cellule de recrutement du PSG, le club s'active pour se dĂ©fendre, en promettant "dĂšs la semaine prochaine" les rĂ©sultats d'une enquĂȘte menĂ©e en interne.
"Initiative personnelle"
Comment expliquer la présence de critÚres ethniques, "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain", sur des fiches de recrutement au sein du PSG entre 2013 et 2018, une pratique illégale révélée jeudi par un collectif de médias européens, dont Mediapart et Envoyé Spécial en France? "La décision ou les actes d'une poignée de personnes ne peuvent pas remettre en cause un engagement de long terme", plaide Jean-Claude Blanc.
La ligne de dĂ©fense du PSG est de pointer une "initiative personnelle" du responsable du recrutement du centre de formation dĂ©diĂ©e aux territoires hors Ile-de-France, Marc Westerloppe. Celui-ci a quittĂ© le club au dĂ©but de l'annĂ©e pour rejoindre Olivier LĂ©tang, ancien directeur sportif du PSG, au Stade Rennais. "Nous ne sommes pas exempts de responsabilitĂ©s parce que ça s'est passĂ© au sein du club", estime-t-il. Une enquĂȘte interne a Ă©tĂ© ouverte. "A l'issue de cette enquĂȘte, nous partagerons dĂšs la semaine prochaine les rĂ©sultats avec les instances et autoritĂ©s de tutelle afin de faire toute la lumiĂšre sur le sujet", a fait savoir le club Ă l'AFP vendredi.
Dans un communiquĂ© diffusĂ© par son avocat, Marc Westerloppe assure n'avoir "jamais commis quelque acte de discrimination que ce soit", et affirme "initier dĂšs Ă prĂ©sent toutes les actions judiciaires qui s'imposent", pour "lever ces suspicions infondĂ©es" et ĂȘtre "rĂ©tabli dans son honneur".
Plainte contre X
Outre les condamnations venues notamment de la ministre des Sports Roxana Maracineanu, "consternée", des suites judiciaires sont possibles aprÚs ce fichage: la Ligue des droits de l'Homme a porté plainte contre X vendredi pour "discrimination" et pour "collecte et traitement de données à caractÚre personnel faisant apparaßtre les origines raciales ou ethniques".
Le préjudice est déjà d'importance pour la réputation d'un club attentif à son image. "Bien que nous soyons beaucoup attaqués en ce moment, s'il y a un sujet qui nous tient à coeur c'est bien celui des luttes contre toute forme de discrimination", soupire encore Jean-Claude Blanc. Le sujet est particuliÚrement sensible à Paris, marqué par les affaires de racisme en tribunes du Parc des Princes dans les années 2000, avant le rachat du club par le Qatar.
Le PSG a en tout cas été défendu par certains de ses jeunes passés par le centre de formation, comme Yacine Adli. "Depuis mon arrivée en 2013, j'ai cÎtoyé et grandi avec des joueurs de cultures diverses et n'ai jamais connu de différences ou de discriminations au sein de notre club", a assuré le jeune homme sur son compte Instagram. "J'ai grandi au centre de formation du PSG et je n'ai jamais ressenti de racisme", abonde le prometteur Moussa Diaby.
Une longue liste d'affaires
Beaucoup attaqué, le PSG ? Il s'est en tout cas retrouvé au milieu d'une sacrée série d'affaires depuis le début de la saison. Une semaine plus tÎt, Jean-Claude Blanc avait déjà dû prendre la parole sur le fair-play financier, ce mécanisme mis en place par l'UEFA qui interdit aux clubs de n'investir plus qu'ils ne gagnent par leur moyen propre, c'est-à -dire sans l'apport financier de leur propriétaire.
Le PSG, ciblĂ© par une enquĂȘte de l'UEFA, est accusĂ© de "dopage financier" car certains des contrats qu'il a passĂ© avec des entreprises qatariennes ont Ă©tĂ© jugĂ©s surĂ©valuĂ©s par rapport aux prix en vigueur. Dans le cadre des "Football Leaks", le club a aussi dĂ» rĂ©futer un "accord secret" avec les pontes de l'UEFA de l'Ă©poque, Michel Platini et Gianni Infantino, en 2014, pour aider le PSG Ă dribbler des rĂšgles... mises en place par l'UEFA elle-mĂȘme.
Enfin, le match de Ligue des champions contre l'Etoile rouge de Belgrade dĂ©but octobre a donnĂ© lieu Ă deux enquĂȘtes: une, de la justice française sur des soupçons de match truquĂ© par le club serbe, qui dĂ©ment. Le club a annoncĂ© se porter partie civile. L'autre enquĂȘte est conduite par l'UEFA, sur de brefs affrontements entre supporters et forces de l'ordre aux abords de son Parc des Princes. Le club s'est voulu ferme sur ce point en rĂ©siliant plusieurs dizaines d'abonnement de "fauteurs de troubles", pour une pĂ©riode d'un an.
"Nous commençons Ă avoir les soucis que les grandes entreprises, les grandes marques connaissent aujourd'hui", veut croire Jean-Claude Blanc. Elles "doivent absolument ĂȘtre irrĂ©prochable parce que scrutĂ©s, analysĂ©s, hackĂ©s avec des fuites de documents possibles, que vous n'arriverez jamais Ă empĂȘcher totalement. La seule rĂ©ponse Ă cela, c'est d'ĂȘtre encore plus exemplaire, exigeant, transparent et encore plus dur dans les sanctions qui doivent ĂȘtre prises quand la ligne rouge est franchie."
AFP


