Europe

En pleines tensions internationales, Macron retrouve Merkel pour resserrer le couple franco-allemand

  • PubliĂ© le 16 octobre 2019 Ă  06:41
  • ActualisĂ© le 16 octobre 2019 Ă  07:40
Le président français Emmanuel Macron et la chanceliÚre allemande  Angela Merkel à l'Elysée le 13 octobre 2019

En pleine crise sur la Syrie, Emmanuel Macron, Angela Merkel et leurs gouvernements sont attendus mercredi à la mi-journée à Toulouse pour afficher l'entente franco-allemande à la veille d'un sommet européen qui s'annonce chargé.

Le président français et la chanceliÚre allemande se retrouvent en pleines tensions internationales, marquées par des efforts de derniÚre heure pour conclure un accord sur le Brexit et une semaine aprÚs le début de l'offensive turque contre les Kurdes en Syrie.

Paris et Berlin ont tous deux vivement condamné la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan, mais les Européens semblent impuissants à peser face aux acteurs du conflit syrien.

A l'occasion de ce premier conseil des ministres franco-allemand de l'année, la préfecture de Haute-Garonne interdit les manifestations dans le centre de Toulouse et aux abords des installations d'Airbus, prÚs de l'aéroport. Un rassemblement syndical est toutefois prévu en fin de matinée à la limite de la zone rouge.

AprÚs avoir dßné ensemble dimanche à l'Elysée, Angela Merkel et Emmanuel Macron vont chercher à aligner leurs positions sur les nombreux sujets au menu du sommet européen de jeudi et vendredi: la politique industrielle, la défense, mais aussi les derniÚres négociations du Brexit, la position de l'UE contre l'attaque turque en Syrie ou encore la réponse à opposer à Google qui refuse de rémunérer les médias au mépris de la nouvelle directive européenne.

Lors d'un Conseil de défense, ils essaieront notamment d'élaborer des rÚgles communes sur les exportations d'armes, malgré leurs divisions. Contrairement à Paris, Berlin a stoppé ses ventes d'armes à l'Arabie Saoudite aprÚs l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018.

Sur le plan politique, l'ambition est d'assurer à la future présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le soutien d'une majorité solide au Parlement européen.

Car l'Elysée s'inquiÚte depuis le rejet par les eurodéputés de leur candidate à la Commission, Sylvie Goulard, pour des raisons éthiques, qui intervient aprÚs la faible majorité accordée à Mme von der Leyen en juillet.

- Visite d'Airbus -

Le chef d'Etat et la chanceliÚre arriveront vers 12H30 au siÚge du groupe Airbus pour visiter la chaßne de montage des A350 et échanger avec des salariés. Puis ils déjeuneront avec des lycéens et des apprentis ayant bénéficié de l'action Avion Campus des métiers.

Ils auront ensuite un entretien bilatéral à la Préfecture de la Haute-Garonne avant d'enchaßner avec le Conseil des ministres franco-allemand qui réunira une dizaine de membres des deux gouvernements.

Ursula von der Leyen les rejoindra ensuite pour un dßner avec la Table ronde des industriels européens, club libéral de regroupant 50 grandes entreprises.

Le couple franco-allemand "est souvent mis à l'épreuve" mais, à la fin des fins, il "avance toujours sur les sujets essentiels", affirme l'Elysée. En soulignant que cette relation repose, pour Paris, sur trois piliers: "ne jamais cacher les désaccords", reconnaßtre qu'il "n'y a aucune alternative en Europe" et "ne pas s'enfermer dans une relation exclusive, en travaillant avec d'autres".

Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron rejoindra Bruxelles jeudi en fin de matinée pour participer pour la premiÚre fois à la réunion pré-sommet de Renew Europe, qui regroupe les formations centristes dont La République en Marche (LREM), depuis les élections européennes.

Devenue la troisiÚme force au Parlement, Renew Europe doit trouver des terrains d'entente avec les deux groupes traditionnellement centraux: les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) et les socialistes.

Les Ă©lus français de Renew Europe avaient accusĂ© la semaine derniĂšre le chef du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber, d'ĂȘtre Ă  l'origine de l'Ă©chec de Sylvie Goulard, dĂ©nonçant une "attitude revancharde". La candidature de M. Weber Ă  la prĂ©sidence de la Commission avait Ă©tĂ© refusĂ©e par Paris.

L'Elysée a indiqué qu'Emmanuel Macron ne proposerait de nouveau candidat pour remplacer Sylvie Goulard qu'aprÚs le sommet européen, une fois résolue "l'instabilité politique" au Parlement européen.

AFP

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