France

Entre "gilets jaunes" et grand débat, CGT et FO veulent faire entendre leur voix

  • PubliĂ© le 19 mars 2019 Ă  10:24
  • ActualisĂ© le 19 mars 2019 Ă  11:36
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez lors de la manifestation du 5 février 2019

CGT et FO, qui ont boycotté le grand débat, tenteront de faire entendre mardi leurs revendications sur le pouvoir d'achat lors d'une journée d'action qui se déroule trois jours aprÚs les violences des "gilets jaunes" et une manifestation massive pour le climat.

Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse Unef (étudiants) et UNL (lycéens) ont également appelé à participer à cette mobilisation nationale interprofessionnelle qui touchera aussi bien le public que le privé afin d'"amplifier le mouvement social". Le Parti communiste a également annoncé sa participation.

A Paris, les manifestants dĂ©fileront du boulevard Saint-Michel au Champ-de-Mars Ă  partir de 13H00, avec en tĂȘte Philippe Martinez pour la CGT et Yves Veyrier pour FO.
Eclipsés depuis quatre mois par les "gilets jaunes" et n'ayant pas participé au grand débat initié par l'exécutif, les deux syndicats espÚrent revenir au premier plan par les manifestations et les grÚves.

"Nous sommes dĂ©terminĂ©s Ă  nous mobiliser car nous ne voulons pas ĂȘtre spectateurs, ni caution de dĂ©cisions qui pourraient ĂȘtre prises en matiĂšre sociale Ă  l'issue du grand dĂ©bat", a expliquĂ© Yves Veyrier. Il juge notamment nĂ©cessaire de "rĂ©habiliter la grĂšve", qui n'a pas Ă©tĂ© utilisĂ©e par "les gilets jaunes", alors "qu'elle permet d'obliger les employeurs Ă  se mettre autour de la table".

De mĂȘme, la CGT veut "placer le dĂ©bat oĂč il doit ĂȘtre", notamment par "des actions dans l'entreprise et dans la rue" alors que "depuis plusieurs semaines, les questions de pouvoir d'achat (et donc des salaires), de justice fiscale, d'accĂšs aux services publics sont clairement posĂ©es". Lors de la derniĂšre journĂ©e le 5 fĂ©vrier, le ministĂšre de l'IntĂ©rieur avait recensĂ© 137.200 manifestants et la CGT prĂšs de 300.000. Des militants Force ouvriĂšre Ă©taient prĂ©sents dans ces manifestations mais pas la confĂ©dĂ©ration en tant que telle, fragilisĂ©e ces derniers mois par sa crise interne marquĂ©e par le dĂ©part de Pascal Pavageau, le prĂ©dĂ©cesseur d'Yves Veyrier.

Cette journée avait été aussi marquée par la présence pour la premiÚre fois au sein des cortÚges syndicaux de "gilets jaunes", un "début de convergence" qui avait réjoui la CGT.

- GrĂšve au primaire -

Sans avancer de chiffres pour ce mardi, le numĂ©ro un de FO dit avoir de "trĂšs bons Ă©chos de la mobilisation" mĂȘme si "cela aurait eu plus de force" avec la participation des autres syndicats, notamment la CFDT. Comme les fois prĂ©cĂ©dentes, le premier syndicat français, qui a fait le choix de participer au grand dĂ©bat, ne s'associera pas Ă  cette journĂ©e d'action dont elle juge les revendications trop Ă©parses.

La mobilisation devrait notamment ĂȘtre forte dans l'enseignement primaire oĂč le principal syndicat, le Snuipp-FSU, s'attend Ă  ce que quatre professeurs des Ă©coles sur dix ne fassent pas classe.

Les enseignants "se sont saisis de cette journĂ©e pour protester contre l'orientation de la politique Ă©ducative", indique Francette Popineau, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du syndicat, notamment le manque de moyens dĂ©coulant de l'obligation de scolarisation Ă  3 ans votĂ©e dans le projet de loi "sur l'Ă©cole de la confiance". CrĂšches, accueils pĂ©riscolaires et cantines scolaires pourraient ĂȘtre aussi touchĂ©s selon les communes.

Dans les transports, le trafic sera en revanche normal à la SNCF et quasi normal à la RATP, selon les directions des deux entreprises. Les syndicats de PÎle emploi ont également appelé à la grÚve pour protester contre les suppressions de postes chez l'opérateur public.

Trois jours aprĂšs les violences et les pillages sur les Champs-ElysĂ©es, le bon dĂ©roulĂ© de la manifestation parisienne sera Ă©galement suivi de prĂšs. Édouard Philippe a annoncĂ© lundi soir l'interdiction de manifester "chaque fois qu'il le faudra", dans les quartiers "les plus touchĂ©s", "dĂšs lors que nous aurons connaissance d'Ă©lĂ©ments +ultras+ et de leur volontĂ© de casser".

AFP

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