Menace du coronavirus

Entre masques et interrogations, le Tour de France 2020 sera différent

  • PubliĂ© le 25 aoĂ»t 2020 Ă  11:27
  • ActualisĂ© le 25 aoĂ»t 2020 Ă  11:51
Le directeur du Tour de France Christian Prudhomme lors d'un point presse Ă  Nice, oĂč il a prĂ©sentĂ© le dispositif sanitaire, le 19 aoĂ»t 2020

Une date inédite, une menace permanente, une course sans repÚres: reporté de deux mois en raison de la pandémie, le Tour de France cumule les interrogations avant son Grand départ samedi à Nice avec un trio de favoris, Bernal, Roglic et Pinot.

Les masques sont de rigueur sur la plus grande course du monde. Au sens propre dans le public, invité à garder cette protection adaptée à la période, et au sens figuré dans le peloton, tant les incertitudes sont nombreuses. "C'est un Tour différent, dans une situation tout à fait particuliÚre", convient son directeur Christian Prudhomme qui, depuis avril et la décision de report, a multiplié les réunions "avec les instances sportives et les autorités du pays".

Le Tour, Ă©lĂ©ment du patrimoine national, a reçu le feu vert pour ĂȘtre organisĂ© Ă  la fin de l'Ă©tĂ©, pour la premiĂšre fois aussi tardivement dans son histoire centenaire. Sous rĂ©serve de conditions strictes de sĂ©curitĂ© sanitaire face Ă  la menace du coronavirus.

Une "bulle course", rĂ©unissant l'ensemble des 22 formations et quelques officiels, doit ĂȘtre mise en place. Et le risque affĂ©rent d'une exclusion de l'Ă©quipe si deux cas de positifs de Covid-19 Ă©taient repĂ©rĂ©s dans le mĂȘme groupe en sept jours.

- Le parcours le plus montagneux -

Le Tour, événement majeur de l'année dont dépend tout l'équilibre économique du cyclisme, joue gros. Il multiplie les tests (deux pour chaque coureur à l'approche du départ), les campagnes de communication pour les gestes sanitaires, éloigne au maximum les tiers, spectateurs ou médias.

"Le public aura accÚs au Tour de France mais il y aura des zones avec des filtrages au départ et à l'arrivée des étapes", annonce Christian Prudhomme qui souligne la baisse conséquente du nombre de personnes présentes sur la course et autour d'elle.

"On était quasiment 5.000, on sera un peu plus de 3.000 accrédités", précise le directeur du Tour, satisfait que la diffusion de la course reste à hauteur conséquente ("190 pays reprennent les images du Tour, 100 pays diffusent en direct"), bien que plusieurs télévisions nationales, dont la France, aient choisi de ne pas envoyer leurs commentateurs sur le terrain.

Le terrain? Séduisant, de l'avis général. L'itinéraire, de la premiÚre étape promise aux sprinteurs sur la Promenade des Anglais jusqu'à l'arrivée de la 21e prévue le 20 septembre sur les Champs-Elysées parisiens, a tout pour plaire.

Le parcours, tracĂ© Ă  l'est d'une ligne reliant les Vosges au Pays Basque, adopte un rythme ultradynamique et promet d'ĂȘtre le plus montagneux de l'histoire contemporaine. Avec des visites dans les cinq massifs montagneux de l'Hexagone et une arrivĂ©e inĂ©dite, atypique, cruciale, au col de la Loze, au-dessus de MĂ©ribel (Savoie), dans la derniĂšre semaine, avant l'unique contre-la-montre Ă  la Planche des Belles Filles Ă  la veille de la conclusion.

- Un vainqueur "pas comme les autres" ? -

Le menu ne peut que séduire les grimpeurs, au premier rang le Colombien Egan Bernal, vainqueur sortant sous les couleurs de la puissante équipe Ineos. Mais, s'il est débarrassé de la concurrence interne représentée par deux autres anciens lauréats (Froome, Thomas), Bernal doit tenir compte de la montée en puissance de l'impressionnante Jumbo avec, en serre-file, le SlovÚne Primoz Roglic.

Un duel? Pas tout à fait au vu du nombre de candidats potentiels d'autant que ni Bernal, prétextant des douleurs dorsales, ni Roglic, victime d'une chute, n'ont terminé le récent Dauphiné. Thibaut Pinot, deuxiÚme de cette répétition alpestre, porte les espoirs français de gagner le Tour 35 ans aprÚs Bernard Hinault. D'autres, à commencer par le Néerlandais Tom Dumoulin et l'Equatorien Richard Carapaz - anciens vainqueurs du Giro, ils sont mieux que des leaders de remplacement pour Jumbo et Ineos -, sont en mesure de chambouler la hiérarchie.

Dans ce Tour "pas comme les autres" d'une année "pas comme les autres", un vainqueur "pas comme les autres" serait-il vraiment une surprise?

AFP

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