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Environ 6.055 migrants secourus en mer et 9 morts, 3 ans aprĂšs le naufrage de Lampedusa

  • PubliĂ© le 4 octobre 2016 Ă  02:00
Des rĂ©fugiĂ©s attendant d'ĂȘtre secourus dans la mĂ©diterrannĂ©e au large de la Libye, le 3 octobre 2016

Environ 6.

055 migrants, l'un des chiffres les plus élevés de l'année, ont été secourus mais 9 ont trouvé la mort au large de la Libye lundi, jour du 3e anniversaire du terrible naufrage de Lampedusa, à l'origine d'une mobilisation européenne.
Les migrants Ă©taient entassĂ©s Ă  bord de 39 embarcations, essentiellement des canots pneumatiques mais aussi cinq bateaux de pĂȘche avec plusieurs centaines de personnes Ă  bord et deux radeaux, quasiment tous rĂ©cupĂ©rĂ©s Ă  30 milles nautiques au large de Tripoli.
Des navires militaires italiens et européens ainsi que des bateaux humanitaires comme ceux de Médecins sans FrontiÚres (MSF), SOS Méditerranée, Save the Children, Sea-Eye ou encore l'Astral des Espagnols de ProActiva Open Arms ont participé aux sauvetages.
DĂšs avant l'aube, plusieurs de ces navires privĂ©s ont Ă©tĂ© appelĂ©s au secours de 720 migrants, dont 198 mineurs voyageant presque tous seuls, serrĂ©s sur le pont et dans la cale d'un bateau de pĂȘche de 15 Ă  20 mĂštres de long, a constatĂ© un photographe de l'AFP Ă  bord de l'Astral.
"Pendant des heures, à chaque fois que des personnes étaient transbordées du pont vers nos canots de sauvetage, il en sortait autant de la cale. C'était inimaginable !", a témoigné Yohann Mucherie, coordinateur de l'équipe de sauvetage de SOS Méditerranée, dans un communiqué.
Un peu plus loin, le Dignity de MSF est arrivé au secours d'un canot dont de nombreux passagers étaient déjà à l'eau. "Ils étaient sur le point de se noyer. Cela a été un moment horrible", a raconté dans un communiqué Nicolas Papachrysostomou, coordinateur MSF.
Beaucoup de personnes ont souffert de brĂ»lures dues au carburant, dont les effets sont redoutables sur la peau quand il est mĂȘlĂ© Ă  l'eau de mer. Une Ă©vacuation mĂ©dicale a Ă©tĂ© nĂ©cessaire pour deux femmes et un enfant de 8 ans griĂšvement brĂ»lĂ©s, mais l'une des deux femmes, enceinte, est dĂ©cĂ©dĂ©e avant l'arrivĂ©e de l'hĂ©licoptĂšre, a rapportĂ© MSF.
Les garde-cĂŽtes n'ont donnĂ© aucune prĂ©cision sur les huit autres dĂ©cĂšs. Mais les dangers de ces embarcations surchargĂ©es sont tels que quelques heures de navigation peuvent ĂȘtre fatales: asphyxie par Ă©manations de carburant ou dans une cale, hypothermie, dĂ©shydratation, brĂ»lures...
Un responsable des garde-cÎtes libyens a indiqué pour sa part que deux enfants et neuf femmes ont péri lundi lorsqu'une petite embarcation avec à son bord des migrants à destination de l'Italie a chaviré au large des cÎtes libyennes.
- 11.400 morts depuis Lampedusa -
Cette année plus que les précédentes, les départs de migrants depuis la Libye se font par vagues successives, avec une concentration d'opérations lorsque la mer est calme. Le 30 août, les garde-cÎtes italiens avaient ainsi compté 6.500 migrants secourus en une journée.
Cette intense activité en mer, aprÚs plusieurs semaines de calme relatif, coïncide avec l'anniversaire du naufrage de Lampedusa, quand, le 3 octobre 2013, une embarcation avait pris feu et coulé tout prÚs de l'ßle italienne: 366 corps avaient été récupérés.
Les images des cercueils alignés avaient poussé l'Italie à lancer la vaste opération de secours Mare Nostrum, qui a cédé la place un an plus tard à un dispositif européen étoffé peu à peu et auquel s'ajoutent désormais les navires humanitaires privés.
Ces efforts n'ont cependant pas pu empĂȘcher la mer MĂ©diterranĂ©e d'engloutir depuis plus de 11.400 migrants, selon le Haut commissariat aux rĂ©fugiĂ©s (HCR).
En mars 2015, l'Italie a adopté une loi faisant du 3 octobre la "journée nationale de la mémoire et de l'accueil" en hommage à ces migrants décédés. A Lampedusa, 200 jeunes Européens ont accompagné lundi matin des survivants du naufrage et des proches de victimes dans une marche commémorative.
Depuis ce naufrage, l'Italie a vu arriver plus de 467.000 migrants, dont 132.000 cette année. Si les Syriens ont représenté jusqu'à un tiers de ces migrants, les nouveaux arrivants viennent d'Afrique subsaharienne.
A partir du printemps 2015, le flux des Syriens s'est en effet dĂ©placĂ© vers la route balkanique, avant d'ĂȘtre stoppĂ© par l'accord signĂ© en mars entre la Turquie et l'Union europĂ©enne. Lundi, le prĂ©sident turc, Recep Tayyip Erdogan, a cependant reprochĂ© Ă  l'UE de tarder Ă  verser les 3 milliards d'euros prĂ©vus.
ParallĂšlement, l'UE a annoncĂ© ĂȘtre parvenue Ă  un "arrangement" avec l'Afghanistan pour faciliter le retour des Afghans dĂ©boutĂ©s du droit d'asile.
L'Italie, dont les centres d'accueil sont débordés, souhaite voir ces accords se multiplier, mais répÚte qu'il est impossible de faire le tri en pleine mer: "Nous ne savons pas s'ils sont réfugiés ou non quand nous les sauvons, mais nous savons que nous devons les sauver", a déclaré à Lampedusa le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

Par Jacques KLOPP - © 2016 AFP
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