France

Erasmus des apprentis: Pénicaud puisera dans le rapport Arthuis

  • PubliĂ© le 19 janvier 2018 Ă  11:48
  • ActualisĂ© le 19 janvier 2018 Ă  11:54
La ministre du Travail Muriel Pénicaud quitte l'Elysée aprÚs un conseil des ministres, le 12 janvier 2018

Contrats de travail, rémunérations: pour développer "l'Erasmus des apprentis", la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, entend reprendre "une trÚs grande partie" des propositions formulées dans un rapport du député européen Jean Arthuis.


En juillet dernier, Mme PĂ©nicaud s'Ă©tait engagĂ©e Ă  doubler le nombre d'apprentis qui partent en Erasmus chaque annĂ©e d'ici 2022, et avait alors missionnĂ© M. Arthuis pour identifier les freins Ă  leur mobilitĂ© et formuler des propositions pour les lever. "Une trĂšs grande partie des propositions vont ĂȘtre retenues, puisqu'elles rĂ©pondent complĂštement au cahier des charges" qui avait Ă©tĂ© donnĂ©, a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Muriel PĂ©nicaud, Ă  qui le rapport devait ĂȘtre remis officiellement vendredi. Elle a citĂ© notamment celles concernant "l'autonomie financiĂšre" des apprentis en mobilitĂ©, leur "couverture sociale", ainsi que la problĂ©matique du "contrat de travail".

Encourager la mobilitĂ© longue des apprentis, qui partagent leur temps entre Ă©cole et entreprise, "participe de la valorisation et du dĂ©veloppement de l'apprentissage", fait valoir la ministre, au moment oĂč les partenaires sociaux planchent sur une rĂ©forme sur le sujet, prĂ©vue pour le printemps. "Pour ce qui est lĂ©gislatif, on pourra le mettre dans la rĂ©forme de l'apprentissage", a prĂ©cisĂ© Mme PĂ©nicaud, pour qui le programme Erasmus doit ĂȘtre soutenu, car il apporte "maturitĂ©" et "meilleure employabilitĂ©" aux jeunes, tout en contribuant Ă  la "crĂ©ation d'une identitĂ© europĂ©enne".

Le rapport préconise entre autre d'adapter le Code du travail, en permettant de suspendre certaines clauses du contrat de travail d'un apprenti en mobilité - notamment celles sur la rémunération et la responsabilité de l'employeur, qui en serait déchargé pendant le séjour à l'étranger, contrairement à aujourd'hui. Concernant l'autonomie financiÚre, Jean Arthuis propose le versement aux apprentis d'un complément, financé par les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés). En effet, dans certains pays, les entreprises d'accueil ne rémunÚrent pas leurs apprentis, et la bourse Erasmus (quoique calculée en fonction du niveau de vie du pays d'accueil) ne compense pas en totalité la perte de revenu par rapport à un salaire.

- Triplement des crédits -

Depuis que cette possibilitĂ© leur a Ă©tĂ© ouverte, en 1995, 160.000 jeunes Français en apprentissage ou en contrat professionnel ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une bourse Erasmus (6.800 pour l'annĂ©e 2017). En comparaison, 600.000 jeunes sont partis sous le statut d'Ă©tudiant depuis la crĂ©ation du programme Erasmus, qui a fĂȘtĂ© ses 30 ans l'annĂ©e derniĂšre (44.000 en 2017). De plus, les sĂ©jours des apprentis durent en gĂ©nĂ©ral beaucoup moins longtemps (deux ou trois semaines), face notamment aux rĂ©ticences des employeurs. Pour encourager ces derniers, en plus de rendre l'opĂ©ration nulle financiĂšrement, une piste consisterait Ă  promouvoir la mĂȘme dĂ©marche dans les pays voisins pour que les entreprises puissent accueillir des apprentis Ă©trangers en retour.

Dans cette optique, le rapport comporte pour moitié des propositions sur le plan européen: promotion de jumelages entre CFA (centres de formation d'apprentis), création d'une mission "apprentissage-formation professionnelle" au sein de la Commission européenne... Mais surtout triplement des crédits Erasmus dans les prochains budgets de l'Union européenne (il était de 2,3 milliards d'euros en 2018), afin de financer la montée en puissance espérée du programme. "Mon but serait qu'on en parle au prochain conseil européen des ministres du Travail au mois de mars", a dit à l'AFP Mme Pénicaud, qui espÚre que les efforts français montreront l'exemple. "Il est plus facile d'en parler si nous prenons déjà, nous, des engagements", pour pouvoir "dire à nos collÚgues, +vous aussi, faites votre part de votre cÎté+."

AFP

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