Espagne : hommage national et tensions politiques pour le premier anniversaire des inondations de Valence

  • PubliĂ© le 29 octobre 2025 Ă  11:53
  • ActualisĂ© le 29 octobre 2025 Ă  13:52
Des personnes tentent de dégager une voiture engloutie par la boue à la recherche de victimes, aprÚs les inondations qui ont frappé la région de Valence, le 1er novembre 2024 à Paiporta, en Espagne

L'Espagne rend un hommage solennel mercredi dans des "funérailles d'Etat" aux plus de 230 personnes disparues il y a un an, jour pour jour, dans des inondations qui restent la pire catastrophe naturelle du pays depuis des décennies.

Douze mois aprÚs, de nombreuses questions demeurent sur la gestion désastreuse de la catastrophe par les autorités de droite de la région de Valence, menées par son président Carlos Mazón, dont les habitants des zones sinistrées réclament en vain la démission.

La cérémonie débutera à Valence, troisiÚme ville d'Espagne, à 18H00 locales (17H00 GMT) en présence notamment du roi Felipe VI, de la reine Letizia, et du Premier ministre socialiste Pedro Sånchez.

Malgré les appels des familles des victimes à ne pas venir, M. Mazón a fait savoir qu'il serait présent.

Parmi les invités figurent également les maires des 78 communes de la périphérie sud de Valence qui furent dévastées ce jour-là par un torrent d'eau et de boue, ainsi que 800 proches des 237 victimes. La quasi-totalité des décÚs (229) ont été enregistrés dans la province de Valence, huit personnes ayant trouvé la mort dans d'autres régions.

Les autorités de cette région du sud-est de l'Espagne ont décrété une journée de deuil à la mémoire des disparus.

- "Une société traumatisée" -

À Paiporta, ville martyre de 27.000 rĂ©sidents oĂč il y eut 56 morts, le deuil durera trois jours. Une veille marquĂ©e par trois minutes de silence est prĂ©vue dans l'aprĂšs-midi.

"N'importe quel jour un peu nuageux, on peut voir dans l'humeur (des gens) que nous ne sommes pas bien, parce que nous sommes une société traumatisée", confie à l'AFP Mariló Gradolí, la présidente d'une association de victimes.

Personne dans ces localités meurtries n'a oublié ces images d'effroi, celles de torrents d'eau boueuse emportant tout sur leur passage, piégeant de nombreux habitants bloqués dans leur voiture, dans un parking souterrain ou parfois surpris chez eux dans de petites maisons qui ne purent résister aux flots.

Plus de 130.000 véhicules ont été arrachés et emportés, parfois empilés dans des tas gigantesques. Des milliers de logements ont été dévastés et rendus insalubres.

Ce tsunami d'eau et de boue a tout charrié sur son passage, générant un total de 800.000 tonnes de déchets.

La semaine derniÚre, le corps d'un homme a été retrouvé aprÚs avoir été charrié par la riviÚre Turia. Son décÚs avait déjà été comptabilisé.

Aujourd'hui, deux corps n'ont toujours pas été retrouvés.

- "On était vraiment seuls" -

Les sinistrés accusent les autorités régionales de ne pas les avoir avertis suffisamment tÎt du danger que constituaient ces pluies, alors que les services météorologiques nationaux avaient émis dÚs le matin une alerte rouge (risque maximal) pour toute la région.

L'heure du SMS d'alerte envoyĂ© par les autoritĂ©s rĂ©gionales aux habitants Ă  20H11 (soit plus de 12 heures aprĂšs l'alerte rouge de l'agence mĂ©tĂ©orologique) reste ainsi au cƓur des dĂ©bats et Ă  l'origine de l'hostilitĂ© populaire Ă  l'encontre de M. MazĂłn.

Dans ce climat de colĂšre et de dĂ©sespoir, oĂč les sinistrĂ©s se sentaient abandonnĂ©s, les souverains espagnols ont Ă©tĂ© pris Ă  partie lors d'une visite Ă  Paiporta quelques jours aprĂšs la tragĂ©die, recevant des jets de boue, alors que Pedro SĂĄnchez Ă©tait exfiltrĂ© par la sĂ©curitĂ©.

"On était vraiment seuls", se souvient Doly Murcia, 50 ans, une habitante de Paiporta.

Signe que la colÚre est toujours là, plus de 50.000 personnes ont manifesté samedi dans le centre-ville de Valence pour demander "justice" et réclamer la démission de M. Mazón, qui a été absent pendant des heures ce jour-là et, pour ses détracteurs, n'a pas été à la hauteur.

Son emploi du temps prĂ©cis le 29 octobre 2024 demeure au centre des discussions et des enquĂȘtes.

Mais il refuse de dĂ©missionner, fort du soutien du patron de la droite espagnole, Alberto NĂșñez FeijĂło.

AFP

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