Football

Euro-2024: entre Allemagne et Turquie, l'UEFA va trancher

  • PubliĂ© le 27 septembre 2018 Ă  10:27
  • ActualisĂ© le 27 septembre 2018 Ă  17:15
Le stade olympique AtatĂŒrk Ă  Istanbul, le 21 septembre 2018

Le coup de sifflet final du match entre l'Allemagne et la Turquie intervient ce jeudi vers 15h00: l'UEFA va révéler le nom du pays hÎte de l'Euro-2024 qui réunira 24 sélections pour 51 matches.

Si l'Allemagne semble légÚrement favorite, il s'agira quoi qu'il arrive d'une premiÚre: ce pays a organisé deux fois la Coupe du monde (la derniÚre en 2006), jamais l'Euro. La RFA a certes accueilli l'épreuve en 1988, mais c'était avant la réunification avec l'Est.

Quant à la Turquie, il s'agit là de sa 4e candidature. L'échec avait été cruel en 2010 quand la France l'avait devancée d'une seule voix pour l'organisation de l'Euro-2016.
Les membres du Comité exécutif de l'UEFA se prononcent à bulletins secrets jeudi en début d'aprÚs-midi et le nom de l'heureux élu sera annoncé vers 15h00 locales par le président slovÚne de l'instance, Aleksander Ceferin.
Sur les 19 membres du gouvernement du football européen, deux ne seront pas admis à voter, le président de la Fédération allemande, Reinhard Grindel et le vice-président de la Fédération turque, Servet Yardimci.

- Frictions diplomatiques -

Rivales pour accueillir le plus grand tournoi continental de football, l'Allemagne et la Turquie ont également connu des sujets de friction sur le plan diplomatique ces derniÚres années, du putsch manqué en 2016 contre le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a reproché à l'Allemagne la timidité de son soutien, aux arrestations de ressortissants allemands en Turquie, dont des journalistes.

M. Erdogan entame d'ailleurs ce mĂȘme jeudi, juste avant l'annonce du choix de l'UEFA, une visite d'Etat en Allemagne pour tenter de rĂ©concilier les deux pays, historiquement liĂ©s par la prĂ©sence d'une forte communautĂ© turque en Allemagne.
Or, la question de l'immigration divise actuellement ce pays. Elle est aussi Ă  l'origine d'une polĂ©mique qui a Ă©clatĂ© trois semaines avant le Mondial russe: les internationaux allemands Mesut Özil et Ilkay GĂŒndogan, tous deux d'origine turque, ont rencontrĂ© le prĂ©sident Erdogan et posĂ© pour une photo avec lui.

Les deux joueurs ont fait face Ă  de nombreuses critiques et Özil a annoncĂ© aprĂšs le Mondial qu'il quittait la Mannschaft, disant ĂȘtre victime de "racisme et d'un manque de respect".
Pour autant, l'UEFA, dans son rapport d'évaluation, a délivré un satisfecit à la candidature allemande, saluant une vision basée sur l'idée que "le football peut unifier la société" et un dossier de "trÚs haute qualité".
Avec dix stades dĂ©jĂ  construits, le pays sera de fait largement prĂȘt Ă  accueillir les 51 matches et 2,7 millions de spectateurs.

- Droits de l'Homme -

Si l'UEFA estime dans le mĂȘme temps que les objectifs de la candidature turque "sont en adĂ©quation avec les objectifs Ă  long terme de l'UEFA", elle ne manque cependant pas de soulever la question des droits de l'Homme et de s'interroger sur la dĂ©gradation de la situation Ă©conomique du pays.
La Turquie est "signataire de traités concernant les droits de l'Homme et les respecte", répond à l'AFP Servet Yardimci, pour qui "il est grand temps" pour la Turquie d'organiser l'Euro.

Mais d'aprĂšs un expert proche de la confĂ©dĂ©ration europĂ©enne, "pour 2024, l'UEFA ne veut prendre aucun risque et avec l'Allemagne il y a l'assurance que tout sera prĂȘt Ă  temps et fonctionnera parfaitement".
Pour ce spécialiste des droits TV qui a requis l'anonymat, "beaucoup de choses jouent en défaveur de la Turquie et les membres de l'UEFA vont probablement plus se prononcer contre la Turquie qu'en faveur de l'Allemagne".
 

 - © 2018 AFP

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