L'équipe de France féminine, auteure de débuts poussifs lors de ses deux premiÚres rencontres de l'Euro-2017, devra assurer un résultat positif contre la Suisse, lors du dernier match du groupe C mercredi (20h45) à Breda, pour éviter une immense déconvenue.
Si un match nul sera suffisant pour se qualifier pour les quarts de finale pour la troisiĂšme fois d'affilĂ©e, les joueuses d'Olivier Echouafni ont besoin d'accomplir un match rĂ©fĂ©rence, pour enfin lancer leur compĂ©tition. "Maintenant, il s'agit de se libĂ©rer un petit peu plus. Je pense que lĂ , on va entrer dans une nouvelle compĂ©tition avec des matches qui sont pratiquement Ă couperets. A nous de faire ce qu'il faut, on n'a pas de pression particuliĂšre si ce n'est d'ĂȘtre trĂšs concentrĂ© sur notre qualification", a souhaitĂ© le sĂ©lectionneur Olivier Echouafni, lors de la confĂ©rence de presse d'avant-match.
ConsidĂ©rĂ©e comme l'un des favoris du tournoi, la France a livrĂ© des prestations dĂ©cevantes contre l'Islande (1-0) et l'Autriche (1-1), deux Ă©quipes moins bien classĂ©es (respectivement 19e et 24e) qu'elle au classement Fifa (3e). Au mĂȘme moment, les Pays-Bas, auteur d'un sans faute devant son public, ou l'Angleterre, monstre d'efficacitĂ©, ont impressionnĂ©.
"On n'est pas satisfaites du résultat", a reconnu la veille Camille Abily, l'une des cadres de l'équipe de France, évoquant "un début assez poussif".
- 'On n'est pas Messi' -
"Je ne sais pas si on joue mieux ou moins bien (que lors des derniĂšres compĂ©titions). Par contre, ce qui est sĂ»r, c'est que le niveau gĂ©nĂ©ral du football fĂ©minin a Ă©voluĂ©, c'est beaucoup plus homogĂšne. Par le passĂ©, notamment Ă l'Ă©poque de Bruno Bini (2007-2013), il y avait quand mĂȘme beaucoup plus d'espaces, et on Ă©tait moins attendu aussi", a-t-elle ajoutĂ©.
Si "tout n'a pas Ă©tĂ© nĂ©gatif non plus", la milieu de terrain de Lyon incite son Ă©quipe Ă mettre "peut-ĂȘtre plus de folie, plus de crĂ©ativitĂ©, et jouer plus en premiĂšre intention quand on est dans les 30 mĂštres adverses" pour trouver plus facilement la faille "face Ă un bloc regroupĂ©".
"Attaquer à trois-quatre face à huit Autrichiennes... on n'est pas (Lionel) Messi malheureusement, il n'y a que lui qui arrive à se sortir de ces situations-là , explique-t-elle. Il faut vraiment réussir à étirer l'équipe adverse, et je pense qu'on l'a fait par intermittence mais on s'en est pas assez servi, ça c'est sûr."
Pour se donner le plus de chances d'y parvenir lors du match prĂ©cĂ©dent, le sĂ©lectionneur français avait procĂ©dĂ© Ă cinq changements avec notamment les titularisations des expĂ©rimentĂ©es Marie-Laure Delie (29 ans) et GaĂ«tane Thiney (31 ans) en attaque, sans pour autant ĂȘtre plus performant sur les cĂŽtĂ©s.
- Match 'plus ouvert' ? -
Idem contre la Suisse ? "J'ai trouvé la formule et j'apporterai encore des changements", a-t-il simplement indiqué mardi.
Si l'ailiÚre Clarisse Le Bihan, blessée lors du premier match, paraßt encore juste pour retrouver le couloir gauche, Kadidiatou Diani, auteure de deux entrées intéressantes, pourrait débuter pour alimenter Eugénie Le Sommer en pointe. Au poste de latérale, Sakina Karchaoui à gauche, et Eve Périsset à droite, tiennent la corde pour apporter plus de dynamisme.
Cette rotation risque-t-elle de déstabiliser l'équilibre de l'équipe ? "Il y a des cÎtés positifs parce qu'il y a de la fraßcheur, mais il y a aussi ce petit aspect un peu négatif, c'est qu'il y a moins d'automatismes. Cela fait partie des choses que l'on peut améliorer car quand on joue contre des équipes qui sont bien en place, on n'a pas le temps de réfléchir. Il faut que cela vienne à l'instinct, et bien se connaßtre, ça aide", prévient Abily.
Néanmoins, le fait que la Suisse soit condamnée à un succÚs pour se qualifier devrait permettre à l'équipe de France de bénéficier davantage d'espaces pour mettre en place son jeu de possession. "Pour se qualifier, il va falloir qu'elles sortent de derriÚre, qu'elles ne fassent pas bloc bas comme nos précédents adversaires. A moins que la coach adverse décide de rester dans ce schéma mais cela m'étonnerait", a souligné Echouafni. Aux Bleues d'en profiter.
AFP

