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Extension de Roland-Garros: la justice se penche sur le fond

  • PubliĂ© le 3 novembre 2016 Ă  16:45
Vue aérienne du stade Roland-Garros, le 14 juillet 2016 à Paris

Le projet d'agrandissement du stade Roland-Garros, défendu par la ville de Paris, va-t-il défigurer l'oeuvre de l'architecte du jardin des Serres d'Auteuil? AprÚs des années de conflit, la justice examinera pour la premiÚre fois jeudi le fond du dossier.


Dans la derniÚre décision, rendue le 18 octobre, le tribunal de grande instance de Paris a autorisé la reprise des travaux d'extension, au grand dam des héritiers de l'architecte du jardin classé, Jean-Camille Formigé (1845-1926).
Le site fait depuis des années l'objet d'une bataille juridique entre les défenseurs du patrimoine d'une part, la Fédération française de tennis (FFT) et la mairie de Paris d'autre part.
La fédération prévoit de détruire des "serres techniques" et des "serres chaudes", abritant des milliers d'espÚces tropicales, qu'elle juge sans valeur architecturale, pour construire un court semi-enterré de 5.000 places aux abords immédiats des serres historiques.
La mairie de la capitale, propriétaire du stade Roland-Garros et du Jardin des Serres d'Auteuil, défend un projet qui oeuvrera au "rayonnement de Paris" et qui est nécessaire au maintien du tournoi du Grand Chelem. La FFT souligne que les travaux ne visent que des serres "modernes", construites dans les années 1980 et en 2001.
- "Rayonnement" ou "bétonisation" -
Au contraire, pour les opposants, ce projet modifie l'ensemble architectural et porte donc une atteinte au droit d'auteur.
En cause, selon eux: la destruction de serres et l'arrachage d'une centaine d'arbres qui contribuaient à l'harmonie d'ensemble d'un "jardin patrimonial unique en Europe", la "bétonisation" d'une partie du site et la construction d'un stade monumental "beaucoup trop proche" des bùtiments historiques.
Une des associations opposées aux travaux, le Comité de soutien des Serres d'Auteuil, a lancé une pétition pour "sauver" ces serres, qui a recueilli prÚs de 82.000 signatures.
La rude bataille a dĂ©butĂ© dĂšs 2011, quand la FFT a lancĂ© son projet d'extension du stade Roland-Garros. AprĂšs de multiples recours, la fĂ©dĂ©ration a obtenu en 2015 un permis de construire, lui-mĂȘme attaquĂ© devant les juridictions administratives comme au civil, au nom du droit d'auteur.
C'est ce dernier dossier qui va ĂȘtre examinĂ© au fond jeudi et dont l'issue sera dĂ©terminante.
Ces derniers mois, le vent a plutÎt soufflé en faveur de la FFT.
Le 3 octobre, le Conseil d'État avait cassĂ© une dĂ©cision de suspension du permis de construire du tribunal administratif, entraĂźnant la reprise immĂ©diate des travaux.
Les héritiers avaient alors attaqué au civil, dénonçant la destruction en cours des serres Formigé, et obtenu en urgence, le 6 octobre, une ordonnance de suspension.
Mais une semaine plus tard, le mĂȘme tribunal autorisait la reprise des travaux, estimant "sĂ©rieusement contestable" l'atteinte au droit d'auteur, les serres visĂ©es Ă©tant "de construction rĂ©cente".
AprĂšs l'examen sur le fond du dossier devant la 3e chambre civile du TGI de Paris, demeurera le recours d'associations contre le permis de construire, initiĂ© en 2015 et qui devrait ĂȘtre dĂ©battu devant le tribunal administratif de Paris dĂ©but 2017.

Par Laurence BOUTREUX - © 2016 AFP
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