Sommet des Brics

Face Ă  la guerre commerciale de Trump

  • PubliĂ© le 25 juillet 2018 Ă  06:17
  • ActualisĂ© le 25 juillet 2018 Ă  06:51
(g-d) Réunion des ministres des Affaires étrangÚres des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), le 4 juin 2018 à Pretoria avant le sommet des dirigeants les 25,26 et 27 juillet à Johannesburg

La "guerre commerciale" déclarée par Donald Trump sera au centre de la réunion des dirigeants des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui se réunissent pour leur sommet annuel de mercredi à vendredi à Johannesburg.

Officiellement, ce 10e sommet --en présence des présidents russe Vladimir Poutine, chinois Xi Jinping, brésilien Michel Temer, sud-africain Cyril Ramaphosa et du Premier ministre indien Narendra Modi-- doit débattre de la "Collaboration en vue d'une croissance inclusive et d'une prospérité partagée".

Mais en dénonçant en juin le "protectionnisme" des Etats-Unis qui "mine la croissance mondiale", les puissances émergentes ont déjà donné le ton. "La spécificité du sommet" de Johannesburg, c'est "le contexte" dans lequel il se tient, a expliqué la semaine derniÚre le ministre russe de l'Economie, Maxime Orechkine.

"Nous sommes Ă  un moment oĂč les Etats-Unis et la Chine annoncent presque chaque semaine de nouvelles mesures. C'est une guerre commerciale", a-t il ajoutĂ©. "Les discussions entre dirigeants sur le commerce sont particuliĂšrement importantes pour coordonner nos positions." Ces derniers mois, le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a dĂ©clarĂ© la guerre Ă  ses principaux rivaux commerciaux, PĂ©kin, Bruxelles et Moscou en tĂȘte, dont il a fait des "ennemis".

En plus des dirigeants des Brics, de nombreux chefs d'Etat, dont le Turc Recep Tayyip Erdogan, le Rwandais Paul Kagame, l'Angolais Joao Lourenço, l'Ougandais Yoweri Museveni sont attendus. AprĂšs les taxes douaniĂšres sur l'acier et l'aluminium visant surtout la Chine, les États-Unis menacent dĂ©sormais de surtaxer les importations automobiles europĂ©ennes, de sanctionner les pays qui commercent avec l'Iran et de taxer de façon punitive la totalitĂ© des importations chinoises.

Les Etats-Unis ont accusé en 2017 un déficit commercial de 376 milliards de dollars avec Pékin. En retour, la Chine a dénoncé la volonté de Washington de déclencher "la pire guerre commerciale de l'histoire" et riposté en taxant de nouveaux produits américains. Dans ce contexte, la Chine a plaidé pour un renforcement de la coopération au sein des Brics.

"Cette année, le sommet de Johannesburg a une importance toute particuliÚre en ce qui concerne la coopération des Brics compte tenu des nouvelles circonstances", a estimé Xi Jinping mardi, lors d'une visite d'Etat en Afrique du Sud.

Rapprochement

Lancé en 2009, le forum de cinq pays émergents, qui rassemblent plus de 40% de la population de la planÚte, tente de contrebalancer des rÚgles du jeu économique écrites par les Occidentaux. Le conflit commercial entre les Etats-Unis et leurs partenaires menace "à court terme" la croissance mondiale, a prévenu la semaine derniÚre le Fonds monétaire international (FMI).

Il nuit notamment "Ă  tous les membres des Brics", qui ont du coup "un intĂ©rĂȘt collectif Ă  promouvoir le commerce" entre eux, confirme Sreeram Chaulia, doyen de l'Ă©cole des relations internationales de Jinda en Inde. Cet expert cite en exemple la rĂ©ponse de l'Union europĂ©enne (UE) qui a signĂ©, en reprĂ©sailles Ă  la politique amĂ©ricaine, un accord de libre-Ă©change prĂ©fĂ©rentiel avec le Japon.

"Les accords commerciaux plurilatéraux dans le cadre d'associations de pays comme les Brics sont devenus de plus en plus importants compte tenu des barriÚres commerciales égoïstes, et au final à court terme, mises en place par les Etats-Unis", estime lui aussi Kenneth Creamer, économiste à l'université sud-africaine du Witwatersrand.

De son cÎté, la Russie voit dans cette guerre commerciale une bonne raison de développer le commerce en devises nationales entre les pays des Brics. "Dans tous les pays des Brics, on comprend de plus en plus qu'il faut s'orienter activement" vers des échanges hors dollar, a relevé Maxime Orechkine.

La Turquie a été invitée en tant que présidente de l'Organisation de coopération islamique (OCI). M. Erdogan, soutien des rebelles syriens, devrait profiter de sa présence à Johannesburg pour rencontrer M. Poutine, allié du régime de Bachar al-Assad.

 - © 2018 AFP

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