L'expression anglaise "fake news" fleurit depuis quelques mois dans les médias, sans véritable traduction en français, pour désigner une information délibérément fausse circulant généralement sur internet.
Ce terme cache une pratique ancienne, comme les libelles et "canards" du 18e siÚcle en France. L'environnement internet lui a donné une vigueur nouvelle.
- "Fake news" Ă l'origine de 1789? -
"Les mensonges éhontés font partie du discours politique depuis l'antiquité grecque et romaine", estime l'historien américain Robert Zaretsky de l'Université de Houston.
Son collÚgue de Harvard Robert Darnton trouve chez Procope de Césarée de premiÚres traces de "fake news": cet historien byzantin du 6e siÚcle avait truffé d'informations douteuses son Histoire secrÚte de l'empereur Justinien, sans doute pour nuire à sa réputation.
"Plus prÚs de nous (...), on peut considérer les +libelles+ sous l'Ancien régime comme une forme ancienne de +fake news+", indique Robert Zaretsky à l'AFP. Ces textes satiriques étaient écrits par des hommes qui ne trouvaient pas leur place dans l'Ancien régime en France et cherchaient à le déstabiliser. Certains historiens comme Robert Darnton estiment que ces écrits ont contribué au déclenchement de la Révolution.
- Canards déchaßnés -
De visées plus populaires, les "canards" étaient des feuilles vendues à la criée dans les rues de Paris, décrivant des faits divers imaginaires, comme, vers 1780, la capture d'un monstre chimérique au Chili.
Selon Darnton, ces "canards" constituent une "version" ancienne des "fake news". Au 19e siĂšcle, les Etats-Unis voient fleurir les exemples de "hoax", canular dont le but est de faire vendre du papier.
En 1835, le journal new-yorkais The Sun fait sensation avec une série d'articles décrivant la découverte de formes bizarres de vie sur la lune, attribuée au célÚbre astronome de l'époque John Herschel. Grùce à ce "Great Moon Hoax", le journal dope ses ventes.
"C'est aux Etats-Unis et à la fin du 19e que le terme actuel de +fake news+ a probablement émergé", estime le journaliste américain Robert Love dans la Columbia Journalism Review.
- "Fake news" Ă gogo -
Mais c'est Ă l'automne 2016, pour l'Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, que l'usage du terme explose si on en croit l'envolĂ©e des requĂȘtes pour le mot clĂ© "fake news" dans le moteur de recherche Google.
Pour l'universitaire français Pascal Froissart (Université de Paris-8), une "fake news" n'est pas une simple mauvaise information mais une "fausse nouvelle lancée en connaissance de cause dans le champ médiatique".
"Propagande, publicité électorale ou canular": ces fausses nouvelles répondent à des motivations diverses, explique ce spécialiste des rumeurs.
Elles peuvent ĂȘtre le fait d'un site humoristique. Exemple: le "projet" de la dirigeante de l'extrĂȘme droite Marine Le Pen "d'entourer la France d'un mur payĂ© par l'AlgĂ©rie" inventĂ© par le site parodique Le Gorafi, repris par erreur dans un journal algĂ©rien.
Une "fake news" peut ĂȘtre conçue comme "appeau Ă clics" pour attirer les consultations et accroĂźtre les revenus publicitaires d'une page web.
Elle peut aussi naĂźtre de motivations idĂ©ologiques: aux Etats-Unis, l'histoire du "Pizzagate", mĂȘlant rĂ©seau pĂ©dophile supposĂ©, pizzeria Ă Washington et milieu dĂ©mocrate, a Ă©tĂ© relayĂ© par le site Infowars qui vĂ©hicule thĂ©ories conspirationnistes et idĂ©es d'extrĂȘme droite.
- "FAKE NEWS!" -
Orthographié en majuscules, le président des Etats-Unis Donald Trump utilise ce terme de maniÚre intensive dans ses tweets: une quarantaine de fois en 20 semaines, selon le décompte de Pascal Froissart.
Sous les doigts de Trump, "fake news" signifie une information qu'il conteste vigoureusement. Cet usage surabondant est "une stratégie gagnante", selon Froissart, car "les messages de Trump qui emploient le mot +fake+ sont beaucoup plus relayés que les autres".
Quelle est l'influence des "fake news" au sens premier du terme? Une étude a jugé marginal leur poids dans l'élection de Trump. L'ensemble des fake news auraient pesé pour quelques centiÚmes de point de pourcentage, "bien moins" que la marge avec laquelle Donald Trump a été élu, selon ce travail de Hunt Allcott (Université de New York) et Matthew Gentzkow (Stanford).
Par Yanan WANG - © 2017 AFP

Fake news = bobards, c'est simple.Bien sur en France on est incapable de traduire ( pas ces nuls de journalistes , bien sur ) .Le snobisme tueras la culture française : fake news, c'est tellement plus, plus.........heu, c'est mieux, quoi .