Football (enfin presque)

Fichage ethnique au PSG: "pas de cas" de discrimination, mais une remise en question

  • PubliĂ© le 16 novembre 2018 Ă  01:39
  • ActualisĂ© le 16 novembre 2018 Ă  05:21
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"Il n'y a pas eu de cas avĂ©rĂ© de discrimination" au PSG malgrĂ© l'existence d'un fichage ethnique au sein du recrutement du centre de formation: le club parisien a prĂ©sentĂ© son enquĂȘte interne Ă  la ministre des Sports jeudi soir, ainsi que des mesures pour "renforcer les pratiques Ă©thiques".

"Entretien franc et direct avec Jean-Claude Blanc", a déclaré Roxana Maracineanu à l'issue de son rendez-vous avec le directeur général du PSG, fixé aprÚs les révélations de Mediapart et Envoyé Spécial, sur l'existence de formulaires "avec des contenus illégaux", comme l'a reconnu le PSG, précisant l'"origine" de joueurs supervisés, "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain".

"Il a reconnu l'existence de fichiers ethniques et m'a garanti que ces pratiques n'ont plus cours. Il s'engage sur une nouvelle organisation des processus de sélection et le respect de l'éthique. Je veillerai à leur mise en ?uvre", a ajouté la ministre, qui avait fait part de sa "consternation" sur ce sujet et évoqué de possibles "sanctions disciplinaires voire pénales".

Analyse d'e-mails et entretiens

AccompagnĂ© de Malek Boutih, administrateur de la Fondation Paris Saint-Germain et ancien prĂ©sident de SOS Racisme, le dirigeant parisien a donc "prĂ©sentĂ© les conclusions de l'enquĂȘte interne ordonnĂ©e par la direction du club et conduite par un cabinet d'avocats du 12 octobre au 14 novembre 2018" Ă  la ministre des Sports.
Cette enquĂȘte, fondĂ©e "sur l'analyse d'Ă©changes d'e-mails et sur une sĂ©rie d'entretiens menĂ©s avec les salariĂ©s du club en charge du recrutement du centre de formation", aboutit Ă  la conclusion qu'"il n'y a pas eu de cas de discrimination avĂ©rĂ© au sein du Paris Saint-Germain", affirme le club.

"Période 2013-17"

En revanche, "cette enquĂȘte a confirmĂ© la mise en place de fiches avec un critĂšre d'origine durant la pĂ©riode 2013-2017. Ces fiches sont Ă  l'initiative propre du responsable de la cellule Province", Ă©crit le club dans un communiquĂ©, ciblant l'ancien salariĂ© Marc Westerloppe, parti en dĂ©but d'annĂ©e civile au Stade rennais.
Mais "malgré (l')existence (des fiches, ndlr), il n'y a pas eu de processus de discrimination au niveau de l'observation, de l'évaluation et du recrutement de jeunes joueurs", ajoute le club.

Marc Westerloppe "n'a jamais eu un comportement discriminant dans les fonctions qu'il a occupées au PSG", ont assuré mercredi ses avocats Hervé Témine et Corinne Dreyfus-Schmidt.

Plainte contre X

La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) avait toutefois rappelé que la loi "interdit (...) de recueillir et d'enregistrer des informations faisant apparaßtre, directement ou indirectement, les origines +raciales+ ou +ethniques+". Et la Ligue des droits de l'homme (LDH) a porté plainte contre X pour "discrimination" et pour "collecte et traitement de données à caractÚre personnel faisant apparaßtre les origines raciales ou ethniques".

Autre développement jeudi: le quotidien L'Equipe a produit un document selon lequel des critÚres ethniques apparaissent aussi sur des fiches de la cellule Ile-de-France. Le PSG répond que "des fiches au sein de la cellule Ile-de-France, avec d'autres types de signalement d'origine, ont également été utilisées, sans conséquence discriminante".

"Aucune de ces fiches n'est jamais remontĂ©e Ă  la direction gĂ©nĂ©rale", affirme encore le club qui plaide qu'"aucun changement dans le profil des jeunes joueurs recrutĂ©s n'a pu ĂȘtre observĂ©". Le PSG a aussi annoncĂ© "des mesures visant Ă  renforcer les pratiques Ă©thiques" en son sein, dont une "remise Ă  plat du fonctionnement et des process du dĂ©partement Scouting (recrutement)".

"On prend nos responsabilités"

Le club propose enfin de "rĂ©unir les instances concernĂ©es (MinistĂšres, FFF, LFP), les associations et les clubs eux-mĂȘmes pour que des rĂšgles communes sur la dĂ©tection des jeunes talents soient dĂ©finies et partagĂ©es", avec pour objectif de "permettre d?assurer la protection des jeunes joueurs tout en tenant compte des contraintes et besoins des clubs en matiĂšre de dĂ©tection".

"Si, via le football, on peut contribuer à construire une société meilleure et à lutter contre toutes les formes de discrimination, on sera les premiers à le faire", avait déclaré mercredi à l'AFP la présidente de la Ligue de football professionnel (LFP), Nathalie Boy de la Tour. "Avec @MarleneSchiappa nous serons intransigeantes sur la nécessité de lutter contre les comportements discriminatoires inacceptables dans le sport comme dans la société. Nous devons tous contribuer à faire évoluer les mentalités", a assuré pour sa part la ministre des Sports jeudi soir.

AFP

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