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Fiches "S" et secteurs sensibles: quels filtres lors d'un recrutement?

  • PubliĂ© le 24 novembre 2015 Ă  10:13
La station de métro Front Populaire à Aubervilliers-Saint-Denis, le 18 décembre 2015

Plus de 10.

000 personnes font en France l'objet de fiches dites "S" de renseignement, notamment des islamistes radicaux. Quels sont les filtres dont disposent les entreprises lors des recrutements sur des sites ou dans des secteurs sensibles?
Le métier d'"agent privé de sécurité" sous la loupe du CNAPS
L?exercice de la profession d?agent privĂ© de sĂ©curitĂ© -gardiennage, agent cynophile, opĂ©rateur de vidĂ©oprotection, sĂ»retĂ© aĂ©roportuaire, transport de fonds...- est soumise Ă  l?obtention prĂ©alable d?un agrĂ©ment, dĂ©livrĂ© aprĂšs enquĂȘte de police, du Conseil national des activitĂ©s privĂ©es de sĂ©curitĂ© (CNAPS), un Ă©tablissement public placĂ© sous la tutelle du ministĂšre de l'IntĂ©rieur. Il est renouvelĂ© tous les cinq ans.
Cet agrément est un "avantage" pour réduire les risques, selon Michel Mathieu, patron de Securitas France, qui a fait état de "plusieurs cas d'+infiltration+ ces six derniers mois dans des sociétés de sécurité, dont Securitas".
Aéroports: plusieurs filets de sécurité
En plus des forces de l'ordre, environ 5.000 agents de sûreté assurent quotidiennement le contrÎle des personnels, des passagers et de leurs bagages dans les aéroports parisiens (Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget).
Sur ces 5.000 agents, 264 sont des personnels d'ADP (Aéroports de Paris), le reste sont des salariés d'entreprises de sûreté.
Leur recrutement fait l'objet d'une procĂ©dure trĂšs stricte avec trois enquĂȘtes de police, dont celle du CNAPS.
D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, toute personne travaillant en zone dite "rĂ©servĂ©e" (aprĂšs les postes d'inspection-filtrage) est soumise Ă  une procĂ©dure d'habilitation avec une enquĂȘte de police qui lui permet d'obtenir un badge d'accĂšs "rouge" pour l'accĂšs en zone de sĂ»retĂ©. Cette habilitation dĂ©livrĂ©e par le prĂ©fet pour trois ans peut ĂȘtre retirĂ©e trĂšs rapidement en cas de comportement suspect.
"Il est assez peu probable que quelqu'un se présentant à ce cheminement avec une fiche S pour motifs liés au terrorisme puisse passer les filtres successifs sans encombre", explique Alain Zabulon, directeur de la Sûreté d'ADP.
A la SNCF
La SNCF demande, comme les autres entreprises, un casier judiciaire vierge.
Elle est en contact avec les pouvoirs publics, qui lui "signalent les éléments dont ils ont connaissance", a indiqué un porte-parole précisant toutefois que la SNCF souhaiterait un meilleur encadrement "par la loi".
"On ne licencie pas la personne [radicalisée] mais, en fonction de son poste, on peut la muter. Cette personne ne sera pas dans un poste d'aiguillage, pas dans le service de sûreté armé, pas conducteur de train", a expliqué Guillaume Pepy le PDG de la SNCF, ces derniers jours.
La RATP
Tout agent assermentĂ© ou titulaire d?un port d?arme fait l?objet d?une enquĂȘte administrative prĂ©alable, mais l'entreprise n'a aucun moyen de savoir si ses agents sont concernĂ©s par une fiche "S".
Pour renforcer les contrÎles pour certains métiers ou zones sensibles, l?entreprise se dit favorable à une procédure d?habilitation à l?exemple de ce qui existe sur les plates-formes aéroportuaires.
Sites nucléaires: rÚgles strictes d'accÚs
Les rĂšgles d'accĂšs aux sites nuclĂ©aires sont trĂšs strictes. Le personnel d'EDF ainsi que celui des prestataires intervenant en centrales nuclĂ©aires est soumis Ă  une enquĂȘte administrative menĂ©e par les services prĂ©fectoraux en lien avec la police et la gendarmerie.
Cent mille enquĂȘtes par an sont rĂ©alisĂ©es concernant le personnel qui travaille en centrale nuclĂ©aire. 23.000 employĂ©s d'entreprises prestataires sont intervenues sur des sites nuclĂ©aires en 2014. Environ 20.000 salariĂ©s permanents travaillent en centrale.
L'enquĂȘte est renouvelĂ©e tous les ans pour les prestataires, tous les trois ans a minima pour les salariĂ©s EDF. En outre une procĂ©dure systĂ©matisĂ©e permet le signalement de comportements atypiques.
Radicalisation ou fiche "S", possibles motifs de licenciement?
"Il n'existe rien aujourd'hui en matiÚre de droit du travail pour sanctionner quelqu'un qui serait menaçant ou dangereux pour la sécurité de l'entreprise. Au contraire, il est interdit à un employeur de prendre des mesures discriminatoires en raison de l'appartenance à une ethnie ou à une religion", explique Sylvain Niel, avocat conseil en droit social auprÚs du cabinet d 'affaires Fidal.
"Une radicalisation dans la religion ne constitue pas en soi un motif de licenciement, ni le fait d'ĂȘtre fichĂ© +S+ par la DGSI".

- © 2015 AFP
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