Avec une nouvelle coalition

Finlande - Le gouvernement survit

  • PubliĂ© le 13 juin 2017 Ă  18:17
Le Premier ministre finlandais Juha SipilÀ, le 13 juin 2017 à Turku en Finlande

Le Premier ministre finlandais Juha SipilĂ€ a annoncĂ© mardi une nouvelle coalition pour continuer Ă  gouverner, mettant un terme Ă  la crise nĂ©e de l'Ă©lection Ă  la tĂȘte du parti des Vrais Finlandais d'un homme condamnĂ© pour propos racistes.


Les Vrais Finlandais (anti-immigration) ont implosé mardi, se scindant entre les fidÚles à leur nouveau président, le controversé Jussi Halla-aho, et des frondeurs qui ont annoncé la création d'une nouvelle formation, Nouvelle Alternative.
Centriste au pouvoir depuis mai 2015 avec les conservateurs et les Vrais Finlandais, M. SipilÀ a trÚs rapidement réglé la crise politique.
"Je propose que la coalition gouvernementale continue avec le groupe parlementaire Nouvelle Alternative", a déclaré le chef de gouvernement centriste lors d'une conférence de presse à Helsinki.
Il souhaite garder les mĂȘmes ministres, dont cinq anciens Vrais Finlandais qui refusent la ligne radicalement anti-immigration et anti-europĂ©enne de M. Halla-aho.
Celui-ci apparaĂźt comme un perdant de la crise. Il se retrouve Ă  la tĂȘte d'un parti beaucoup plus petit que celui qui l'avait Ă©lu prĂ©sident samedi.
Il a dénoncé la trahison de ses anciens camarades. "C'était probablement préparé. Ceux qui ont préparé cette défection avaient probablement aussi discuté avec les autres partis de gouvernement", a-t-il déclaré à la télévision Yle.
"Je m'attendais à ce qu'un ou quelques députés puissent prendre cette décision, mais je ne pouvais pas prévoir une telle vague", a-t-il ajouté, promettant de rebùtir sa formation en vue des prochaines échéances électorales.
Mardi matin encore, M. SipilÀ semblait privilégier une démission de son gouvernement. Mais alors qu'il devait la remettre au président Sauli Niinistö dans l'aprÚs-midi, il y a renoncé.
"Il n'y a aucune nécessité à l'heure actuelle pour le président de la République de faire quoi que ce soit. La rencontre entre (le président Sauli) Niinistö et le Premier ministre SipilÀ est donc inutile et par conséquent annulée", a écrit la présidence sur Twitter.


- Coup de théùtre -


C'est un coup de théùtre qui a tout changé. Sur les 37 députés Vrais Finlandais, 20 d'entre eux ont annoncé à la mi-journée qu'ils fonderaient Nouvelle Alternative. Leur nombre est ensuite monté à 22.
"Aujourd'hui nous ne sommes pas politiciens, mais au service de la Nation. Je suis là pour les électeurs, pas pour le millier de personnes qui a pris le contrÎle du parti" des Vrais Finlandais, a expliqué lors d'une conférence de presse un de ces députés frondeurs, Simon Elo.
Les élus Nouvelle Alternative sont en nombre suffisant pour permettre une majorité absolue avec les centristes et les conservateurs. Les groupes parlementaires n'avaient plus qu'à entériner la nouvelle coalition.
Le ministre des Finances et président du parti conservateur, Petteri Orpo, a salué l'initiative. "Je me demandais s'il y aurait beaucoup de gens qui partiraient, mais la façon et le nombre m'ont enchanté. Une décision respectable et courageuse", a-t-il écrit sur Twitter.
Son Premier ministre a toujours privilégié une sortie de crise rapide, sans élections anticipées. "L'objectif est d'avoir un gouvernement viable le plus vite possible", disait M. SipilÀ, cité par le quotidien de référence Helsingin Sanomat.
Les Vrais Finlandais et Nouvelle Alternative vont désormais rivaliser pour conquérir un électorat amoindri.
Un sondage publié jeudi par la télévision publique Yle, avant la scission, créditait les Vrais Finlandais de seulement 9% des intentions de vote, soit la cinquiÚme position, alors qu'aux législatives de 2015 ils étaient arrivés troisiÚmes avec 17,7% des suffrages.
En 2008 sur son blog, M. Halla-aho avait dĂ©noncĂ© l'islam et la communautĂ© somalienne dans des propos insultants. Ces Ă©crits lui avaient valu une amende pour incitation Ă  la haine raciale et blasphĂšme, dans une affaire qui est allĂ©e jusqu'Ă  la Cour suprĂȘme en 2012.

Par Anne CHAON - © 2017 AFP

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