Suspense total aprÚs trois mois de campagne: avec une mobilisation qui s'annonce importante, le premier tour de la primaire de la droite s'est ouvert dimanche sur la promesse d'un match serré entre le trio de favoris Juppé/Sarkozy/Fillon.
Environ 10.000 bureaux de votes, qui ont ouvert à 8 heures en métropole et fermeront à 19h00, accueillent les citoyens français en ùge de voter, disposés à verser 2 euros et à dire qu'ils partagent les "valeurs républicaines de la droite et du centre".
A midi, quelque 1,13 million de personnes avaient déjà voté, selon le "M. Primaire" du parti Les Républicains Thierry SolÚre, ce chiffre concernant un peu plus des deux tiers des bureaux et pas les Français de l'étranger.
"Nous dépasserons les trois millions de votants" sur la journée, a-t-il prédit, soit plus que le premier tour de la primaire socialiste de 2011 (2,66 millions).
De fait, il y avait la queue devant une série de bureaux, selon plusieurs journalistes de l'AFP.
A Nice, Ă Lannion (CĂŽtes-d'Armor), ou au Chesnay (Yvelines), il fallait attendre pour voter, parfois plus d'une heure. MĂȘme dans un bureau du populaire XXĂšme Ă Paris, rĂ©putĂ© de gauche, l'affluence Ă©tait plus grande que pour certains scrutins comme les rĂ©gionales, selon un assesseur.
Depuis l'ouverture, "on n'a pas arrĂȘtĂ©. Les gens savent que c'est important car le candidat choisi aura des chances d'ĂȘtre Ă©lu en 2017", soulignait la prĂ©sidente d'un bureau niçois.
Munis de leur piÚce de deux euros, les candidats, dont plusieurs ont patienté dans la file tels Jean-François Copé à Meaux ou Bruno Le Maire à Evreux, ont aussi voté.
A Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a été la premiÚre, avant François Fillon, puis Nicolas Sarkozy, accompagné de Carla Bruni, une heure plus tard dans une école du XVIÚme arrondissement.
AprÚs son footing quotidien, l'ancien chef de l'Etat a affirmé qu'il allait "attendre tranquillement les résultats".
Dernier à glisser son bulletin dans l'urne, vers midi dans son fief de Bordeaux, Alain Juppé s'est dit "zen". Lui aussi a dû patienter longuement dans une file d'attente.
Ce scrutin est une grande premiÚre pour la droite française, seuls la gauche et les écologistes ayant déjà organisé des primaires. Il est d'autant plus crucial que le champion de la droite, selon les sondages actuels, aura de fortes chances de remporter la présidentielle dans un peu moins de six mois dans un duel probable avec la présidente du FN Marine Le Pen.
Les rĂ©sultats pourraient ĂȘtre serrĂ©s. La soirĂ©e sera "trĂšs longue", pronostique le soutien d'un candidat en vue.
Les sondeurs ont donnĂ© longtemps et rĂ©guliĂšrement Alain JuppĂ© favori, devant Nicolas Sarkozy. Mais le duel est devenu un match Ă trois avec la spectaculaire remontĂ©e ces derniers jours de François Fillon. Le dernier sondage paru le donnait mĂȘme en tĂȘte.
"Je pensais accorder mon vote par anti-sarkozysme à Alain Juppé, j'ai changé et décidé de voter pour François Fillon", a raconté Gérard, 65 ans, à Lyon.
Juppé éliminé? "Aucune crainte à avoir", a balayé le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, dubitatif sur les sondages.
Crédités de scores beaucoup plus modestes, Bruno Le Maire, Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson (PCD), complÚtent la liste des candidats.
- Des électeurs de gauche "contre Sarkozy" -
Facteur d'incertitude supplémentaire, des électeurs de gauche se sont déplacés, souvent pour Juppé mais surtout "contre Sarkozy". DerriÚre, la crainte, voire la conviction, que leur camp sera éliminé dÚs le premier tour en 2017 et que Marine Le Pen sera au second tour.
Les organisateurs veulent éviter d'éventuelles contestations, comme lors de l'élection du président de l'UMP en 2012.
Chaque bureau comprend un président et trois assesseurs minimum, avec plus 81.000 bénévoles soutiens des divers candidats. Une Haute Autorité de la primaire, présidée par la juriste Anne Levade, extérieure aux partis, est chargée de chapeauter le scrutin.
Si la forte participation risque de diluer d'éventuelles triches, certains électeurs rapportaient quelques problÚmes d'organisation ou d'absence de leur nom sur les listes du bureau recommandé.
"C'est mal organisĂ©, on ne sait pas oĂč il faut se diriger", dĂ©plorait un Ă©lecteur provincial.
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AFP





