Israël

Foule joyeuse Ă  la Gay Pride de Tel-Aviv

  • PubliĂ© le 9 juin 2017 Ă  18:56
Parade de la Gay Pride Ă  Tel Aviv, le 9 juin 2017

Une foule jeune et joyeuse de dizaines de milliers d'homosexuels, transsexuels et leurs sympathisants a défilé vendredi au son de la musique dance à Tel-Aviv, au cours de la plus grande Gay Pride du Moyen-Orient.


Une dizaine de chars surmontĂ©s d'hommes lĂ©gĂšrement vĂȘtus et de femmes en bikini se trĂ©moussant au rythme de la musique dans la chaleur et l'humiditĂ© ont pris la direction de la plage pour une gigantesque fĂȘte au bord de la MĂ©diterranĂ©e, ont constatĂ© les journalistes de l'AFP. L'un des chars, reprĂ©sentant un ancien bateau de guerre Ă  voiles, a Ă©tĂ© construit par le personnel de l'ambassade britannique, a indiquĂ© la reprĂ©sentation diplomatique sur son site internet.

Les organisateurs disaient attendre prÚs de 200.000 participants, dont 30.000 venus exprÚs de l'étranger pour ce qui est devenu un rendez-vous annuel de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels), dans une ville louée comme une rare oasis de tolérance dans la région. La police a déployé des centaines d'hommes pour sécuriser le défilé, a dit un porte-parole, Micky Rosenfeld.

Cette marche des fiertĂ©s prĂ©sentĂ©e par la municipalitĂ© comme la plus importante parade non seulement au Moyen-Orient mais en Asie s'Ă©tait donnĂ©e cette annĂ©e pour thĂšme la "visibilitĂ© bisexuelle", dĂ©tournant le tube des Beatles pour s'intituler Let It B. IsraĂ«l est reconnu comme un pays avancĂ© en matiĂšre de visibilitĂ© et d'Ă©galitĂ© pour la communautĂ© LGBT, jusqu'au sein d'institutions comme l'armĂ©e. Le mariage homosexuel, sans y ĂȘtre illĂ©gal, n'y est pas possible, faute d'institution habilitĂ©e Ă  le prononcer. Mais il est reconnu quand il a Ă©tĂ© contractĂ© Ă  l'Ă©tranger.

Les autorités israéliennes mettent volontiers en avant des évÚnements comme celui de Tel-Aviv pour promouvoir l'image d'un pays respectueux des différences, et favoriser le tourisme.

- Un 'pilier' économique -

Depuis sa premiĂšre Ă©dition en 1998, la Gay Pride attire de trĂšs nombreux touristes qui passent le week-end ou la semaine Ă  Tel-Aviv, oĂč tout, de la plage aux centres commerciaux en passant par les hĂŽtels et les clubs gays, vit au rythme des festivitĂ©s. Tel-Aviv considĂšre comme son "ADN de faire une place Ă  tout le monde", dit Eitan Schwartz, patron de Tel-Aviv Global, une entreprise liĂ©e Ă  la municipalitĂ© qui finance la Gay Pride. "Le tourisme gay est l'un des piliers de notre Ă©conomie", ajoute-t-il.

Maya Gatman, 17 ans et dĂ©jĂ  une habituĂ©e depuis cinq ans, se rĂ©jouit d'une "ambiance incroyable". Mattan Segev, 36 ans, est, lui, venu non seulement pour faire la fĂȘte mais pour rĂ©clamer davantage de droits, en matiĂšre d'adoption ou de mariage. "Il y a Ă©videmment une diffĂ©rence entre ce qui se passe en IsraĂ«l et ce qui se passe dans les pays musulmans autour de nous", dit-il, "mais je ne vois pas pourquoi nous devons nous comparer Ă  eux".

"Israël se considÚre comme faisant partie des pays européens ou de l'Occident. Si c'est à l'Occident que vous nous comparez, le constat est trÚs différent", ajoute-t-il. Une adolescente de 16 ans avait été mortellement poignardée par un juif ultra-orthodoxe opposé à l'homosexualité lors d'une semblable marche en 2015 à Jérusalem, beaucoup plus religieuse que Tel-Aviv.

Une partie de la communautĂ© LGBT d'IsraĂ«l refuse cependant qu'on se serve de sa cause, et rĂ©pugne Ă  se prĂȘter Ă  ce qu'elle dĂ©nonce comme du "pinkwashing", dĂ©tournement de l'anglais "whitewashing", qui consisterait Ă  dissimuler sous une couche de rose les rĂ©alitĂ©s israĂ©liennes, Ă  des fins politiques aussi bien que commerciales.

AFP

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