Dans l'enquĂȘte sur le temps de travail des employĂ©s municipaux de Marseille

Gaudin Ă  son tour entendu

  • PubliĂ© le 3 juillet 2018 Ă  23:51
  • ActualisĂ© le 4 juillet 2018 Ă  07:21
Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin devant l'hĂŽtel de ville de Marseille, le 20 octobre 2017

Ouverte il y a 18 mois, dans le sillage du scandale du Samu social marseillais, l'enquĂȘte sur le temps de travail des employĂ©s municipaux est remontĂ©e mardi jusqu'au maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin, entendu pendant 7 heures par les enquĂȘteurs.

L'Ă©lu a Ă©tĂ© entendu par les gendarmes dans le cadre de l'enquĂȘte menĂ©e par le parquet national financier (PNF), a appris l'AFP aprĂšs de la mairie, qui s'est bornĂ©e Ă  confirmer l'information de La Provence.

Son audition a durĂ© environ 7 heures dans les locaux de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, dans le cadre de l'enquĂȘte ouverte en janvier 2017 par le parquet de Marseille pour "faux, usage de faux, recel et dĂ©tournement de fonds publics". Ces investigations, qui portaient initialement sur le temps de travail des employĂ©s du Samu social de la ville, oĂč un systĂšme de faux pointage aurait Ă©tĂ© mis en place, avait Ă©tĂ© transmise au PNF Ă  l'automne 2017.

Les investigations auraient depuis Ă©tĂ© Ă©largies au fonctionnement d'autres services municipaux, selon Mediapart et Marsactu, un site d'investigation local. Mais cela n'a jamais Ă©tĂ© officiellement confirmĂ© par le PNF, qui s'est encore refusĂ© Ă  tout commentaire mardi, comme depuis le dĂ©but de cette enquĂȘte.

AprĂšs de multiples perquisitions dans les locaux de la ville, ainsi que les auditions de dizaines de personnes, dont plusieurs chefs de service vendredi, l'enquĂȘte est remontĂ©e jusqu'Ă  M. Gaudin, qui s'est toujours dĂ©clarĂ© totalement Ă©tranger Ă  ce dossier. Si les employĂ©s du Samu social marseillais ont toujours niĂ© l'existence d'un systĂšme frauduleux, assurant que les pratiques au sein du service Ă©taient "de notoriĂ©tĂ© publique", avaient Ă©tĂ© instaurĂ©es "avec la hiĂ©rarchie" et Ă©taient "pertinemment" connues par la mairie, la ville, qui s'est d'ailleurs portĂ©e partie civile, a toujours Ă©cartĂ© cette thĂšse.

- "Des accommodements" -

Lors de ses voeux à la presse le 22 janvier, M. Gaudin s'était déclaré "stupéfait" par cette affaire, tout en concédant que parmi les employés municipaux, "au fur et à mesure, il y (avait) eu un peu des accommodements".

ConcrĂštement, cette enquĂȘte autour du temps de travail des employĂ©s municipaux marseillais faisait suite Ă  des rĂ©vĂ©lations du Canard enchaĂźnĂ© et de Marsactu sur le Samu social marseillais, dans le cadre duquel prĂšs de 5 millions d'euros d'argent public auraient Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©s depuis 2010, dans le cadre de "petits arrangements entre amis".

Ces accusations avaient fait tĂąche du cĂŽtĂ© de la mairie, oĂč le temps de travail des employĂ©s municipaux Ă©tait dĂ©jĂ  dans le collimateur des magistrats de la Chambre rĂ©gionale des comptes de Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur. Dans un premier rapport rendu public en octobre 2013, la CRC avait ainsi soulignĂ© que le temps de travail officiel des 12.000 agents titulaires de la citĂ© phocĂ©enne n'Ă©tait que de 1.567 heures par an, beaucoup moins que la durĂ©e lĂ©gale de 1.607 heures pour la fonction publique. Soit un coĂ»t de 10 millions d'euros par an pour le budget municipal, 280 Ă©quivalents temps plein, avait chiffrĂ© le magistrat rapporteur.

C'est notamment suite Ă  cette enquĂȘte du PNF et aux deux rapports de la chambre rĂ©gionale des comptes de 2006 et 2013, que, le 9 avril, la mairie de Marseille a officiellement augmentĂ© de 40 heures le temps de travail annuel de ses employĂ©s, pour le porter Ă  1.607 heures.

"Je rappelle qu'il faut aussi travailler, quand on a la chance d'ĂȘtre parmi les employĂ©s municipaux", avait encore lĂąchĂ© M. Gaudin lors de ses voeux en janvier, annonçant un tour de vis.

 - © 2018 AFP

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