Armistice

Grand-messe internationale pour la paix Ă  Paris

  • PubliĂ© le 11 novembre 2018 Ă  11:01
  • ActualisĂ© le 11 novembre 2018 Ă  11:07
La tombe du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe Ă  Paris, le 9 novembre 2018

PrÚs de 70 chefs d'Etat et de gouvernement seront réunis dimanche à Paris pour célébrer le centenaire de l'armistice de la Grande guerre, un rassemblement hors norme qu'Emmanuel Macron veut mettre à profit pour vanter le multilatéralisme dans les relations internationales.

Donald Trump, Angela Merkel, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, Recep Tayyip Erdogan, Justin Trudeau, Mohammed VI, Denis Sassou Nguesso... Les dizaines de dignitaires arriveront Ă  partir de 08h00 GMT au palais prĂ©sidentiel de l'ElysĂ©e oĂč les accueillera Emmanuel Macron, ordonnateur de ce symposium international dans un Paris quadrillĂ© par prĂšs de 10.000 membres des forces de l'ordre.

Puis tous partiront ensemble vers l'emblématique Arc de Triomphe, en haut de la célÚbre avenue des Champs-Elysées, sous lequel gßt le soldat inconnu et brûle perpétuellement sa flamme du souvenir, rappelant l'ampleur d'un conflit aux 18 millions de morts.
La derniĂšre fois que Paris a accueilli autant de dignitaires remonte au 11 janvier 2015 aprĂšs les attentats islamistes contre Charlie Hebdo et le magasin juif Hyper Cacher.

AprÚs un cérémonial militaire, les dignitaires se regrouperont au pied de l'Arc de Triomphe, sous un abri installé pour l'occasion (la météo s'annonce pluvieuse).
Le célÚbre violoncelliste américain Yo-Yo Ma interprÚtera la Sarabande de la Suite n°5 pour violoncelle en do mineur de Jean-Sébastien Bach, la chanteuse Angélique Kidjo chantera en hommage aux troupes coloniales, des lycéens liront des témoignages de 1918, et Emmanuel Macron prononcera un discours puis ravivera la flamme au son du "Boléro" de Ravel.
Le prĂ©sident français parlera Ă  cette fameuse assemblĂ©e du passĂ©, mais aussi et surtout, il en profitera pour dĂ©livrer son message politique en faveur du multilatĂ©ralisme dans la gouvernance internationale, Ă  l'heure oĂč de plus en plus de pays semblent enclin Ă  lui tourner le dos, au premier rang desquels, les Etats-Unis, premiĂšre puissance du monde.
"Il s'agit de faire résonner le 11 novembre 1918 avec le 11 novembre 2018", selon une source de la présidence française, pour qui la cérémonie doit avoir "un sens pour aujourd'hui".
Des hommes comme Donald Trump ou Vladimir Poutine écouteront le président français vanter un modÚle multilatéral qu'ils critiquent ou ignorent.

Forum sur la paix

Quand le clairon aura joué "La sonnerie du cessez-le-feu", les dignitaires repartiront en direction du palais présidentiel pour un déjeuner, avant que certains d'entre ne se rendent au Forum de Paris sur la paix, attaquant la deuxiÚme partie de cette journée point d'orgue pour Emmanuel Macron, aprÚs une semaine de commémorations en France.
A la grande halle de la Villette, dans l'est parisien, chefs d'Etat et de gouvernement, mais aussi représentants d'ONG, entrepreneurs, membres de la société civile, débattront de la gouvernance mondiale avec, là encore, le message politique clair en faveur du multilatéralisme, ce socle idéologique des relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ils devront Ă  l'issue du forum promouvoir des projets et des "solutions concrĂštes aux problĂšmes transfrontaliers".

Car une des idées-force est de démontrer "la capacité des instruments du multilatéralisme à aider les gens", selon un des organisateurs, alors que de plus en plus de dirigeants et d'électeurs de par le monde semblent douter de l'efficacité du modÚle à les préserver de certains méfaits de la mondialisation. Plusieurs de ses plus fervents défenseurs, Emmanuel Macron, Angela Merkel, Justin Trudeau, Antonio Guterres plaideront pro domo devant une assistance globalement acquise.

Mais le premier contempteur de ce mode de gouvernance, Donald Trump, a choisi de ne pas assister Ă  ce forum qui durera jusqu'Ă  mardi (sans les chefs d'Etat).
A la place, le président américain se rendra au cimetiÚre américain de Suresnes, juste à cÎté de Paris, pour rendre hommage à ses concitoyens tombés au front.
ArrivĂ© vendredi soir, il s'Ă©tait entretenu samedi matin en tĂȘte Ă  tĂȘte avec Emmanuel Macron, notamment pour aplanir une divergence sur le dĂ©fense europĂ©enne. Samedi aprĂšs-midi, il avait annulĂ© un dĂ©placement au cimetiĂšre amĂ©ricain du Bois Belleau en raison du mauvais temps qui clouait son hĂ©licoptĂšre au sol, s'attirant des critiques comme celle d'un ancien conseiller de Barack Obama.

Aucun défilé d'opposants à l'un ou l'autre de ces chefs d'Etat et de gouvernement n'est prévue dans la capitale française, uniquement quelques rassemblements, dont un contre Donald Trump dimanche en début d'aprÚs-midi. Samedi, seuls quelques dizaines de manifestants s'étaient réunis contre la présence des présidents russe et djiboutien.

AFP

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