Nations unies

Guterres déplore "un monde de plus en plus chaotique" en ouvrant l'AG de l'ONU

  • PubliĂ© le 25 septembre 2018 Ă  17:30
  • ActualisĂ© le 25 septembre 2018 Ă  20:03
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres à l'ouverture de l'Assemblée générale annuelle de l'organisation, à New York le 25 septembre 2018

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ONU Antonio Guterres a dĂ©plorĂ© mardi un "monde de plus en plus chaotique" Ă  l'ouverture de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale annuelle de l'organisation, regrettant que "le multilatĂ©ralisme soit autant critiquĂ© au moment oĂč il est le plus nĂ©cessaire". Parmi les pays, la coopĂ©ration est moins certaine et plus difficile. Les divisions au sein du Conseil de sĂ©curitĂ© sont graves", a-t-il rĂ©sumĂ©, le visage grave, en donnant le coup d'envoi de six jours de discours des 193 pays formant les Nations unies.

Au Conseil de sĂ©curitĂ©, sur les deux sujets phares de la semaine --Iran et CorĂ©e du Nord--, les 15 membres de la plus haute instance de l'ONU ne parlent pas --ou plus-- d'une mĂȘme voix.Si les EuropĂ©ens sont d'accord pour rĂ©duire l'influence iranienne au Moyen-Orient, ils sont en profond dĂ©saccord avec Donald Trump sur sa rupture avec l'accord nuclĂ©aire de 2015. Et si 2017 a vu un Conseil unanime sanctionner Ă  trois reprises Pyongyang, la Russie et la Chine rĂ©clament de plus en plus ouvertement Ă  Washington (qui refuse) des gestes pour enclencher une dĂ©nuclĂ©arisation de la pĂ©ninsule corĂ©enne.

"Aujourd'hui, l'ordre mondial est de plus en plus chaotique, les relations de pouvoir sont moins claires, les valeurs universelles s'érodent", a égrené Antonio Guterres d'un ton pessimiste. Et d'évoquer "les principes démocratiques attaqués, l'Etat de droit sapé, l'impunité en développement".

"Plus le monde est connecté et plus les sociétés sont fragmentées", a aussi déploré le Portugais.

Certes, le monde devient "multipolaire", "mais la multipolarité n'est pas en soi une garantie de paix ou de solution globale aux problÚmes", a-t-il estimé. "Aujourd'hui, avec les changements dans les équilibres de pouvoir, les risques de confrontation pourraient s'accroßtre".

"Nous devons renouveler nos engagements en faveur d'un ordre reposant sur des rÚgles, avec les Nations unies au centre", a-t-il réclamé, en appelant à restaurer la confiance des peuples en un avenir meilleur.
"Notre incapacité à mettre un terme aux guerres en Syrie, au Yémen et ailleurs est un scandale", a-t-il aussi lancé. "Le peuple Rohingya est exilé", "les Palestiniens et les Israéliens demeurent dans un conflit sans fin, avec une solution à deux Etats qui s'éloigne", s'est aussi insurgé Antonio Guterres.

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral a enfin estimĂ© que les efforts pour limiter le rĂ©chauffement de la planĂšte --"une menace directe pour notre existence"-- Ă©taient largement insuffisants. "Nous devons ĂȘtre plus ambitieux et faire preuve d'une plus grande urgence", a-t-il demandĂ©.

 - © 2018 AFP

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