La ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, a assurĂ© dimanche qu'elle n'avait pas "peur" de se rendre en Guyane, en proie Ă un important mouvement social, mais remis une Ă©ventuelle visite au moment oĂč "les conditions seront rĂ©unies".
"On pourra aller en Guyane lorsque les conditions seront réunies et que les choses auront bien avancé. Aujourd'hui ce que je souhaite, c'est le dialogue, l'identification des demandes pour pouvoir apporter des réponses", a déclaré la ministre sur franceinfo, assurant qu'elle n'avait "peur de rien".
"Nous voulons ce travail sérieux, nous ne voulons pas juste y aller pour pouvoir avoir une discussion large politique, et au bout ne pas avoir de réponses", a-t-elle ajouté, alors que des protestataires refusent de rencontrer la mission interministérielle envoyée samedi, réclamant la venue de ministres, et qu'un mot d'ordre de grÚve générale a été lancé à compter de lundi.
"Nous sommes avec une mission interministérielle de haute qualité, des gens qui connaissent parfaitement le territoire et qui ont le pouvoir de décider", a martelé Mme Bareigts sur Europe 1.
Cette délégation, menée par Jean-François Cordet, conseiller maßtre à la Cour des comptes et ancien préfet de Guyane, est composée de plusieurs hauts fonctionnaires connaissant bien la Guyane et issus de différents ministÚres. Elle comprend aussi Michel Yahiel, commissaire général de France Stratégie et ex-conseiller social de François Hollande.
Appelant "les uns et les autres Ă ĂȘtre dans le dialogue", la ministre a indiquĂ© ĂȘtre "en lien de façon continue" avec la mission pour pouvoir "Ă Paris, avec le Premier ministre", "suivre pas Ă pas et apporter les rĂ©ponses pas Ă pas".
La ministre a précisé que les membres de cette mission "écoutent, font un état des lieux trÚs précis et agissent".
"La preuve hier, la mission a déjà annoncé des mesures trÚs concrÚtes", a-t-elle souligné, citant le maintien du centre médical de Kourou, ou encore l'expérimentation d'un scanner à l'aéroport "pour le contrÎle du trafic de drogue".
En ce qui concerne le renforcement de la sĂ©curitĂ©, elle n'a pas exclu l'envoi de troupes supplĂ©mentaires, en plus de celles dĂ©jĂ envoyĂ©es en renfort. "Il y a eu des envois de troupes supplĂ©mentaires. (...) Aujourd'hui, si la demande est identifiĂ©e et qu'elle est Ă©valuĂ©e techniquement (...), nous en parlons et nous dĂ©ciderons de la nĂ©cessitĂ©, de combien, de qui et de oĂč".
Depuis jeudi, des barrages routiers filtrants, soutenus par la classe politique, ont été installés sur l'ensemble du territoire pour réclamer un plan d'investissement massif et une amélioration de la prise en charge sanitaire, éducative et sécuritaire, dans cette collectivité territoriale de plus de 250.000 habitants.
Les écoles, l'université, le port de commerce, les administrations et certains commerces sont fermés depuis jeudi. Les déplacements motorisés sont trÚs difficiles, à l'exception de ceux des véhicules d'urgence.
AFP

