Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé mercredi que sa démission, annoncée début novembre à Ryad, était en suspens à la demande du président Michel Aoun en attendant la tenue de davantage de consultations.
"J'ai discutĂ© de ma dĂ©mission avec le prĂ©sident de la RĂ©publique qui m'a enjoint d'attendre avant de la prĂ©senter (...) pour permettre davantage de consultations (...) j'ai acceptĂ© cette requĂȘte", a indiquĂ© M. Hariri aprĂšs un entretien aprĂšs M. Aoun.
D'aprÚs lui, les discussions devront porter sur "les motivations et le contexte politique" de cette démission qui avait pris le Liban et la communauté internationale par surprise lorsque M. Hariri l'a annoncée le 4 novembre depuis Ryad.
Le dirigeant, un protégé de l'Arabie saoudite, avait alors justifié sa démission en dénonçant la "mainmise" de l'Iran et du mouvement chiite Hezbollah, membre de son gouvernement, sur les affaires du Liban et leur "ingérence" dans les conflits de la région.
Il avait également affirmé craindre pour sa vie.
De retour à Beyrouth mardi soir aprÚs trois semaines d'absence, M. Hariri a espéré que le gel de sa décision "permettrait d'entamer de maniÚre sérieuse un dialogue responsable (...) qui réglerait les différends".
"J'aspire aujourd'hui Ă un vĂ©ritable partenariat avec toutes les forces politiques en vue de mettre les intĂ©rĂȘts du Liban au-dessus de tout autre", a encore ajoutĂ© le Premier ministre.
"Nous sommes ouverts à tout dialogue, toute discussion dans le pays", avait affirmé lundi le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a semblé adopter un ton conciliant.
Poids lourd de la politique libanaise, le Hezbollah est le seul mouvement à ne pas avoir déposé les armes aprÚs la guerre civile (1975-1990) et son arsenal divise les Libanais.
Son intervention dans la guerre en Syrie auprÚs des troupes du président Bachar al-Assad a provoqué l'ire de ses détracteurs ainsi que Ryad, qui soutenait les rebelles.
Par Laurent GESLIN - © 2017 AFP
