Corée du Nord

Hommage aux Kim Ă  Pyongyang pour le 64e anniversaire de la "Victoire"

  • PubliĂ© le 27 juillet 2017 Ă  15:15
Une écoliÚre nettoie le parvis devant les statues des leaders nord-coréens Kim Il-Sung (g) et Kim Jong-Il (d), le 27 juillet 2017 à Pyongyang

Il a beau tomber des cordes, les Nord-Coréens venus devant le mausolée du fondateur du régime Kim Il-Sung en ce jour anniversaire de la fin de la guerre prennent bien soin de poser leur parapluie avant de s'incliner respectueusement.


Certains à l'étranger redoutaient que Pyongyang ne saisisse le prétexte de cette date symbolique, appelée "Jour de la Victoire" par les Nord-Coréens, pour effectuer un nouveau tir de missile, quelques semaines aprÚs le premier lancement réussi d'un engin intercontinental.
Il n'en a rien été. C'est en tout cas ce qu'il semblait jeudi en fin d'aprÚs-midi.

A Pyongyang, le jour Ă©tait fĂ©riĂ© pour permettre Ă  la population de rendre hommage Ă  la dynastie familiale qui dirige le pays depuis des dĂ©cennies. "Notre pays gagne toujours parce que nous avons les meilleurs leaders au monde", dĂ©clare Hong Yong-Dok, venu avec ses petites filles au Palais du Soleil Kumsusan, oĂč reposent les corps des deux premiers dirigeants de la CorĂ©e du Nord, le grand-pĂšre et le pĂšre de l'actuel leader Kim Jong-Un.

Les CorĂ©ens ont souffert Ă  cause des "impĂ©rialistes amĂ©ricains pendant des lustres", explique-t-il Ă  l'AFP. "MĂȘme mes parents ont Ă©tĂ© tuĂ©s par eux pendant la Guerre de CorĂ©e. Alors il faut apprendre Ă  nos descendants Ă  prendre leur revanche sur les impĂ©rialistes amĂ©ricains."
Le 27 juillet est la date oĂč, en 1953, l'armistice a Ă©tĂ© signĂ© entre la CorĂ©e du Nord, la Chine et des forces de l'ONU soutenues par les Etats-Unis, mettant fin Ă  des combats qui avaient dĂ©butĂ© trois ans plus tĂŽt.

- 'Ils me manquent' -

La Corée du Nord se considÚre officiellement comme le vainqueur d'un conflit qu'elle appelle la Guerre de libération de la patrie. Mais aucun traité de paix n'a été conclu.

Et la dynastie des Kim n'a jamais renoncé à sa politique trÚs militariste, encore renforcée depuis l?avÚnement fin 2011 de Kim Jong-Un, qui a accéléré les programmes visant à développer un missile intercontinental capable de porter le feu nucléaire sur le territoire américain.
C'est dans le Palais du Soleil Kumsusan que sont exhibés les corps embaumés de Kim Il-Sung et Kim Jong-Il.

Le pĂšre et le fils sont chacun exposĂ©s dans des halls distincts oĂč des soldats montent la garde. Et jeudi un flot ininterrompu de visiteurs dĂ©filent et s'inclinent -trois fois- devant les boĂźtes vitrĂ©es. "J'ai Ă©tĂ© Ă©mue aux larmes quand j'ai rencontrĂ© les grands leaders", confie aprĂšs la visite Ri Sun-Gyong, 71 ans, la voix tremblante. "Ils me manquent toujours."

Les Nord-Coréens rencontrés dans leur pays n'expriment généralement devant les médias étrangers que des sentiments approuvés par le régime. Les tensions ont augmenté ces derniers mois en raison de l'accélération des programmes nucléaire et balistique interdits de Pyongyang, qui est sous le coup de nombreuses résolutions internationales assorties de sanctions.

La presse publiait jeudi un éditorial expliquant que la "ruine finale" était "déjà scellée" pour les Etats-Unis qui n'ont qu'une solution: "Renoncer à la politique anachronique à l'égard de la RPDC, s'agenouiller et présenter des excuses à son armée et à son peuple".
Décédé en 1994, Kim Il-Sung demeure le Président éternel de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC) et Kim Jong-Il, mort en 2011, est le secrétaire général éternel du Parti des travailleurs.

AFP

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