Belgique

Hommage national cinq ans aprĂšs les attentats jihadistes de 2016

  • PubliĂ© le 22 mars 2021 Ă  07:13
  • ActualisĂ© le 22 mars 2021 Ă  07:47
La police belge bloque l'accÚs à la station de métro Maalbeek à Bruxelles aprÚs une série d'explosions qui ont fait 32 morts et plus de 300 blessés le 22 mars 2016

La Belgique rend lundi un hommage national aux victimes des attentats jihadistes du 22 mars 2016, une date qui reste gravée dans les mémoires cinq ans aprÚs comme celle des pires attaques subies par le pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ce matin-là une double attaque suicide, à l'aéroport international de Bruxelles puis dans une station de métro du quartier européen, fait 32 morts et plus de 340 blessés, des actes revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI). Le petit pays de 11,5 millions d'habitants est touché en plein coeur comme l'a été la France quelques mois auparavant.

Quatre jours plus tĂŽt, Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos ayant frappĂ© Paris le 13 novembre 2015 (130 morts), a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă  Bruxelles aprĂšs quatre mois de cavale. D'aprĂšs les enquĂȘteurs, son interpellation a vraisemblablement accĂ©lĂ©rĂ© le passage Ă  l'acte des autres membres de cette cellule jihadiste repliĂ©s en Belgique, qui se sentaient traquĂ©s par la police.

Lundi, Ă  07H58 puis 09H11, Ă  l'heure oĂč les explosions se sont produites Ă  l'aĂ©roport de Zaventem et au mĂ©tro Maelbeek, "un moment de silence et de recueillement" sera observĂ© sur place. En raison de la pandĂ©mie, il aura lieu en petit comitĂ©, en prĂ©sence du roi des Belges Philippe et de la reine Mathilde, accompagnĂ©s du Premier ministre Alexander De Croo et de son Ă©pouse. Discours et tĂ©moignages de blessĂ©s ou de proches de personnes tuĂ©es sont prĂ©vus dans un deuxiĂšme temps, Ă  12h15, lors d'une cĂ©rĂ©monie tĂ©lĂ©visĂ©e organisĂ©e Ă  cĂŽtĂ© des institutions europĂ©ennes, lĂ  oĂč a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© un monument dĂ©diĂ© aux victimes d'actes terroristes.

L'hommage national, qui associe les associations de victimes Life4Brussels et V-Europe, intervient sur fond de critiques en raison des lenteurs de l'administration et des assurances pour prendre en charge les préjudices des attaques. "Il m'a fallu prÚs de 5 ans pour obtenir une indemnisation pour la perte de mon conjoint. Mon fils ne l'a toujours pas reçue", raconte à l'AFP Charlotte Dixon-Sutcliffe, dont le mari, un expatrié britannique à Bruxelles, compte parmi les seize morts du métro Maelbeek.

- "Erreurs et négligences " -

De son cÎté, Life4Brussels a déploré l'abandon par le gouvernement belge d'un projet de "fonds de garantie", sur le modÚle français, qui aurait permis aux victimes de percevoir une aide forfaitaire de l'Etat, charge ensuite à ce dernier de se tourner vers les assureurs pour récupérer l'argent.

En Belgique, les dossiers sont traitĂ©s au cas par cas, "on laisse les victimes s'adresser elles-mĂȘmes Ă  une multitude d'organismes publics ou privĂ©s", regrette l'association, "l'Etat n'a pas compris que certaines se dĂ©couragent et perdent leurs droits". Me Nic Reynaert, qui voyageait dans la rame ciblĂ©e par le kamikaze du mĂ©tro, a assignĂ© ce mois-ci en justice l'Etat et un assureur pour "erreurs et nĂ©gligences". Il souffre de lĂ©sions neurologiques, selon lui mal diagnostiquĂ©es.

Dans sa plainte, l'avocat assure n'avoir "jamais" reçu les informations des experts médicaux sur toutes les séquelles possibles d'une explosion en milieu confiné. "Les symptÎmes physiques du SPT (syndrome post-traumatique) ont été rejetés comme étant purement psychologiques", écrit-il.

D'autres blessĂ©s ont tĂ©moignĂ© de difficultĂ©s similaires pour faire reconnaĂźtre une incapacitĂ© de travail, qui dans certains cas a resurgi des mois aprĂšs les attentats. Jamais en Belgique autant d'avocats n'ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s pour les mĂȘmes faits. Dans la procĂ©dure judiciaire, sous l'autoritĂ© du parquet fĂ©dĂ©ral (compĂ©tent en matiĂšre de terrorisme), 720 parties civiles ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© recensĂ©es, ce qui laisse entrevoir le plus grand procĂšs de l'histoire du pays.

DĂ©but janvier, dix suspects ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s en cour d'assises pour "assassinats commis dans un contexte terroriste". L'ordonnance doit encore ĂȘtre confirmĂ©e par la cour d'appel. Le procĂšs pourrait se tenir Ă  partir de septembre 2022 Ă  Bruxelles.

Parmi les principaux accusĂ©s figurent, outre Salah Abdeslam, deux hommes qui accompagnaient les trois kamikazes morts le 22 mars. Il s'agit de Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau", qui a renoncĂ© Ă  se faire exploser Ă  l'aĂ©roport, et Osama Krayem, qui, lui, a rebroussĂ© chemin aprĂšs ĂȘtre entrĂ© dans le mĂ©tro.

AFP

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