Crise politique

Hong Kong: la police tire des lacrymogĂšnes pour disperser des manifestants

  • PubliĂ© le 27 octobre 2019 Ă  14:26
  • ActualisĂ© le 27 octobre 2019 Ă  16:31
Des photographes fuient les gaz lacrymogÚnes tirés par la police, à Hong Kong le 27 octobre 2019

La police hongkongaise a de nouveau fait usage de gaz lacrymogÚne et de balles en caoutchouc, dimanche, pour tenter de disperser une manifestation pro-démocratie non autorisée dans les rues commerçantes et touristiques de la pointe de la péninsule de Kowloon.

L'ex-colonie britannique traverse depuis début juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et actions presque quotidiennes.

C'est cette fois la pointe sud de Kowloon, sur la spectaculaire baie de Hong Kong, qui a été le théùtre d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, y compris les rues donnant sur l'emblématique hÎtel Peninsula dans le quartier de Tsim Sha Tsui.

Nombre de manifestants portaient des masques, en dĂ©pit de l'interdiction dĂ©crĂ©tĂ©e par l'exĂ©cutif de la rĂ©gion semi-autonome. Mais rares Ă©taient ceux qui avaient revĂȘtu l'attirail classique des radicaux comme les casques de chantier et les masques Ă  gaz.

La tension Ă©tait palpable dĂšs le dĂ©but de l'aprĂšs-midi quand la police s'est dĂ©ployĂ©e en trĂšs grand nombre dans les rues proches du front de mer oĂč devait dĂ©buter une manifestation non autorisĂ©e par le gouvernement local.

Les policiers se sont mis Ă  fouiller les gens, entraĂźnant des scĂšnes de confrontation au fur et Ă  mesure que la foule grosissait, certains traitant les forces de l'ordre de "triades", les mafias chinoises traditionnelles.

Des gaz lacrymogÚnes et des balles en caoutchouc ont été tirés dans trois endroits différents, et les heurts ont contraint la foule à se disperser.

Dans un spectacle désormais récurrent à Hong Kong, des manifestants ont érigé des barricades de fortune pour bloquer la circulation sur certaines artÚres. Ils ont notamment dévissé des barriÚres métalliques pour fermer l'accÚs de l'"Avenue des Stars", promenade du front de mer à la gloire du cinéma hongkongais.

L'exécutif local, qui n'a offert aucune issue à cette crise, a largement laissé à sa police le soin de répondre aux manifestants, entraßnant des confrontations de plus en plus fréquentes avec des radicaux qui n'hésitent pas à faire usage de cocktails Molotov, à vandaliser des commerces pro-Pékin, voire à agresser des gens qui ne sont pas d'accord avec eux.

Mais des figures du mouvement pro-démocratie ont également été la cible d'attaques par des inconnus, sapant la réputation de stabilité et de sécurité de l'ex-colonie britannique.

Ces derniers jours, les manifestations n'ont pas été aussi massives qu'au début du mois. Le mouvement a surtout pris la forme d'actions spontanées qui demeurent quasi quotidiennes. "On peut avoir le sentiment qu'il y a moins de monde dehors, mais c'est juste que les gens utilisent des méthodes différentes pour soutenir le mouvement", a déclaré un manifestant de 23 ans se faisant appeler Chan.

AFP

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