On se met Ă  la page

Il est temps de "divulgĂącher" les nouveaux mots du dictionnaire

  • PubliĂ© le 7 mai 2019 Ă  18:08
  • ActualisĂ© le 7 mai 2019 Ă  18:42
Photo prise le 18 mai 2015 d'une page du Petit Larousse

La cuvée 2020 du Petit Larousse illustré sort en librairie le 21 mai mais on ne résiste pas à "divulgùcher" (révéler prématurément) quelques-uns des 150 mots et expressions nouvelles qui font leur entrée dans ce dictionnaire.

"Qu'est ce qu'un mot nouveau? C'est un mot dont on pense qu'il va vivre, qui n'est pas un effet de mode, qui est dans l'usage oral et écrit", a expliqué mardi le linguiste Bernard Cerquiglini au cours de la présentation de l'édition 2020 du dictionnaire dans un salon du Sénat.
Parmi les nouveaux mots du cru 2020 on trouve notamment "dédiésélisation" (ensemble des actions visant à réduire la proportion de véhicules à moteur diesel), le "bioplastique" (plastique biodégradable) sans lequel les océans deviendraient une "zone morte" (zone souffrant d'un appauvrissement en oxygÚne entraßnant l'asphyxie de la faune marine).

Mais les enjeux et problĂšmes environnementaux ne sont pas les seuls Ă  enrichir le lexique francophone. Le dictionnaire est aussi le miroir des mutations sociĂ©tales avec l'entrĂ©e de mots comme "adulescence" (phĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©rationnel oĂč de jeunes adultes continuent d'avoir un comportement d'adolescents) ou "antispĂ©cisme" (qui refuse la hiĂ©rarchie entre les espĂšces animales).

Le monde économique a notamment fourni cette année le mot "ubériser" (rendre obsolÚte un modÚle économique existant) et a donné un nouveau sens à "licorne" (start-up dont la valorisation dépasse le milliard de dollars).

- "klouker" des "dagoberts" -

Des mots d'origine anglaise font leur entrée dans le lexique comme "bore-out" (syndrome d'épuisement professionnel dû à l'ennui provoqué par le manque de travail), "deep learning" (technologie basée sur des réseaux de neurones artificiels) ou encore "darknet" (ensemble des réseaux permettant de partager de maniÚre anonyme des données cryptées inaccessibles aux moteurs de recherches traditionnels).

"Une langue qui n'emprunte plus est une langue morte", se justifie Bernard Cerquiglini qui souligne que l'anglais n'est pas le seul à fournir de nouveaux mots au français. Les mots des régions et ceux de la francophonie sont nombreux à faire leur entrée dans le dictionnaire.
"Klouker" (verbe venu de Bretagne pour se goinfrer) trop de "dagoberts" (sandwich en Belgique) vous laissera "gonfle" (adjectif provençal pour rassasiĂ©). Pour les personnes qui aiment faire la fĂȘte on adoptera le mot belge "sorteur", le "taxieur" (chauffeur de taxi) vient d'AlgĂ©rie et si l'on est cycliste gare au quĂ©bĂ©cois "emportiĂ©rage" (percuter un cycliste en ouvrant sans prĂ©caution une portiĂšre).

Le millĂ©sime 2020 du Petit Larousse compte au total plus de 63.000 mots. En 1871, son ancĂȘtre en comptait 35.000. Si des mots nouveaux entrent chaque annĂ©e dans ce dictionnaire combien en sortent? "Quasiment aucun", assure Carine Girac-Marinier qui dirige le dĂ©partement des dictionnaires et encyclopĂ©die chez Larousse (groupe Hachette Livre). "TrĂšs peu de mots ont disparu. 90% des mots qui Ă©taient dans le dictionnaire de 1871 sont toujours dans le dictionnaire", explique-t-elle.

Des refontes ont lieu tous les 10 ou 15 ans. La derniĂšre remonte Ă  2012. Du cĂŽtĂ© des noms propres (28.000 noms et lieux), Didier Deschamps, le sĂ©lectionneur de l'Ă©quipe de France championne du monde de foot fait son entrĂ©e tout comme la comĂ©dienne CĂ©cile de France, le chanteur Étienne Daho, le cuisinier Marc Veyrat ou la prix Nobel de la paix irakienne Nadia Murad.

AFP

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