(ActualisĂ©) En IndonĂ©sie, oĂč les inondations et glissements de terrain ont fait plus de 650 morts et un million de dĂ©placĂ©s, l'urgence est dĂ©sormais d'acheminer de la nourriture aux sinistrĂ©s dans de nombreuses zones totalement isolĂ©es, alors que le bilan des intempĂ©ries en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka s'est encore alourdi, dĂ©passant les 1.200 morts.
Les pluies torrentielles de la mousson, associées à deux cyclones tropicaux distincts la semaine derniÚre, ont déversé des trombes d'eau sur l'ensemble du Sri Lanka et certaines régions de Sumatra (Indonésie), du sud de la Thaïlande et du nord de la Malaisie.
Le bilan en Indonésie est monté mardi à 659 morts, 475 disparus et un million de personnes évacuées, a indiqué l'Agence nationale de gestion des catastrophes.
Au Sri Lanka, 410 personnes ont trouvĂ© la mort et 336 sont portĂ©es disparues, selon un nouveau bilan communiquĂ© mardi par l'Agence srilankaise de gestion des catastrophes (DMC), tandis que 1,5 million dâhabitants ont Ă©tĂ© sinistrĂ©s.
Selon les experts, le changement climatique engendre des Ă©pisodes de pluie plus intenses car une atmosphĂšre plus chaude contient davantage d'humiditĂ©, et des tempĂ©ratures plus Ă©levĂ©es dans les ocĂ©ans peuvent amplifier les tempĂȘtes.
Si la pluie a cessé, permettant aux eaux de se retirer en partie, la catastrophe a laissé derriÚre elle un paysage de désolation et un choc pour les survivants désormais confrontés à d'énormes difficultés pour trouver de la nourriture ou de l'eau potable.
Dans la région d'Aceh, à l'extrémité occidentale de Sumatra, déjà meurtrie par le tsunami dévastateur de 2004, ceux qui en ont les moyens constituent des réserves par crainte de pénuries, ont indiqué des habitants à l'AFP.
"Les routes sont en grande partie coupées dans les zones inondées", a déclaré Erna Mardhiah, 29 ans, au milieu d'une longue file d'attente à une station-service de Banda Aceh.
"Les gens craignent de manquer de carburant", a-t-il ajouté, alors qu'il fait la queue depuis déjà deux heures.
La nourriture se fait si rare que les prix explosent. "La plupart des choses sont déjà hors de prix... les piments à eux seuls coûtent désormais jusqu'à 300.000 roupies le kilo (15,5 euros), c'est probablement pourquoi les gens achÚtent en panique", a-t-il dit.
Lundi, le gouvernement indonésien a annoncé l'envoi de 34.000 tonnes de riz et de 6,8 millions de litres d'huile de cuisson aux trois provinces les plus touchées: Aceh, Sumatra Nord et Sumatra Ouest.
"Il ne peut y avoir aucun retard", a affirmé le ministre de l'Agriculture, Andi Amran Sulaiman, alors que beaucoup ont appelé le président Prabowo Subianto à décréter l'état d'urgence afin d'accélérer et de coordonner le déclenchement des aides.
- "Risques de pénurie et de famine" -
Les organisations humanitaires ont indiqué qu'elles s'efforçaient d'acheminer de l'aide vers les zones sinistrées, tout en avertissant que les marchés locaux étaient à court de produits de premiÚre nécessité et que les prix des produits disponibles avaient triplé.
"Les communautés de toute la province d'Aceh courent un grave risque de pénurie alimentaire et de famine si les chaßnes d'approvisionnement ne sont pas rétablies dans les sept prochains jours", a prévenu l'organisation caritative Islamic Relief.
Dans les diffĂ©rentes provinces de Sumatra, oĂč le bilan pourrait encore s'alourdir alors que 472 personnes sont toujours portĂ©es disparues et 2.600 ont Ă©tĂ© blessĂ©es, les habitants Ă©voquent des scĂšnes terrifiantes, face Ă la montĂ©e soudaine des eaux.
La crue a été "irrésistible, comme une vague de tsunami", a témoigné Zamzami, un habitant de Aceh Est.
"Nous ne pouvons pas expliquer à quel point le flot paraissait immense", a dit cet homme de 33 ans, qui, comme beaucoup d'Indonésiens, ne porte qu'un seul nom.
Une autre tempĂȘte a provoquĂ© de fortes prĂ©cipitations au Sri Lanka, dĂ©clenchant des crues soudaines et des glissements de terrain qui ont fait au moins 410 morts, soit la pire catastrophe naturelle subie par l'Ăźle d'Asie du Sud depuis le tsunami de 2004.
Le président Anura Kumara Dissanayake, qui a déclaré l'état d'urgence, s'est engagé samedi à reconstruire les zones dévastées, aprÚs la catastrophe "la plus importante de notre histoire".
L'armée de l'air srilankaise, appuyée par ses homologues indienne et pakistanaise, a procédé à l'évacuation de résidents bloqués et à la livraison de nourriture.
Les pluies se sont calmées dans tout le pays, mais les alertes aux glissements de terrain restent en vigueur dans la majeure partie de la région centrale la plus touchée, ont indiqué les autorités.
AFP

