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Iran: participation autour de 60% aux élections

  • PubliĂ© le 27 fĂ©vrier 2016 Ă  11:04
Vote d'une Iranienne le 26 février 2016 à Qom

Environ 60% des Ă©lecteurs iraniens ont participĂ© aux Ă©lections lĂ©gislatives et Ă  celle de l'AssemblĂ©e des experts qui nomme le guide suprĂȘme vendredi, selon une estimation provisoire donnĂ©e samedi de source officielle.


"Au moins 33 millions" des 55 millions d'électeurs ont voté, a dit le porte-parole du ministÚre de l'Intérieur, Hossein-Ali Amiri, à la télévision nationale. Le chiffre définitif sera annoncé plus tard dans la journée et "devrait augmenter", selon lui.
La participation aux législatives de 2012 avait été de 64,2%, seulement de 48% à Téhéran.
M. Amiri a estimĂ© qu'un second tour devrait ĂȘtre organisĂ© dans un certain nombre de grandes villes, mais n'a donnĂ© aucune indication sur les Ă©lus au Parlement et Ă  l'AssemblĂ©e des experts.
Les rĂ©sultats dĂ©finitifs, qui devront ĂȘtre confirmĂ©s par le puissant Conseil des gardiens de la Constitution (conservateur), ne sont pas attendus avant plusieurs jours. Ceux des provinces devraient ĂȘtre connus samedi, ceux de TĂ©hĂ©ran et de ses 5,5 millions d'Ă©lecteurs lundi.
Le président modéré Hassan Rohani et ses alliés réformateurs espÚrent l'emporter face aux conservateurs pour pouvoir poursuivre leur politique d'ouverture.
Les bureaux de vote ont fermé tard vendredi soir aprÚs plusieurs heures de prolongation.
Tout au long de la journĂ©e, de nombreuses files d'attente se sont formĂ©es dans le calme devant les bureaux de vote des grandes villes, dont TĂ©hĂ©ran, signe de l'intĂ©rĂȘt apparent suscitĂ© par ces Ă©lections.
Les Iraniens étaient appelés à élire les 290 membres du Parlement et les 88 membres de l'Assemblée des experts, deux instances dominées par les conservateurs.
Ces élections étaient les premiÚres depuis la conclusion en juillet d'un accord entre les grandes puissances et Téhéran sur le programme nucléaire iranien, qui doit permettre à l'Iran de sortir de son isolement et de relancer une économie affaiblie par prÚs de dix ans de sanctions internationales. La plupart d'entre elles ont été levées mi-janvier au moment de l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire.
M. Rohani, élu en 2013, mise sur cette avancée majeure pour obtenir une majorité favorable au Parlement. Cela l'aiderait à mettre en place, grùce notamment aux investissements étrangers attendus, une politique de réformes économiques et sociales avant la fin de son mandat en 2017.
Les réformateurs avaient en partie boycotté le scrutin de 2012 pour protester contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, qu'ils jugeaient frauduleuse.
- Réformateurs et modérés alliés -
Ils Ă©taient cette annĂ©e au rendez-vous mĂȘme si nombre de leurs responsables ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s de la course par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui a la haute main sur les Ă©lections.
Pour augmenter leurs chances, ils ont fait alliance avec les modĂ©rĂ©s - dont certains peuvent ĂȘtre conservateurs - en prĂ©sentant une liste commune baptisĂ©e "Espoir".
Face aux rĂ©formateurs, une grande coalition des conservateurs qui, en adĂ©quation avec la ligne du guide suprĂȘme, l'ayatollah Ali Khamenei, s'inquiĂštent d'un risque d'"infiltration" Ă©trangĂšre en cas de victoires des rĂ©formateurs et modĂ©rĂ©s.
"Tout le monde doit voter, tous ceux qui aiment l'Iran, la République islamique, la grandeur et la gloire de l'Iran", a dit vendredi le guide en étant l'un des premiers à voter.
"Nous avons des ennemis" qu'il faut "décevoir" par ce vote, a-t-il ajouté sans les nommer. Bien qu'ayant approuvé l'accord nucléaire, il exprime réguliÚrement sa méfiance à l'égard des puissances occidentales, en premier lieu les Etats-Unis, accusés de chercher "à s'infiltrer" en Iran.
A l'AssemblĂ©e des experts, les rĂ©formateurs espĂšrent que ses figures les plus conservatrices seront battues, ce qui serait une victoire majeure pour eux. Cette instance Ă©lue pour huit ans, pourrait ĂȘtre amenĂ©e Ă  dĂ©signer le successeur de l'ayatollah Khamenei, ĂągĂ© de 76 ans.

Par Sophie LAUBIE - © 2016 AFP
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