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Italie: le Parlement sur le point d'adopter l'union gay

  • PubliĂ© le 11 mai 2016 Ă  08:50
Des militants LGBT manifestent Ă  Rome le 5 mars 2016

Les députés italiens doivent voter mercredi en début d'aprÚs-midi pour adopter définitivement les unions gays, sur lesquelles le gouvernement de centre-gauche de Matteo Renzi a engagé sa responsabilité.


"Au nom du gouvernement, j'ai posé la question de confiance sur les unions civiles. Cela suffit les renvois, cette fois-ci c'est la bonne", a affirmé mardi sur Twitter Maria Elena Boschi, ministre-clé de M. Renzi, chargée des relations avec le Parlement.
Le début doit débuter vers 12h30 (10h30 GMT) et le vote de confiance est prévu à 14h10 (12h10 GMT), pour respecter précisément le délai de 24h00 aprÚs l'annonce de Mme Boschi en séance. L'adoption formelle est attendue dans la soirée, ou jeudi matin aprÚs une série de votes de procédure sans incidence.
AprÚs des mois de négociations l'année derniÚre puis des semaines de débat houleux au Sénat en janvier et février, le gouvernement avait déjà dû engager sa responsabilité devant la chambre haute.
Alors que sa majoritĂ© est plus large Ă  l'AssemblĂ©e, M. Renzi s'est rĂ©solu Ă  faire de mĂȘme devant les dĂ©putĂ©s pour s'assurer que le texte soit dĂ©finitivement adoptĂ©, toute modification entraĂźnant un renvoi vers le SĂ©nat.
Dans le dernier grand pays d'Europe occidentale Ă  ne reconnaĂźtre aucun statut aux couples de mĂȘme sexe, le texte crĂ©e une union civile qualifiĂ©e de "formation sociale spĂ©cifique", ouverte seulement aux couples gays.
Scellée devant un officier d'état civil, elle prévoit l'obligation d'assistance morale et matérielle réciproque, le bénéfice de la pension de réversion, le titre de séjour pour le conjoint étranger, le droit de visite à l'hÎpital, la possibilité de prendre le nom de son conjoint...
- Verre 'à moitié vide' -
Au grand dam des associations de défense des droits des homosexuels, M. Renzi a cependant dû céder devant ses alliés du centre-gauche et retirer la possibilité d'adopter les enfants naturels du conjoint, ainsi que la trÚs symbolique obligation de fidélité au sein du couple.
Cependant, le texte ne ferme pas la porte aux demandes d'adoption dĂ©posĂ©es au cas par cas et dont une poignĂ©e ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© validĂ©es depuis l'Ă©tĂ© 2014 par certains tribunaux, au nom de l'intĂ©rĂȘt de l'enfant Ă  une "continuitĂ© affective".
La jurisprudence en la matiÚre est encore balbutiante, mais depuis le vote du Sénat, deux décisions en ce sens du tribunal des mineurs de Rome sont devenues définitives faute d'appel du parquet.
La premiÚre concernait un enfant né grùce à une mÚre porteuse au Canada et adopté par le compagnon du pÚre biologique. La deuxiÚme concernait le fils de Marilena Grassadonia, la médiatique porte-parole des familles homosexuelles, et les jumeaux de sa compagne, qui ont bénéficié d'une adoption croisée.
"Le verre est encore à moitié vide", a commencé dans un communiqué Gabriele Piazzoni, secrétaire national d'Arcigay, la principale association de défense des personnes homosexuelles, en promettant de continuer à se battre pour la reconnaissance des familles homoparentales.
"Mais ce texte contient la reconnaissance et les protections que tant de personnes gays et lesbiennes attendent depuis toute une vie. Un consensus large à l'Assemblée serait une digne compensation pour ces personnes, un acte symbolique mais aussi une promesse juste pour toutes les batailles encore à mener", a-t-il ajouté.
Le comité "Défendons nos enfants", qui avait rassemblé des dizaines de milliers d'opposants au texte fin janvier à Rome, a en revanche dénoncé dans le choix du vote de confiance "l'action du gouvernement la plus anti-démocratique de l'histoire de la République", selon son porte-parole Massimo Gandolfini, qui avait été reçu fin avril par le pape François.
"Nous appelons donc tous ceux qui tiennent Ă  l'avenir de la famille et au droit des enfants Ă  ne pas ĂȘtre programmĂ©s orphelins de pĂšre ou de mĂšre Ă  voter selon leur conscience", a-t-il ajoutĂ©, en promettant d'aller jusqu'au rĂ©fĂ©rendum abrogatif pour que la loi n'entre jamais en vigueur.

- © 2016 AFP
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