Jawad Bendaoud est de retour au palais de justice de Paris à partir de mercredi : aprÚs sa relaxe en premiÚre instance en février, il est rejugé pour avoir logé deux jihadistes du 13-Novembre, dont l'un des cerveaux présumés des attaques.J awad Bendaoud, dont les déclarations fantasques et décalées lors du premier procÚs ont fait fureur sur les réseaux sociaux, sera-t-il à nouveau relaxé? C'est la question centrale de ce procÚs en appel, qui doit durer jusqu'au 21 décembre.
Cet homme de 32 ans est jugĂ© pour "recel de malfaiteurs terroristes", pour avoir fourni l'appartement oĂč Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh s'Ă©taient repliĂ©s, Ă Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). C'est lĂ que les deux jihadistes sont morts le 18 novembre dans l'assaut des policiers du Raid.
Contrairement au procÚs qui s'est tenu en janvier et février, Jawad Bendaoud comparaitra libre. AprÚs avoir été détenu 27 mois à l'isolement, il a été libéré de prison le 14 février, quelques heures aprÚs l'annonce de la relaxe. Entre-temps, le parquet avait annoncé qu'il faisait un appel général du jugement.
Le tribunal correctionnel a jugĂ© qu'il n'Ă©tait "pas prouvĂ©" que Jawad Bendaoud avait "fourni un hĂ©bergement Ă deux individus qu'il savait ĂȘtre des terroristes du 13 novembre, afin de les soustraire aux recherches et Ă©viter ainsi leur arrestation".
"Je ne savais pas que c'Ă©taient des terroristes", a martelĂ© Bendaoud lors de son procĂšs, reconnaissant par contre qu'il Ă©tait un dĂ©linquant, souvent guidĂ© par l'appĂąt du gain. Mais "mĂȘme pour 150.000 euros, je n'aurais pas hĂ©bergĂ© des terroristes", a rĂ©pĂ©tĂ© le prĂ©venu.
En revanche, Mohamed Soumah, également jugé pour "recel de malfaiteurs terroristes", a été condamné à cinq ans d'emprisonnement. Il avait eu le rÎle d'intermédiaire, en mettant en contact Hasna Aït Boulahcen, chargée de trouver une planque aux deux jihadistes en fuite, et Jawad Bendaoud.
- 780 parties civiles -
Le troisiÚme prévenu, Youssef Aït Boulahcen, jugé pour "non-dénonciation de crime terroriste", a lui été condamné à 4 ans de prison, dont un an avec sursis. Il s'agit du frÚre d'Hasna Aït Boulahcen et du cousin d'Abdelhamid Abaaoud. Cet homme qui n'a pas été placé en détention aprÚs sa condamnation comparaitra libre en appel.
Ce jugement avait conclu le premier procÚs en lien avec les attaques du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Un procÚs retentissant, avec plus de 700 parties civiles, marqué par les rires déclenchés par les propos incongrus de Jawad Bendaoud et les larmes des victimes des attentats.
La plupart de ces parties civiles ont interjeté appel, aprÚs l'appel principal du parquet: elles seront 780 au total. "Mes clients attendent moins de show (de la part de Jawad Bendaoud, ndlr), plus de sérénité, plus de vérité", a expliqué à l'AFP l'avocate Héléna Christidis. "Ce show, le fait qu'il réponde à cÎté des questions, puis la relaxe ont été mal vécues par des victimes (des attentats, ndlr) ou leurs proches", a-t-elle ajouté.
Jawad Bendaoud sera-t-il plus calme que lors du premier procÚs? Sa promesse au tribunal a fait long feu: "Si je sors de prison, je fais plus rien d'illégal", avait-il affirmé. "Il ne veut plus jamais, jamais, avoir affaire à la justice", avait renchéri son avocat Xavier Nogueras.
Mais ce délinquant multirécidiviste, notamment condamné en 2008 à huit ans de prison pour une rixe dans laquelle son meilleur ami a été tué et pour détention de stupéfiants, a rapidement rechuté.
Début novembre, il a été condamné en appel à un an de prison avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pour avoir violenté et menacé de mort son ex-compagne. En juillet, il a été condamné à huit mois de prison pour avoir injurié des policiers à Saint-Denis, une peine qu'il effectue avec un bracelet électronique.
- © 2018 AFP



