Ils n'en veulent pas

JO-2026: la population de Calgary dit "non", la flamme olympique vacille

  • PubliĂ© le 14 novembre 2018 Ă  11:08
  • ActualisĂ© le 14 novembre 2018 Ă  11:26
Cérémonie d'ouverture des JO de Calgary le 13 février 1988

Un "non" cinglant: les habitants de Calgary ont fait part mardi de leur hostilité à la candidature de leur ville à l'organisation des JO-2026 d'hiver dans un référendum consultatif, qui devrait signifier la fin du projet Calgary 2026.

Selon les chiffres préliminaires publiés par la ville canadienne deux heures aprÚs la fermeture des bureaux de vote, 56,4% des habitants se sont prononcés durant ce scrutin électronique pour le "non", contre 43,6% pour le "oui". Les résultats officiels seront publiés vendredi, ont précisé les autorités locales. Avec une participation de 304.774 votants sur 767.000 possibles, les Calgariens ont envoyé un message fort: trente ans aprÚs avoir accueilli les JO-1988 marqués par les parcours improbables du sauteur à skis britannique Eddie The Eagle et d'un équipage jamaïcain de bobsleigh rendu célÚbre par le film "Rasta Rockett", ils ne veulent plus de la flamme olympique.

"Ce rĂ©sultat nous permet de continuer de construire un avenir vibrant et solide pour Calgary, on peut travailler ensemble sur des prioritĂ©s qui servent l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral", s'est fĂ©licitĂ© l'association "No Calgary Olympics".

Le comité de candidature Calgary 2026 ne se fait guÚre d'illusions et a annoncé dans la foulée son démantÚlement: "Dans les semaines à venir, Calgary 2026 conclura ses activités, notamment en préparant la fermeture de ses livres comptables et en présentant des rapports finaux à ses partenaires financiers", a-t-il expliqué.
Le conseil municipal de Calgary qui doit se prononcer in fine, a priori en début de semaine prochaine, sur la poursuite ou l'abandon de la candidature, pourrait difficilement faire autrement que de jeter l'éponge.

Avant le référendum, la province de l'Alberta, qui devait cofinancer le projet, avait en effet prévenu qu'elle retirerait son soutien en cas de victoire du "non".
Partisans et opposants ont mené campagne jusqu'au bout dans une consultation annoncée comme bien plus incertaine.

- Accord de derniĂšre minute -

Un sondage publié par la chaßne publique CBC fin octobre donnait en effet une belle avance au "non" (55%, contre 35% de "oui"), mais encore beaucoup d'indécis.
Les arguments des partisans du "non", qui ont mené une campagne trÚs active sur les réseaux sociaux, ont frappé les esprits des 1,23 million d'habitants d'une ville encore marquée par la chute des cours de pétrole, dont son économie dépend.

Ils ont d'emblĂ©e brandi l'Ă©pouvantail d'un dĂ©rapage des dĂ©penses qui entraĂźnerait une hausse des impĂŽts locaux, arguments qui avaient dĂ©jĂ  contribuĂ© Ă  faire capoter les candidatures de Sion (Suisse) et Graz/Schladming (Autriche) pour ces mĂȘmes JO. Et ce ne sont pas les dissensions au sein du conseil municipal et l'accord de derniĂšre minute, arrachĂ© fin octobre avec le gouvernement fĂ©dĂ©ral et l'Alberta pour le financement du projet, qui ont contribuĂ© Ă  rassurer la population.

Le coĂ»t du projet Calgary 2026, qui reposait sur l'utilisation d'infrastructures sportives utilisĂ©es lors des JO-1988 et mĂȘme lors des JO-2010 de Vancouver en Colombie britannique voisine, Ă©tait estimĂ© Ă  cinq milliards de dollars canadiens (3,3 milliards d'euros), bien loin des ardoises colossales des derniers Jeux d'hiver, Ă  Sotchi (Russie) en 2014 et Pyeongchang (CorĂ©e du Sud) en 2018.

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral de Justin Trudeau avait promis 1,45 milliard de dollars canadiens, et la province de l'Alberta 700 millions, laissant Ă  Calgary une facture de 390 millions, tandis que la contribution du ComitĂ© international olympique (CIO) devait ĂȘtre, en cas de succĂšs, de 1,2 milliard.

- Un salut venu des Etats-Unis ? -

L'abandon, probable, de Calgary est une mauvaise nouvelle pour le CIO qui n'aurait donc plus que deux candidatures à étudier pour l'échéance 2026, Stockholm et Milan/Cortina d'Ampezzo (Italie). Encore faut-il que d'ici juin 2019, date de la désignation de la ville-hÎte, ces deux projets soient toujours en course, la candidature italienne par exemple ne bénéficiant pas du soutien financier de Rome.

Le phénomÚne n'est pas nouveau pour le CIO, confronté depuis plusieurs échéances déjà à la raréfaction des candidatures et à l'hostilité des populations locales.
Le CIO a pourtant changé les rÚgles avec son Agenda 2020 pour réduire les coûts et le risque de dérapage budgétaires, en demandant aux villes candidates de s'appuyer sur des sites, sportifs et autres, déjà existants.

Le salut pourrait venir d'AmĂ©rique du nord: les États-Unis sont officiellement sur les rangs pour les JO d'hiver suivants, en 2030, mais Salt Lake City (Utah) serait prĂȘt Ă  devancer l'appel. Le dossier, solide, repose grandement sur les JO-2002 et la population locale est, elle, enthousiaste Ă  l'idĂ©e d'accueillir les rendez-vous olympique et paralympique.

AFP

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