Équipe de France

Kurzawa assure sa défense

  • PubliĂ© le 12 novembre 2017 Ă  19:21
  • ActualisĂ© le 12 novembre 2017 Ă  19:29
Photo montage du défenseur international du PSG Layvin Kurzawa (g) et du sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps, le 18 septembre 2017 à Paris

Critiqué pour une vidéo polémique et son niveau de jeu, défensivement comme offensivement, l'arriÚre gauche Layvin Kurzawa a brisé le silence dimanche pour faire un petit mea culpa mais aussi réclamer moins de violence dans les critiques.


"C'est une erreur de jeunesse", a dit le Parisien de 25 ans sur TF1 en s'exprimant pour la premiĂšre fois sur l'affaire de la vidĂ©o oĂč il dĂ©nigre le sĂ©lectionneur Didier Deschamps.
L'existence de cette vidĂ©o, jamais rendue publique, avait Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e mi-septembre par Europe 1. Kurzawa, qui y effectue des "gestes dĂ©placĂ©s pour le sĂ©lectionneur" selon une source proche de l'enquĂȘte, avait Ă©tĂ© victime cet Ă©tĂ© d'un chantage Ă  la diffusion et d'une tentative d'agression.
Maintenu dans le groupe de l'équipe de France, certes en l'absence sur blessure du titulaire Benjamin Mendy, le défenseur s'était depuis muré dans le silence.
Cette vidéo, en a-t-il parlé avec Deschamps ? "Oui oui, il était au courant bien avant... mais je n'ai pas envie de revenir sur ça. C'est passé, aujourd'hui je suis en sélection, tout se passe bien avec le coach, la relation est trÚs bonne avec le coach", a-t-il précisé dans Téléfoot.
Il a reçu le soutien de "DD", qui dans la mĂȘme Ă©mission a dit "faire en sorte de comprendre tout, d'avoir de l'empathie, d'essayer de me mettre Ă  leur place", rappelant que les joueurs ne sont "pas des robots".


- 'Je dois tout travailler' -


Kurzawa a aussi Ă©tĂ© brocardĂ© en cette premiĂšre partie de saison pour son niveau au PSG comme en sĂ©lection, avec comme creux notoire le 0-0 des Bleus face au Luxembourg dĂ©but septembre Ă  Toulouse, oĂč ses centres ratĂ©s avaient Ă©tĂ© vertement critiquĂ©s.
Là-dessus, il fait profil bas: "Je n'ai pas besoin d'entendre certaines personnes dire: +Il a été nul, il ne sait pas centrer+. Je sais quelles sont mes qualités, je sais ce que je dois travailler: je dois tout travailler, en tous les cas. On n'est jamais au top".
Kurzawa avait esquissé une réponse gestuelle lorsqu'il avait réussi un triplé en Ligue des champions fin octobre, en mettant son index sur la bouche pour faire taire ses détracteurs. "Il peut se passer de ça", l'avait gentiment gourmandé Deschamps.
"Je ne le referai pas, mais je ne le regrette pas", a assuré pour sa part Kurzawa dimanche, bravache.
"Ces buts me permettent de reprendre confiance", avait-il déclaré à chaud sur beIN Sports. De fait: il l'avait perdue au fil d'un début de saison délicat.


- MĂšre 'en pleurs' -


Forfait pour les deux derniers matches de qualifications au Mondial-2018 en octobre, il avait mĂȘme vu son remplaçant en sĂ©lection, Lucas Digne, se montrer Ă  son avantage. Et au PSG, Kurzawa voyait aussi la recrue espagnole Yuri Berchiche gagner du temps de jeu et de la considĂ©ration.
BrocardĂ©, Kurzawa est devenu un peu la tĂȘte de Turc du foot français ces derniers mois. "Je n'Ă©tais pas ennuyĂ© par tout ça, c'est plus les personnes autour de moi, avec ma mĂšre qui m'appelait en pleurs parce que l'autre Ă©tait en train de dire: +Il a Ă©tĂ© mal Ă©duquĂ©, c'est un petit con+. VoilĂ , c'est juste ça", a-t-il soulignĂ©.
"Mon petit frĂšre (YrlĂšs Teoro-Kurzawa, 18 ans), on va le voir parce qu'il est formĂ© Ă  Nice, je n'ai pas envie qu'on le chambre sur le terrain et que lui-mĂȘme se mette Ă  rĂ©pondre. Moi-mĂȘme, je dois lui donner l'exemple", a aussi affirmĂ© le barbichu tatouĂ©.
Et là aussi, "DD" l'a défendu, en pointant "l'agressivité et les mots violents" de l'environnement médiatique.
"Il a des parents, de la famille, et ces gens-lĂ  prennent ça de plein fouet. Ce serait bien qu'il y ait par moments un peu de bienveillance, d'empathie. Ce qui n'empĂȘche pas la critique, la critique sportive, qu'on lui dise qu'il ait mal centrĂ©, qu'il peut mieux centrer, c'est une chose. AprĂšs, certains mots sont violents. je ne pense pas que ça ait la place dans un environnement sportif", a dit le sĂ©lectionneur.
Globalement, le poste de latéral reste un point faible dans le vivier bleu. Interrogé par l'AFP sur le sujet, le directeur technique national Hubert Fournier a reconnu un retard de la formation française à ce poste, qui a beaucoup évolué en cinq ans. "On n'a pas assez suivi la tendance. Il y a une vraie réflexion sur le futur de ce poste. Ce n'est pas simple, ça demande du temps".

Par Christophe KOFFI - © 2017 AFP

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