La canicule s'étend, le vent attise les incendies

  • PubliĂ© le 8 juillet 2026 Ă  16:56
  • ActualisĂ© le 9 juillet 2026 Ă  05:08
Les prévisions de températures de la météo sur un écran dans une rue de Villeneuve-les-Béziers, le 8 juillet 2026 dans l'Hérault

Avec une chaleur qui gagne du terrain et des vents renforcés, l'alerte reste maximum mercredi sur le front des incendies dans la moitié sud du pays et pour l'ensemble de la population, mise à l'épreuve par la succession des canicules.

67 départements français sont actuellement en vigilance orange, selon le dernier bulletin de vigilance de Météo-France, qui prévoit "un épisode caniculaire sévÚre et durable" pouvant se prolonger "trÚs probablement jusqu'en fin de semaine voire au-delà" et s'étendre aux régions Grand-Est et Franche-Comté.

Pour mercredi, des températures "difficilement supportables" sont prévues sur la majorité du pays, avec "des pointes à 40 degrés, voire 42/43 dans la basse vallée du RhÎne et le Languedoc-Roussillon", des niveaux qui augmentent le risque pour la santé.

Dans un accueil pour personnes sans abri de Montpellier, "il y a plus de fatigue, plus d'agacement. Les gens trouvent peu de repos, que ça soit la journée ou la nuit", explique un responsable sous couvert de l'anonymat.

"La chaleur aggrave les problématiques d'addiction, de maladies chroniques", constate-t-il.

Cet épisode de chaleur intense est le troisiÚme en moins de deux mois aprÚs celui, remarquablement précoce, de la fin mai, suivi d'une vague de chaleur durant la deuxiÚme quinzaine de juin. Signe du réchauffement climatique, plus de la moitié des 53 vagues de chaleur répertoriées depuis 1947 sont intervenues aprÚs 2010.

Dans ce contexte, les réserves d'eau souterraines ont vu leur état se dégrader ces derniÚres semaines, avec au 1er juillet 54% des nappes en dessous de leur niveau normal, selon le Bureau de recherches géologiques et miniÚres (BRGM).

- Feux d'artifice interdits -

Partout, les autorités ont mis en garde contre les risques "trÚs sévÚres" d'incendies pour cette journée. Les feux précoces mobilisent déjà d'importants moyens humains et matériels à travers le pays.

Un jeune pompier volontaire de 22 ans est mort mercredi en Savoie, alors qu'il combattait un feu de forĂȘt dans un secteur Ă  fort dĂ©nivelĂ©.

Dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, oĂč un incendie a parcouru prĂšs de 5.000 hectares en quatre jours, "la situation n'est pas encore stabilisĂ©e", a indiquĂ© Ă  la mi-journĂ©e le prĂ©fet sur X, faisant Ă©tat de prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques "dĂ©favorables" avec un renforcement de la tramontane.

Le feu, qui a contraint à l'évacuation de plusieurs communes, a fait 11 blessés légers, dont sept pompiers, et endommagé de nombreux bùtiments.

Dans le sud de la DrĂŽme, oĂč le feu a parcouru 2.500 hectares dans une zone boisĂ©e inhabitĂ©e, les conditions sont Ă©galement "trĂšs dĂ©favorables", selon les pompiers qui s'attendent Ă  ĂȘtre "malmenĂ©s tout au long de l'aprĂšs-midi" par un vent en rafales.

"On voit partout les crĂȘtes qui brĂ»lent", explique Ă  l’AFP Yvan Bringard, 56 ans, un ancien secouriste en montagne joint Ă  Die. Pour autant "on ne se sent pas en danger" parce que "les pompiers sont sereins, rassurĂ©s et ça nous rassure aussi", ajoute le retraitĂ© qui a accueilli pour la nuit plusieurs pompiers Ă  son domicile.

Dans l'Hérault, le feu de Carlencas-et-Levas, qui a parcouru 380 hectares depuis dimanche, connait "une réactivation sur tous les fronts et on est sur le qui-vive pour cet aprÚs-midi, avec la sécheresse et un vent du nord qui s'est levé et va encore se renforcer", a déclaré un porte-parole des pompiers.

Le traditionnel feu du 14 juillet a été annulé dans de nombreuses communes du nord au sud, et les accÚs aux massifs forestiers interdits ou fortement rÚglementés.

De passage Ă  Marseille, Arthur Paim, un entrepreneur brĂ©silien de 34 ans qui s'Ă©tait pourtant levĂ© tĂŽt pour dĂ©couvrir le parc national des Calanques, se dit "frustrĂ©" : "c’était un moment pour dĂ©compresser et faire une randonnĂ©e", dit-il, expliquant avoir "fui Paris", car il n'avait "jamais vu une canicule pareille".

A Montpellier, Sauveur Aiello, un artiste-peintre de 59 ans, est venu "passer quelques heures Ă  la mĂ©diathĂšque (...) parce qu'il y fait frais et qu'on peut se cultiver en mĂȘme temps". MĂȘme si chez lui, "un petit mas en dehors de la ville", "les murs en terre-paille conservent bien la fraicheur, avec une quinzaine de degrĂ©s en moins qu'Ă  l'extĂ©rieur", se rĂ©jouit-il.

AFP

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