Covid-19

La Chine confine les neuf millions d'habitants de la ville de Changchun

  • PubliĂ© le 11 mars 2022 Ă  13:30
  • ActualisĂ© le 11 mars 2022 Ă  16:37
Wanda Plaza Ă  Changchun, dans la province du Jilin, dans le nord-est de la Chine, le 25 janvier 2019

Le "zéro Covid" sous tension: confrontée à sa pire flambée épidémique depuis deux ans, la Chine a dû se résoudre vendredi à confiner la grande ville de Changchun, dans le nord-est du pays. Dans cette ville de neuf millions d'habitants, seule une personne par foyer est désormais autorisée à sortir, une fois tous les deux jours pour assurer le ravitaillement, a fait savoir la mairie qui se prépare à dépister toute la population.

Ce confinement est le plus important annoncé en Chine depuis celui de la métropole de Xi'an (nord) et de ses 13 millions d'habitants à la fin de l'année derniÚre et pour un mois.

La mairie a ordonné la fermeture des écoles et des commerces ainsi que des transports publics. Il est défendu de quitter la ville, qui a enregistré plusieurs centaines de cas au cours des derniers jours.

Changchun, la ville de "l'éternel printemps", est la capitale de la province du Jilin, frontaliÚre de la Corée du Nord. Ce pays fermé n'a jusqu'à présent jamais fait état de cas de Covid.

ParallÚlement, la Commission nationale de santé a annoncé vendredi l'introduction pour la premiÚre fois de tests antigéniques rapides, avec des kits d'auto-tests disponibles à l'achat pour les établissements hospitaliers et les citoyens ordinaires. Les tests à l'acide nucléique resteront néanmoins la principale méthode de test.

La Chine, oĂč le virus a Ă©tĂ© initialement dĂ©tectĂ© fin 2019 Ă  Wuhan (centre), a rapidement endiguĂ© l'Ă©pidĂ©mie dĂšs le printemps 2020 en adoptant des mesures de confinement trĂšs strictes frappant parfois des villes entiĂšres.

Le géant asiatique est ainsi parvenu à largement enrayer la contagion, avec un bilan officiel d'un peu plus de 100.000 cas, dont 4.636 mortels, en l'espace de deux ans.

Le régime communiste y voit la supériorité de son systÚme autoritaire par rapport aux nombreux décÚs enregistrés par les pays démocratiques. Mais la souche Omicron est à l'origine de flambées localisées qui concernaient vendredi 1.369 personnes au cours des derniÚres 24 heures, selon les chiffres du ministÚre de la Santé.

Un chiffre qui reste faible par comparaison avec le reste du monde mais qui n'en est pas moins le plus élevé pour la Chine depuis la premiÚre phase de l'épidémie, début 2020.

Sur ce total, les autoritĂ©s ont dĂ©nombrĂ© 158 cas importĂ©s et 814 cas asymptomatiques, qui font l'objet d'un dĂ©compte sĂ©parĂ©. Ce pic intervient alors que les cas Ă©chappent Ă  tout contrĂŽle dans le territoire de Hong Kong (sud), oĂč les hĂŽpitaux dĂ©bordent de patients et oĂč la population locale dĂ©valise les supermarchĂ©s dans la panique, craignant un confinement.

Les autorités chinoises redoutent que des habitants potentiellement contaminés se soient rendus clandestinement sur le continent en provenance de Hong Kong, répandant la contagion.

- "Affiner les mesures" -

Mais les strictes mesures de confinement pÚsent sur la vie quotidienne et sur l'économie. Un scientifique chinois de haut niveau a déclaré la semaine derniÚre que le pays devrait chercher à vivre avec le virus et pourrait abandonner "dans un avenir proche" sa stratégie dite de zéro Covid.

TrÚs peu de Chinois ont été contaminés et leur immunité collective provient presque entiÚrement de vaccins de fabrication nationale, relevait cet expert, Zeng Guang, qui jugeait la Chine affaiblie par rapport à l'Occident.

Les autorités n'ont toutefois pas laissé envisager un abandon du zéro Covid lors de la session annuelle du Parlement qui s'est conclue vendredi. "Nous devons constamment affiner les mesures" contre l'épidémie, a simplement dit le Premier ministre Li Keqiang, lors d'un discours fleuve devant les députés le 5 mars.

De nombreuses parties du pays sont dĂ©sormais confrontĂ©es Ă  un durcissement des mesures anti-Ă©pidĂ©miques, notamment Shanghai, la ville la plus peuplĂ©e de Chine (25 millions d'habitants), oĂč les Ă©lĂšves vont dĂ©sormais devoir suivre leurs cours en ligne.

Les autoritĂ©s municipales se sont efforcĂ©es ces derniers mois d'imposer des mesures ciblĂ©es, imposant des confinements stricts seulement Ă  quelques quartiers ou bien dans des lieux oĂč des cas ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s.

Il arrive ainsi que des personnes se retrouvent coincĂ©es sur leur lieu de travail ou au restaurant en attendant de pouvoir ĂȘtre dĂ©pistĂ©es. L'attente du rĂ©sultat peut aller jusqu'Ă  48 heures.

 AFP

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