Violation des résolutions de l'ONU

La Corée du Nord lance deux projectiles, des missiles balistiques, selon Tokyo

  • PubliĂ© le 25 mars 2021 Ă  12:08
  • ActualisĂ© le 25 mars 2021 Ă  12:13
Des images d'un tir de missile nord-coréen sur des écrans dans une boutique de matériel informatique, le 25 mars 2021 à Séoul, en Corée du Sud

La Corée du Nord a lancé jeudi deux missiles dans la mer du Japon et Tokyo a déclaré qu'il s'agissait de missiles balistiques, dont le tir constitue une violation de résolutions de l'ONU.

Le lancement d'engins de ce type, s'il est confirmĂ©, constituerait un dĂ©fi pour l'administration du prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden. Le tir de jeudi a d'abord Ă©tĂ© annoncĂ© Ă  SĂ©oul, oĂč l'Ă©tat-major interarmes sud-corĂ©en a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© que deux "projectiles non identifiĂ©s" avaient Ă©tĂ© lancĂ©s dans la mer du Japon, appelĂ©e "mer de l'Est" en CorĂ©e. L'Ă©tat-major a indiquĂ© que le tir avait eu lieu depuis la province de Hamgyong du Sud, situĂ©e dans le centre-est de la CorĂ©e du Nord.

Les missiles ont parcouru une trajectoire de 450 kilomÚtres et atteint une attitude maximale de 60 kilomÚtres, a déclaré l'état-major sud-coréen, qui n'a pas spécifié précisément de quel type d'engin il s'agissait.

L'état-major a ajouté que l'armée sud-coréenne avait "renforcé sa posture de surveillance, en coordination rapprochée avec les Etats-Unis", principal allié de la Corée du Sud. La Maison Bleue, le palais présidentiel sud-coréen, a annoncé une réunion imminente du conseil de sécurité nationale.

- "Missiles balistiques" -

Au Japon, autre allié régional des Etats-Unis, le Premier ministre Yoshihide Suga a été catégorique: il a déclaré que les projectiles lancés jeudi étaient des missiles balistiques. "La Corée du Nord a lancé deux missiles balistiques", a affirmé à des journalistes M. Suga, selon lequel le dernier tir de missile balistique de la Corée du Nord remontait à il y a prÚs d'un an, le 29 mars 2020. "Cela menace la paix et la sécurité de notre pays et de la région. C'est aussi une violation de la résolution de l'ONU", a déclaré le chef du gouvernement japonais.

Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent au pouvoir de Pyongyang la poursuite de ses programmes d'armements nucléaires et de missiles balistiques. Mais la Corée du Nord, bien que frappée par de multiples sanctions internationales, a rapidement développé ces derniÚres années ses capacités militaires sous la direction de son leader Kim Jong Un.

Elle a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succÚs des missiles balistiques capables d'atteindre les Etats-Unis. La Corée du Nord avait lancé deux missiles dimanche peu aprÚs une visite à Séoul du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et du secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Il s'agissait du premier tir nord-coréen connu depuis l'arrivée à la Maison Blanche du président Joe Biden.

Mais des responsables américains avaient indiqué par la suite qu'il s'agissait de deux missiles de courte portée, non balistiques. Ces responsables avaient donc minimisé l'importance des tirs en expliquant que ces engins étaient classés "dans la catégorie des activités militaires normales du Nord".

Ces tirs "ne sont pas sanctionnés par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU contre le programme de missiles balistiques" de Pyongyang, avait précisé un responsable américain sous couvert de l'anonymat.

Le prĂ©sident Biden lui-mĂȘme avait dĂ©clarĂ© Ă  des journalistes Ă  propos des tirs de dimanche: "Selon le dĂ©partement de la DĂ©fense, c'est quelque chose d'ordinaire". La tournĂ©e dans la rĂ©gion de MM. Blinken et Austin avait pour objectif de discuter avec les alliĂ©s des Etats-Unis de questions de sĂ©curitĂ© liĂ©es en particulier au potentiel de la CorĂ©e du Nord en matiĂšre d'armement nuclĂ©aire et de missiles Ă  longue portĂ©e.

- "Théorie démente" -

Pendant leurs visites à Séoul et à Tokyo, les deux responsables américains ont insisté à plusieurs reprises sur l'importance d'une dénucléarisation de la Corée du Nord. En réponse, Choe Son Hui, premiÚre vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangÚres, a sévÚrement attaqué "le nouveau régime" en place aux Etats-Unis, sans jamais nommer le président Biden.

Depuis son commencement, la nouvelle administration n'a fait qu'exposer "sa théorie démente de 'la menace de la RPDC' et sa rhétorique sans fondement sur une 'dénucléarisation complÚte'", a déclaré cette haute responsable, utilisant l'acronyme du nom officiel du pays, la République populaire démocratique de Corée.

La présidence de Donald Trump avait donné lieu dans un premier temps à des échanges d'insultes et de menaces de guerre nucléaire entre MM. Trump et Kim, puis à une extraordinaire lune de miel diplomatique marquée par les sommets historiques de Singapour et de Hanoï entre les deux dirigeants.

Ces relations n'avaient toutefois pas conduit à des avancées vers une dénucléarisation de la Corée du Nord. Le sommet de Hanoï en février 2019 avait échoué sur la question de l'allÚgement des sanctions réclamé par Pyongyang en échange d'éventuelles mesures de désarmement.

Le lancement de jeudi "signale le début d'une pression de Pyongyang sur Washington pour des discussions sur le nucléaire", a déclaré à l'AFP Yoo Ho-yeol, professeur émérite d'études nord-coréennes à l'Université de Corée. Des responsables américains ont déclaré que l'administration Biden avait tenté depuis son arrivée d'entrer en contact avec Pyongyang par plusieurs canaux mais qu'elle n'avait pas obtenu de réponse.

AFP

guest
0 Commentaires