Le président espÚre des compromis

La droite adoube Barnier et exige une "rupture", Macron plaide pour une "Ăšre nouvelle"

  • PubliĂ© le 13 septembre 2024 Ă  09:01
  • ActualisĂ© le 13 septembre 2024 Ă  12:11
Le Premier ministre Michel Barnier (c) s'adresse aux médias aprÚs avoir visité l'Institut national de l'énergie solaire (Ines) au Bourget-du-Lac, le 12 septembre 2024 en Savoie ( AFP / JEFF PACHOUD )

La droite annonce la couleur, Emmanuel Macron espÚre des "compromis": en promettant à Michel Barnier leur "soutien trÚs clair" en échange d'une politique de "rupture", Les Républicains (LR) ont engagé jeudi le rapport de force avec le camp macroniste, partenaire pourtant indispensable dans le futur gouvernement.

Dans sa premiÚre prise de parole sur ce dossier depuis la nomination du nouveau Premier ministre, le président de la République a évoqué une "Úre nouvelle" avec un Parlement fragmenté, situation qui va "supposer des compromis" entre les forces politiques.

"C'est dans la durée, dans la pratique, que les choses vont se faire naturellement. Mais j'espÚre aussi que les compromis se tisseront pour le pays parce que c'est ce dont on a besoin", a affirmé le chef de l'Etat depuis Le Havre, aprÚs une visite autant commémorative que politique aux cÎtés... d'Edouard Philippe, candidat à sa succession.

Mais Ă  l'autre bout de la France, en Haute-Savoie oĂč ils organisaient leurs journĂ©es parlementaires, Les RĂ©publicains ont tenu tout sauf un discours de "compromis", aprĂšs avoir reçu Michel Barnier en grande pompe au bord du lac d'Annecy, dans une atmosphĂšre de rĂ©union de famille.

"Les Français ne veulent pas que ça continue comme avant. Ils veulent qu'il y ait de la rupture (...) On a besoin d'une politique de droite pour qu'il n'y ait pas de hausse d'impÎts, pour qu'il y ait plus de sécurité, pour qu'il y ait moins d'immigration", a martelé le chef des députés LR Laurent Wauquiez, promettant à M. Barnier le "soutien trÚs clair" de tous ses parlementaires.

"Désormais on a la certitude qu'on aura un Premier ministre qui ne sera pas un collaborateur mais un Premier ministre de plein exercice" avec "les coudées franches", a poursuivi le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, estimant que cette nomination ouvrait le chapitre d'une "cohabitation".

Ce mĂȘme parti qui refusait encore catĂ©goriquement d'entrer au gouvernement il y a de cela quelques jours, s'y engouffre dĂ©sormais sans tergiverser...

- "Domaines partagés" -

Le discours du nouveau locataire de Matignon, fermĂ© Ă  la presse, semble avoir sĂ©duit la droite. "Vous ĂȘtes maintenant les bienvenus Ă  Matignon" et "Matignon sera votre maison", leur a-t-il notamment dit, selon plusieurs participants.

Le Premier ministre a également indiqué qu'il reprendrait une partie du "pacte législatif" préparé durant l'été par la droite. Et relancé le débat sur la répartition des rÎles avec l'Elysée: à ses yeux, il n'y a "pas de domaines réservés" au président de la République, mais des "domaines partagés"...

Voilà qui devrait alimenter encore la gourmandise des Républicains, dont les noms fleurissent pour de nombreux ministÚres depuis plusieurs jours - M. Wauquiez à l'Intérieur, M. Retailleau à la Justice, la secrétaire générale Annie Genevard à l'Education...

En début de soirée, une source LR, ambitieuse, réclamait "entre un quart et un tiers des ministres", mais aussi "une cohérence entre l'Intérieur, la Justice et Bercy".

Mais avec seulement 47 élus à l'Assemblée, bien loin des 166 députés du "bloc central" et encore plus de la majorité absolue fixée à 289 élus, la droite pourra-t-elle obtenir tous ces postes ?

C'est tout le casse-tĂȘte auquel se heurte Michel Barnier au coeur d'une semaine d'intenses consultations avec les diffĂ©rentes forces politiques.

Or entre le parti macroniste Renaissance, le parti Horizons d'Edouard Philippe et le MoDem, tous rencontrés entre mardi et mercredi, le nouveau chef de gouvernement doit composer avec des nuances trÚs diverses.

- "Eviter les surenchĂšres" -

Le chef des députés MoDem, Marc Fesneau, a en effet insisté jeudi sur la nécessité "d'éviter les surenchÚres". "Personne n'imaginerait que Les Républicains à eux seuls préemptent les postes importants", a-t-il prévenu, exigeant un "équilibre gouvernemental".

Le bureau exécutif de Renaissance, réuni mercredi soir, n'a lui toujours pas acté sa participation, préférant poursuivre les "discussions programmatiques" et érigeant en "impératif" la présence de la gauche comme de la droite et du centre dans la nouvelle équipe...

Une Ă©quation complexe, alors que la gauche balaye pour le moment toutes les approches et aura du mal Ă  ĂȘtre convaincue par la position droitiĂšre assumĂ©e de Laurent Wauquiez.

De son cÎté, Michel Barnier a promis que "chacun aura sa place" dans la future équipe.

"Je vais constituer le gouvernement la semaine prochaine avec des ministres sérieux et un gouvernement qui sera équilibré, représentatif, pluriel et naturellement (avec) ma famille politique", a-t-il affirmé, promettant par exemple de "maßtriser" l'immigration avec "de la rigueur et de la ténacité" mais aussi avec "humanité".

AFP

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7 Commentaires
HULK
HULK
1 an

La "gauche"? Mdr. L'extrĂȘme gauche,de la mĂȘme façon que vous labellisez l'autre camp "l'extrĂȘme droite". Soyez intellectuellement honnĂȘte.

HULK
HULK
1 an

MACRON veut tout simplement continuer Ă  faire du MACRON. J'espĂšre qu'il en sera empĂȘchĂ©.

FELIN
FELIN
1 an

SAUF ne pas limiter L'IMIGRATION !!!!

Missouk
Missouk
1 an

BientÎt une série Netflix sur le braquage du siÚcle...

Dom
Dom
1 an

Habituer les gens à l'inacceptable . Faire comme si on avait gagné en ayant perdu

Eve
Eve
1 an

2 blocs donc : l'extrĂȘme droite avec RN+LR+MODEM + HORIZON +ENSEMBLE et la GAUCHE avec le NFP
Macron a bien éclairci le paysage politique

Man974
Man974
1 an

Du blabla, que du blabla et rien que du blabla...
Ces laquais (ils servent les intĂ©rĂȘts des puissants) de l'extrĂȘme-Centre macroniste de la Droite extrĂȘme barnieriste et de l'extrĂȘme-Droite lepeniste se sont assis sur le vote des français et se sont alliĂ©s pour continuer les mĂȘmes politiques iniques et ne surtout pas appliquer le programme du Nouveau Front Populaire, qui aurait remis beaucoup de justice Ă©conomique (SMIC Ă  1600€, blocage des prix, indexation des salaires sur l'inflation, revalorisation des pensions de retraite, 12 tranches d'impĂŽts,...), sociale (abrogation de la retraite Ă  64 ans, gel des loyers, allocation jeunesse Ă  1063€, 1 milliard pour la lutte contre les violences faites aux femmes,...) et Ă©cologique (arrĂȘt des pesticides, Ă©nergies renouvelables, ISF climatique, taxation des jets privĂ©s,...).
Bon courage, les "riens " !