Primaire

La droite se concerte en ordre dispersé pour 2022

  • PubliĂ© le 20 juillet 2021 Ă  22:31
  • ActualisĂ© le 21 juillet 2021 Ă  05:14
Le parti Les Républicains réunit plusieurs candidats potentiels de la droite à l'élection présidentielle, sans Xavier Bertrand, pour tenter de s'entendre en amont du scrutin

Cinq candidats potentiels de la droite à l'élection présidentielle sont convenus, lors d'une réunion mardi à Paris sous l'égide du parti Les Républicains, d'une "candidature unique" en 2022, alors que le prétendant déjà déclaré ex-LR Xavier Bertrand, qui était absent, refuse à ce stade de participer à une primaire.

"Cette premiĂšre rĂ©union est une dĂ©monstration d'unitĂ© et de loyautĂ©. Chacun de ses participants s'est engagĂ© Ă  respecter une rĂšgle commune dans une dĂ©marche collective qui permette le rassemblement autour d’un seul candidat", ont fait valoir dans un communiquĂ© les "parrains" de la rencontre, le prĂ©sident de LR Christian Jacob, le prĂ©sident du SĂ©nat GĂ©rard Larcher et le maire d'Antibes Jean Leonetti, chargĂ© d'une mission sur le "processus de rassemblement" des candidats potentiels en 2022.

"La victoire est à portée de main et nos électeurs ne nous pardonneraient pas la division", a souligné devant la presse le président de LR Christian Jacob, qui rencontrera Xavier Bertrand mercredi matin au Sénat, toujours avec MM. Larcher et Leonetti.

"L'équipe de France, c'est nous qui l'avons. Monsieur Macron en est réduit au débauchage parce qu'il est incapable de rassembler" et "madame Le Pen parle de gouvernement d'union nationale parce qu'elle est incapable d'aligner trois personnes qui ressembleraient à des ministres", a-t-il fait valoir, en rappelant les victoires de son parti aux élections municipales et régionales.

Les candidats potentiels (Michel Barnier, Philippe Juvin, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez) se sont éclipsés à l'issue de la rencontre, qui a duré deux heures, dans un hÎtel prÚs de l'Opéra Garnier, aprÚs avoir posé pour une photo de groupe, loin des caméras. "Il y avait beaucoup plus d'amitié que de tensions ou d'amertume" à cette rencontre, s'est félicité M. Leonetti.

- "Jalons" de primaire -

Hormis le principe d'une candidature "unique", les responsables de la droite ont "posé quelques jalons" en vue d'une éventuelle primaire, selon M. Jacob, et ce malgré ses réticences sur ce processus, synonyme pour la direction de LR de "machine à perdre".

Le parti a fixé le 25 septembre comme date butoir pour que les candidats putatifs s'entendent. Si cette hypothÚse optimiste ne se réalise pas, un congrÚs décidera à l'automne d'un processus de départage,

Ce processus de sĂ©lection, proposĂ© au vote des militants au congrĂšs, sera "ouvert Ă  l’ensemble des militants et sympathisants de la droite et du centre". Et il sera demandĂ© Ă  chaque candidat 250 parrainages, soit la moitiĂ© de ce qui est exigĂ© pour un candidat Ă  l'ElysĂ©e, prĂ©cise le communiquĂ©.

Le maire de la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) Philippe Juvin a souhaité à l'issue de la rencontre que Xavier Bertrand, qui s'est déjà déclaré candidat à l'Elysée, "participe à la compétition".

"Malgré son talent et sa détermination, (Xavier Bertrand) ne pourra pas gagner seul non plus", a affirmé M. Leonetti. "Il nous faut un candidat unique, pas un candidat solitaire", avait affirmé avant la réunion l'ancien négociateur du Brexit Michel Barnier.

Valérie Pécresse, pour qui une primaire "trÚs largement ouverte" reste la "seule solution démocratique", a d'ores et déjà promis de faire "entendre (sa) voix" au cours de l'été. "L'heure des femmes est venue", a-t-elle affirmé dans La Provence début juillet.

- Cavalier seul -

M. Bertrand entend lui se poser en rassembleur de sa famille politique, au risque d'engager un bras de fer avec son ancien parti. "J'ai une responsabilité particuliÚre, à moi de conduire ce rassemblement", "en restant sur une ligne qui est la mienne", a-t-il dit récemment.

Xavier Bertrand a "plus que jamais" une chance d'ĂȘtre le candidat de la droite, a estimĂ© mardi le chef de file des dĂ©putĂ©s LR Damien Abad, qui le soutient.

Il est pour l'instant le mieux placĂ© avec 18% d'intentions de vote selon un sondage publiĂ© le 4 juillet, contre 14% Ă  ValĂ©rie PĂ©cresse et 13% Ă  Laurent Wauquiez, mĂȘme s'il demeure derriĂšre Emmanuel Macron (24%) et Marine Le Pen (26%).

Mais ce cavalier seul fait grincer des dents Ă  droite. "L'homme ou la femme providentielle que certains espĂ©raient ne s'est pas imposĂ©", ont affirmĂ© ValĂ©rie PĂ©cresse, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, ainsi que HervĂ© Morin (Les Centristes), dans une tribune au journal Le Figaro le 5 juillet, oĂč ils rĂ©clament l'organisation, "dĂšs que possible", d'une primaire.

AFP

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