Sport

La F1 inaugure en Autriche ses Grands Prix "d'aprĂšs"

  • PubliĂ© le 2 juillet 2020 Ă  14:54
  • ActualisĂ© le 2 juillet 2020 Ă  14:58
Les employés finalisent les préparatifs du GP d'Autriche sur le circuit de Spielberg, le 1er juillet 2020, à quatre jours de la reprise de la F1

Équipes rĂ©duites et isolĂ©es les unes des autres, masque indispensable, confĂ©rences de presse virtuelles la Formule 1 se retrouve jeudi en Autriche pour son premier Grand Prix de 2020 et de l'Ăšre du coronavirus, Ă  l'issue sportive incertaine.

Parmi les premiÚres grandes compétitions internationales à reprendre, la catégorie reine du sport automobile se sait scrutée. Elle a donc tenté de ne rien laisser au hasard en édictant un code de conduite auquel doivent adhérer tous ceux qui ont accÚs au Red Bull Ring, dans les montagnes de Styrie au centre du pays, ce week-end et le suivant, pour un second Grand Prix.

Clés de voute de ce protocole sanitaire: tester les participants tous les cinq jours et limiter au maximum les contacts non nécessaires, pour ne pas risquer une annulation aprÚs une contamination, comme en mars en Australie, voire une flambée de cas positifs comme à l'Adria Tour du tennisman Novak Djokovic récemment.

Les téléspectateurs découvriront donc de vendredi à dimanche un paddock fantÎme et des tribunes désertées, le GP se disputant à huis clos. "Il faudra tùcher de faire le spectacle" en piste, exhorte du coup le Néerlandais Max Verstappen, dont l'écurie Red Bull est à domicile. Il y a quelques raisons d'espérer en ce sens.

- "Scénario sans précédent" -

"La premiĂšre course de la saison est souvent chaotique et c'est lĂ  que des opportunitĂ©s se prĂ©sentent", rappelle le team principal d'Alfa Romeo, FrĂ©dĂ©ric Vasseur. D'autant qu'on ne peut ĂȘtre sĂ»r de l'Ă©quilibre des forces. Certes, Mercedes a dominĂ© les essais hivernaux en fĂ©vrier, devant Red Bull, puis Ferrari et un milieu de peloton trĂšs dense, mais tous attendront les qualifications samedi pour dĂ©voiler l'Ă©tendue de leur jeu.

Certaines écuries, comme Mercedes, Red Bull ou encore Renault (équipe du revenant français Esteban Ocon, privé de baquet en 2019), feront aussi rouler des voitures déjà bien évoluées, quand la Scuderia, moins satisfaite de ses trouvailles, attendra le troisiÚme GP en Hongrie dans deux semaines. Le format inédit de cette saison apporte également son lot de surprises potentielles.

Les dix premiĂšres manches annulĂ©es ou reportĂ©es, ainsi que Singapour et le Japon plus tard dans l'annĂ©e, le championnat sera plus court que les 22 initialement programmĂ©es. Huit ont Ă©tĂ© officialisĂ©es en Europe jusqu'Ă  septembre et la F1 espĂšre pouvoir en organiser entre 15 ou 18 d'ici mi-dĂ©cembre. "Nous ne savons mĂȘme pas combien de courses nous allons faire, c'est un scĂ©nario sans prĂ©cĂ©dent, donc chaque point sera absolument crucial", rĂ©sume l'Espagnol Carlos Sainz Jr, qui quittera McLaren pour Ferrari en 2021.

Avec moins d'occasions d'effacer ses erreurs, il faudra des voitures fiables et des pilotes prudents, mais aussi de l'audace pour ne pas laisser passer sa chance.

- "Plus de pression" -

Enfin, il y a le dĂ©fi mĂȘme qu'offre le Red Bull Ring, circuit court (4,318 km) et aux virages piĂ©geux qui requiert "d'ĂȘtre trĂšs prĂ©cis", pointe le Mexicain Sergio PĂ©rez (Racing Point), pour qui "il y a plus de pression qu'Ă  l'accoutumĂ©e sur un tour". Techniquement, il faut aussi composer avec la perte d'appuis aĂ©rodynamiques et les problĂšmes de refroidissement posĂ©s par l'altitude (677 m).

Souvent dominatrices ailleurs, les FlÚches d'argent y ont connu des déconvenues ces derniÚres années (double abandon en 2018, 3e et 5e en 2019), quand Red Bull et Verstappen restent sur deux succÚs consécutifs. S'ils réalisaient la passe de trois, voire de quatre la semaine suivante, cela pourrait changer la physionomie d'une discipline archi-dominée par Mercedes depuis 2014.

Attention d'ailleurs Ă  la couleur des monoplaces allemandes, noires cette annĂ©e en soutien au mouvement contre le racisme "Black Lives Matter" cher au pilote britannique Lewis Hamilton, qui Ă©galerait la lĂ©gende Michael Schumacher s'il dĂ©crochait un septiĂšme titre mondial en fin de saison. La F1 elle-mĂȘme a ornĂ© paddock et voitures d'arcs-en-ciel et du slogan "We race as one" (unis dans la course) pour saluer les luttes contre le Covid-19 et contre les discriminations.

Nouvelle livrée blanc, bleu clair et bleu foncé pour Williams aussi. Fini le rouge du sponsor ROKiT qui a récemment lùché l'équipe britannique, au sein de laquelle le Canadien Nicholas Latifi fait enfin ses débuts en F1.

AFP

guest
0 Commentaires