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La Fifa choisit son président, Sexwale se retire

  • PubliĂ© le 26 fĂ©vrier 2016 Ă  18:05
Les délégués lors du vote pour l'élection du nouveau président de la Fifa, le 26 février 2016 à Zurich

La Fifa, cernée par la justice et à l'image ravagée par les scandales de corruption, a commencé vendredi à voter pour désigner le successeur de Joseph Blatter à la présidence parmi quatre candidats encore en lice, le Sud-Africain Tokyo Sexwale s'étant retiré.


L'élection tant attendue du nouveau président a démarré à 13h50 (12h50 GMT) par le vote de 207 fédérations sur les 209 membres de l'instance mondiale, l'Indonésie et le Koweït, suspendus, en ayant été privés par le CongrÚs en début de matinée. Le 1er tour devrait durer 1h40 selon la Fifa.
Ils ne sont plus que quatre Ă  briguer la succession de "Sepp" Blatter, qui a dirigĂ© l'instance mondiale durant 17 ans avant d'ĂȘtre forcĂ© Ă  la dĂ©mission le 2 juin 2015, trois jours Ă  peine aprĂšs sa réélection pour un 5e mandat. Juste avant le dĂ©but de l'Ă©lection, Tokyo Sexwale, ex-militant anti-apartheid et ancien compagnon de route de Nelson Mandela, dont les chances Ă©taient quasi nulles, a annoncĂ© qu'il abandonnait la bataille pour se mettre "au service du futur prĂ©sident".
Deux favoris se détachent toujours largement: le Cheikh Salman (50 ans), président bahreïni de la Confédération asiatique (AFC), et le juriste italo-suisse Gianni Infantino (45 ans), secrétaire général de l'UEFA. Dans son discours juste avant le vote, ce dernier a promis de "redistribuer 25% des revenus de la Fifa aux fédérations" en cas de victoire.
Les deux autres candidats ne devraient faire que de la figuration: le prince jordanien Ali (unique concurrent de Blatter au scrutin de 2015), et le Français JérÎme Champagne (ex-secrétaire général adjoint de la Fifa).
Il faut 138 voix (les deux tiers des suffrages) pour ĂȘtre Ă©lu au premier tour et 104 (la majoritĂ© simple) en cas de deuxiĂšme.
- Afrique, juge de paix -
Le Cheikh Salman et Infantino peuvent chacun compter sur le soutien officiel de leur continent, l'Asie (46 voix) pour Salman et l'Europe (53) pour Infantino. Mais le front asiatique s'est quelque peu effrité: outre la mise hors-jeu du Koweit et de l'Indonésie, l'Australie, également membre de l'AFC, a assuré pencher pour le Prince Ali.
Les Etats-Unis ont fait de mĂȘme, alors que le Canada a annoncĂ© son soutien Ă  Infantino, qui a Ă©galement celui de l'AmĂ©rique du Sud (10) et centrale (7). Les autres pays du continent amĂ©ricain et l'OcĂ©anie (11) n'ont pas donnĂ© de consigne de vote.
Mais c'est surtout la position de l'Afrique, traditionnel juge de paix de l'Ă©lection Ă  la prĂ©sidence de la Fifa, qui risque d'ĂȘtre une nouvelle fois dĂ©cisive.
La Confédération africaine (CAF), qui dispose du plus gros réservoir de voix (54), a officiellement appelé à voter pour le Cheikh Salman. Mais Infantino a bon espoir d'avoir retourné certaines fédérations. Son étiquette d'"Européen" et de technocrate siglé UEFA constituent cependant de sérieux handicaps.
- Salman critiqué -
Le BahreĂŻni est lui fragilisĂ© par les critiques des ONG de dĂ©fense des droits de l'Homme sur son rĂŽle prĂ©sumĂ© dans la rĂ©pression du soulĂšvement dĂ©mocratique dans son pays en 2011. Une poignĂ©e de manifestants anti-Salman s'est mĂȘme postĂ©e devant le Hallenstadion, centre des congrĂšs de Zurich oĂč la Fifa s'est rĂ©unie.
La tĂąche du successeur de Blatter promet, quoi qu'il en soit, d'ĂȘtre herculĂ©enne: il s'agit de restaurer auprĂšs du grand public et des sponsors une crĂ©dibilitĂ© et une confiance en ruines.
Et son poste promet d'ĂȘtre exposĂ©. Aura-t-il Ă  gĂ©rer les suites de nouvelles poursuites judiciaires ? Cette Ă©ventualitĂ© est dans toutes les tĂȘtes.
"L'avenir de la Fifa est en jeu aprÚs une année de crise, a d'ailleurs déclaré à la tribune Issa Hayatou, président par intérim depuis la suspension de Blatter. Nous avons l'occasion de rectifier le tir."
A quoi il faut ajouter un "environnement Ă©conomique difficile", selon les mots employĂ©s par Markus Kattner. MalgrĂ© des rĂ©serves de 1,5 milliard de dollars, la Fifa est "en retard de 550 millions de dollars" (500 M EUR) sur ses objectifs financiers d'ici Ă  2018, a annoncĂ© le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral par intĂ©rim. Ce dernier a tout de mĂȘme maintenu "l'objectif de chiffre d'affaires de 5 milliards de dollars pour la pĂ©riode 2015-2018".
Selon une source proche de l'organisation, la Fifa devrait enregistrer en 2015 des pertes un peu supérieures à 100 millions de dollars.
En attendant l'élection du président, le CongrÚs a validé le train de réformes censé restaurer une image largement écornée. Ces mesures visent essentiellement à améliorer la gouvernance avec une limitation à 12 ans du cumul des mandats du président, à contrÎler de l'intégrité des élus et à augmenter la transparence des flux financiers et des rémunérations.


Par Francois BECKER - © 2016 AFP
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