Aviation

La France et les Pays-Bas prennent l'avenir d'Air France-KLM en main

  • PubliĂ© le 1 mars 2019 Ă  16:38
  • ActualisĂ© le 1 mars 2019 Ă  16:45
Le ministre de l'Economie  Bruno Le Maire (d) et son homologue Wopke Hoekstra (g) lors d'une conférence de presse à Paris, le 1er mars 2019

La France et les Pays Bas ont décidé de prendre en main l'avenir d'Air France-KLM et mis en place vendredi un groupe de travail sur l'avenir de l'entreprise, aprÚs les fortes tensions déclenchées par la prise de participation surprise des Néerlandais.

"Je suis conscient que notre prise de participation n'est pas trÚs orthodoxe mais elle part de bonnes intentions", a assuré le ministre néerlandais Wopke Hoekstra, à l'issue d'une rencontre d'une heure trente avec son homologue Bruno Le Maire. L'irruption mardi de l'Etat néerlandais au sein du capital d'Air France-KLM avec une prise de participation de 14%, proche de celle de l'Etat français (14,3%) avait fait l'effet d'une douche froide à Paris. Bercy avait évoqué une décision "inamicale" et des méthodes de "trader". Le président Emmanuel Macron était monté au créneau pour demander aux Pays-Bas de "clarifier leurs intentions".

Vendredi la tension semblait ĂȘtre retombĂ©e, les deux ministres assurant suivre le mĂȘme objectif, celui d'amĂ©liorer la compĂ©titivitĂ© du groupe et de consolider son dĂ©veloppement, dans un "environnement complexe" et dans un "marchĂ© trĂšs concurrentiel". "La France et les Pays Bas sont des partenaires europĂ©ens et des amis, nous voulons aujourd'hui ouvrir une nouvelle page de l'histoire d'Air France-KLM", a expliquĂ© M. Le Maire.
"Nous regardons vers l'avenir", a expliquĂ© pour sa part M. Hoekstra affirmant la volontĂ© des Pays Bas de "bĂątir une meilleure compagnie et de s'assurer que les intĂ©rĂȘts des deux pays soient pris en compte".

Pour solder les incompréhensions entre les deux pays, les deux ministres ont convenu de mettre en place un groupe de travail présidé par Martin Vial, le directeur général de l'Agence de participations de l'Etat (PAE) et son homologue Chritiaan Rebergen, trésorier général du ministÚre des Finances néerlandais. Ce groupe de travail, qui doit rendre ses conclusions fin juin, "visera à renforcer la coopération entre la France et les Pays-Bas avec comme objectifs la bonne gouvernance du groupe Air France-KLM, son développement, sa croissance et l?amélioration des résultats", selon un communiqué conjoint des deux ministres.

"RĂšgles de bonne conduite"

Plusieurs points seront examinĂ©s, selon ce texte, dont les "participations des deux Etats" dans Air France-KLM et "la structure de capital de KLM et d'Air France", "les rĂšgles de gouvernance et le respect par les deux Etats de rĂšgles de bonne conduite", "la composition du Conseil d'administration" et "la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts" des hubs de Paris?Charles de Gaulle et d'Amsterdam-Schiphol. Au cours de ce processus, seront Ă©galement abordĂ©s les questions sur les "visions respectives sur la stratĂ©gie de long terme d'Air France-KLM". Les accords du 16 octobre 2003, qui avaient scellĂ© le rapprochement des deux compagnies, figurent Ă©galement parmi les points abordĂ©s. Le rĂ©sultat final "devra ĂȘtre Ă©quitable et Ă©quilibrĂ© pour les deux parties", selon le communiquĂ©. Les NĂ©erlandais avaient expliquĂ© leur raid boursier par leurs doutes sur la stratĂ©gie du groupe.

"La position de KLM s'est sans cesse Ă©rodĂ©e ces derniers mois", avait dĂ©plorĂ© M. Hoekstra. L'une des craintes de La Haye est aussi qu'Ă  terme, une grande partie des vols de KLM ne soit transfĂ©rĂ©e Ă  Paris, ce qui ferait perdre Ă  l'aĂ©roport de Schiphol sa fonction de hub. Le blitz boursier est intervenu au terme d'un bras de fer autour de la reconduction du mandat du patron de KLM Pieter Elbers, finalement confirmĂ©e le 19 fĂ©vrier. Les tensions semblaient dissipĂ©es: M. Elbers a mĂȘme dĂ©crochĂ© le poste de directeur gĂ©nĂ©ral adjoint au cĂŽtĂ© du Canadien Benjamin Smith, arrivĂ© en septembre Ă  la tĂȘte du groupe et auquel les deux ministres ont "rĂ©affirmĂ© leur soutien" vendredi. Fort du succĂšs de la signature d'accords salariaux chez Air France, M. Smith avait rĂ©affirmĂ© rĂ©cemment son intention de faire d'Air France-KLM un "leader en Europe". MĂȘme si Air France pĂšse plus lourd que KLM dans l'alliance, en termes de chiffre d'affaires (16 milliards d'euros en 2018 contre 11 pour le nĂ©erlandais), KLM et ses pilotes ont toujours eu la sensation, depuis la fusion de 2004, de contribuer davantage Ă  la rentabilitĂ© que leurs homologues français. La marge d'exploitation de KLM Ă©tait de 9,8% en 2018 et de seulement 1,7% pour Air France.

AFP

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