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La France peaufine son plan de déconfinement

  • PubliĂ© le 27 avril 2020 Ă  20:39
  • ActualisĂ© le 27 avril 2020 Ă  21:29
Deux enfants dans une rue déserte de Nantes, pour cause de confinement, le 27 avril 2020

Le gouvernement français planche lundi sur les ultimes arbitrages pour peaufiner le périlleux plan de déconfinement qu'il présentera mardi devant les députés, alors que le chÎmage affiche une hausse historique pour le mois de mars.

Ce plan sera dévoilé mardi aprÚs-midi à l'Assemblée nationale par le Premier ministre Edouard Philippe, avec un vote dans la foulée malgré les protestations de partis d'opposition. Ils réclamaient un report du vote à mercredi.

C'est "une brutalité de plus", a dénoncé sur Twitter Jean-Luc Mélenchon (LFI), tandis que le patron des députés LR Damien Abad demande "24 heures de plus pour un travail de fond en commission et la consultation de nos collÚgues qui ne pourront siéger". C'est un véritable exercice d'équilibriste auquel le gouvernement doit se livrer: relancer l'économie sans relancer l'épidémie.

La crise s'est traduite trÚs concrÚtement dans les chiffres du chÎmage en mars, avec une hausse record de 7,1% sur un mois (+246.100 personnes). Résultat, le ministÚre du Travail dit vouloir engager "une réflexion avec les partenaires sociaux" pour "adapter rapidement" les rÚgles d'assurance chÎmage. Les syndicats réclamaient unanimement, dÚs avant la crise sanitaire, que le gouvernement abandonne entiÚrement sa réforme de l'assurance chÎmage.

Il a suspendu jusqu'en septembre un volet qui durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs précaires, alternant contrats courts et périodes de chÎmage, et qui devait entrer en vigueur au 1er avril. Ce sont eux qui se sont inscrits à PÎle emploi en mars.

- Amélioration dans les hÎpitaux -

Cela fait presque six semaines que le pays est confiné pour freiner la propagation du nouveau coronavirus qui a fait depuis le 1er mars 22.856 morts dans le pays, dont 242 nouveaux décÚs en 24 heures. Parmi les morts: l'ancien sénateur Henri Weber, cofondateur de la Ligue communiste révolutionnaire, figure de la gauche et de mai 68, décédé à 75 ans.

La situation dans les hÎpitaux s'améliore encore un peu avec 152 décÚs en 24 heures --bilan quotidien le plus faible en cinq semaines-- et une baisse continue depuis dix-huit jours des patients en réanimation pour Covid-19 (4.682 personnes).

Un mĂ©dicament, le tocilizumab, pourrait ĂȘtre une piste pour les patient dans un Ă©tat grave, en rĂ©duisant la proportion de ceux qui doivent passer en rĂ©animation, selon une Ă©tude française non encore publiĂ©e rĂ©vĂ©lĂ©e par l'Assistance publique-hĂŽpitaux de Paris (AP-HP). Mais les services de rĂ©animation/soins intensifs --qui comptaient 5.000 lits avant la crise-- restent sous pression avec encore 7.553 hospitalisĂ©s, toutes causes confondues.

Le groupe Korian, leader europĂ©en des maisons de retraites, a comptabilisĂ© 606 dĂ©cĂšs liĂ©s au Covid-19 sur le territoire français, sur 23.000 rĂ©sidents. A deux semaines du dĂ©but du dĂ©confinement, les questions sont nombreuses: oĂč rendre les masques obligatoires? Quels tests et pour qui? RĂ©ouverture des commerces partout ou par rĂ©gions? Quid des entreprises? Et les vacances d'Ă©tĂ©? Le Conseil scientifique chargĂ© d'Ă©clairer le gouvernement a livrĂ© samedi soir ses recommandations pour une "levĂ©e progressive et contrĂŽlĂ©e du confinement".

- Avis des pédiatres -

Divergence notable avec les choix gouvernementaux, il préconise que crÚches et établissements scolaires restent fermés jusqu'en septembre mais a pris "acte de la décision politique" de les rouvrir progressivement dÚs mai, en "prenant en compte les enjeux sanitaires mais aussi sociétaux et économiques". "Le conseil scientifique est là pour donner un certain nombre d'informations mais c'est le pouvoir politique qui décide", a expliqué à l'AFP son président, Jean-François Delfraissy.

Pour la rentrĂ©e scolaire, qui doit ĂȘtre progressive, le conseil prĂ©conise notamment le port obligatoire d'un masque antiprojections dans les collĂšges et lycĂ©es, pour le personnel et les Ă©lĂšves.

Les experts suggĂšrent aussi le dĂ©jeuner en classe, la prise de tempĂ©rature Ă  la maison chaque matin avant l'Ă©cole et des stratĂ©gies pour Ă©viter les brassages d'Ă©lĂšves. Mais ils Ă©cartent la faisabilitĂ© et l'intĂ©rĂȘt d'un dĂ©pistage massif. Cette note devrait servir de "base", a jugĂ© Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale.

Les pĂ©diatres, par la voix de leurs instances, se sont pour leur part dĂ©clarĂ©s favorables lundi au retour des enfants Ă  l'Ă©cole, "dans le respect des mesures barriĂšres dont l'application doit ĂȘtre adaptĂ©e aux diffĂ©rentes tranches d'Ăąges", faisant valoir qu'ils sont peu touchĂ©s par les formes graves de la maladie et "moins souvent porteurs du Sars-Cov-2 que l'adulte".

Au-delà des questions scolaires, le Conseil scientifique préconise d'autoriser les déplacements entre régions par transports en commun si les mesures de précaution sont respectées. Il déconseille cependant "fortement" les déplacements internationaux pendant encore quelques mois. Les principaux syndicats de la SNCF et de la RATP s'inquiÚtent des conditions du déconfinement dans les trains, RER et métro.

Pourra-t-on alors partir en vacances cet été? "Les deux mois qui viennent sont cruciaux", a expliqué Franck Chauvin. "Si le nombre de nouveaux cas par jour commence à ré-augmenter, c'est que l'épidémie va repartir, et donc il va falloir reprendre des mesures".

AFP

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