Le Premier ministre Jean Castex préside vendredi aprÚs-midi une cérémonie nationale d'hommage aux six jeunes Français tués dimanche lors d'une attaque au Niger, aprÚs l'arrivée de leurs dépouilles en France.
Un avion transportant les corps de Myriam, Stella, Nadifa, Charline, Antonin et Léo a atterri dans la matinée à l'aéroport d'Orly, prÚs de Paris, en provenance de Niamey.
Jean Castex est attendu au pavillon d'honneur de l'aĂ©roport Ă 15H30 pour y rencontrer les familles avant de prĂ©sider la cĂ©rĂ©monie d'hommage qui se dĂ©roulera Ă 16H00 dans l'intimitĂ©, sans la prĂ©sence des mĂ©dias. Il sera accompagnĂ© par Eric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, et Jean-Baptiste Lemoyne, secrĂ©taire dâEtat auprĂšs du ministre des Affaires Ă©trangĂšres, chargĂ© notamment des Français de lâĂ©tranger.
Le Premier ministre prendra la parole pour saluer la mĂ©moire de ces six jeunes qui ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s avec leur chauffeur et leur guide nigĂ©riens alors qu'ils visitaient la rĂ©serve de girafes de KourĂ©, Ă 60 km au sud-est de la capitale Niamey, oĂč ils Ă©taient basĂ©s.
"C'est important que la Nation puisse leur rendre hommage", a souligné JérÎme Bertin, le directeur général de France Victimes, spécialisée dans l'aide aux victimes, sur Cnews. "Les familles souhaitent que leur engagement soit vraiment cité" car "ce ne sont pas des touristes qui sont morts au Niger mais des jeunes gens engagés pour aider la population de ce pays", a-t-il ajouté.
- "Engagement remarquable" -
Cinq jours plus tard, l'attaque menĂ©e par des hommes armĂ©s se dĂ©plaçant Ă moto n'a toujours pas Ă©tĂ© revendiquĂ©e. Mais son caractĂšre "terroriste" ne fait aucun doute selon le prĂ©sident Emmanuel Macron et son homologue nigĂ©rien Mahamadou Issoufou. Et les experts pointent du doigt l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), actif dans la zone des "trois frontiĂšres" (Mali, Niger, Burkina Faso) oĂč il est pourchassĂ© par les armĂ©es nationales et la force française Barkhane, qui dĂ©ploie plus de 5.000 hommes au Sahel.
"La France veillera à ne pas laisser impuni ce crime odieux", a assuré mardi Jean Castex, en dénonçant une "lùcheté difficilement descriptible". Pour sa part, Emmanuel Macron a affirmé la détermination de Paris à "poursuivre l'action pour éradiquer les groupes terroristes" au Sahel. Le président a également rendu hommage aux six jeunes Français qui "témoignaient d'un engagement remarquable pour les populations".
AgĂ©s de 25 Ă 30 ans, ces quatre femmes et deux hommes avaient choisi d'ĂȘtre dĂ©ployĂ©s par l'ONG Acted au Niger, oĂč ils venaient notamment en aide aux populations dĂ©placĂ©es par le conflit.
Charline F. Ă©tait une doctorante de 30 ans qui avait notamment passĂ© deux ans au Nigeria. Stella G. s'Ă©tait consacrĂ©e Ă partir de 2015 Ă l'humanitaire, notamment pour Oxfam en Centrafrique. Nadifa L. avait Ă©galement travaillĂ© Ă Bangui pour le ministĂšre français des ArmĂ©es et rĂ©alisait un doctorat sur "la responsabilitĂ© des entreprises exportatrices d'armes". Myriam D. avait rejoint Acted il y a deux ans et Ă©tait passĂ©e par la Tunisie et le Tchad avant de rejoindre le Niger. LĂ©o R., Ă©tudiant de 25 ans, avait rejoint Acted en tant que stagiaire en 2019 et venait d'ĂȘtre envoyĂ© Ă Niamey comme "volontaire". Antonin G., 26 ans, Ă©tait diplĂŽmĂ© de la prestigieuse Ecole normale supĂ©rieure et chercheur en Ă©conomie environnementale.
Les deux victimes nigériennes sont Boubacar G., employé d'Acted et chauffeur du 4X4, et Kadri A., 51 ans, président de l'Association des Guides des Girafes du parc de Kouré.
AprÚs l'attaque, le ministÚre français des Affaires étrangÚres a placé l'ensemble du Niger à l'exception de la capitale Niamey en zone rouge, soit "formellement déconseillée".
Quant à l'ONG Acted, elle a décidé de suspendre temporairement ses activités au Niger mais "il n'est pas question de quitter le pays et la région", selon son président Frédéric de Saint-Sernin.
Une plainte a été déposée mercredi par l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) pour dénoncer la diffusion sur les réseaux sociaux, accompagnée de messages de haines, des photos des victimes de l'attaque. "Des familles, malheureusement, ont vu ces images, qui font des dégùts psychologiques énormes", selon son directeur général, Guillaume Denoix de Saint-Marc.
AFP
