Vers un code de conduite international

La France tente de relancer les négociations internationales sur le cyberespace

  • PubliĂ© le 12 novembre 2018 Ă  13:13
  • ActualisĂ© le 12 novembre 2018 Ă  13:20
Un ordinateur portable infecté par un rançongiciel dans le cadre d'une cyberattaque mondiale, en juin 2017

La France tente lundi de relancer les négociations mondiales pour un code de conduite international sur internet, en présentant un "appel de Paris pour la confiance et la sécurité du cyberespace". L'appel de Paris, signé par plusieurs centaines gouvernements et d'acteurs de l'internet, sera présenté par le président de la République Emmanuel Macron dans un discours à l'Unesco, à l'ouverture du Forum pour la gouvernance d'internet, en présence du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Le nombre exact des signataires et leurs noms seront dévoilés dans la journée.

Ni la Chine, ni la Russie, ni le gouvernement fédéral américain ne devraient figurer parmi les signataires.
Mais une "une majorité" d'Etats européens l'avait déjà paraphé, ainsi qu'une "masse critique" d'acteurs américains, a indiqué l'Elysée.
Le géant américain Microsoft et l'Internet society, une ONG qui défend un internet fiable et ouvert à tous ont tous les deux indiqué avoir signé le texte.

L'appel vise Ă  relancer des discussions sur un code international de bonne conduite sur internet.
Celles-ci sont au point mort depuis 2017, lorsqu'un groupe d'experts mis en place à l'ONU s'est séparé sur un constat d'échec, du fait des divergences entre les grandes puissances de la planÚte.

Dans l'appel, rendu public lundi par l'Elysée, les signataires "réaffirment" leur "soutien à un cyberespace ouvert, sûr, stable accessible et pacifique"
"Nous nous dĂ©clarons rĂ©solus Ă  agir de concert" pour empĂȘcher les cyberactivitĂ©s malveillantes "qui causent des dommages importants, sans discernement ou systĂ©miques", indique Ă©galement le manifeste.

De mĂȘme les signataires s'engagent Ă  dĂ©velopper les capacitĂ©s pour "empĂȘcher des acteurs Ă©trangers de perturber des processus Ă©lectoraux".
Ils promettent Ă©galement d'empĂȘcher des acteurs privĂ©s de rĂ©pliquer aux attaques informatiques par d'autres attaques informatiques, au risque de provoquer un embrasement gĂ©nĂ©ral.
"Cet +appel de Paris+ est un vrai tournant dans la façon d'affronter les problÚmes de cybersécurité dans le monde", a souligné Brad Smith, président de Microsoft, à Paris, lors d'une rencontre dimanche avec des journalistes.
"Le seul moyen de protéger la cybersécurité dans l'avenir est que tout le monde travaille ensemble, les gouvernements, le secteur des technologies et la société civile", a-t-il estimé.

Les derniÚres années ont provoqué une vraie prise de conscience sur les dangers pesant sur le réseau mondial.
En 2017, "il y a eu prÚs d'un milliard de personnes victimes de cyberattaques, les deux principales étant WannaCry et NotPetya, qui émanaient d'Etats", a rappelé Brad Smith.

- Un internet "libre, ouvert et sûr" -

La Corée du Nord est généralement considérée comme étant à l'origine de Wannacry, tandis que NotPetya est attribuée par beaucoup d'experts à la Russie.
Mais ces deux attaques ont vraisemblablement utilisé entre autres du code volé ... à la NSA, la grande agence de renseignement électronique américaine, qui produit aussi des cyber-armes.

Par ailleurs "nous voyons depuis 2016 des attaques utilisant les technologies de l'information pour tenter d'ébranler les processus démocratiques d'autres pays", a également rappelé Brad Smith.
L'Elysée souligne de son cÎté qu'il est temps "d'inventer un mode d'organisation" du réseau mondial, qui repose pour l'essentiel sur la coopération d'acteurs privés.
"C'est un espace géré, mais non gouverné", a regretté un conseiller d'Emmanuel Macron, en pointant le risque de voir l'internet "libre, ouvert et sûr" accéder bientÎt au rang des paradis perdus.

L'appel de Paris doit ĂȘtre l'un des moments forts de la rĂ©union annuelle du Forum de la gouvernance internet, qui rĂ©unit plusieurs milliers de participants Ă  Paris cette semaine.
La France souhaite que le Forum de la gouvernance internet, qui regroupe acteurs étatiques et non-étatiques, organise dans les mois à venir la mise en musique de l'appel de Paris.

D'autres questions numériques seront également discutées cette semaine à Paris.
Emmanuel Macron accueillera lundi pour un déjeuner à l'Elysée des dizaines de représentants du monde de l'internet, qui débattront notamment des possibilités qu'offre le numérique pour renouveler le débat public et la démocratie.
Cette thématique des "govtech" et autre "civtech" est également au centre d'une conférence à l'HÎtel de ville de Paris.

 - © 2018 AFP

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