La Suède va-t-elle assister au retour de la gauche au pouvoir? Ou à l'entrée fracassante de l'extrême droite au gouvernement? Les électeurs ont commencé à voter dimanche, au terme d'une campagne haletante qui s'est resserrée dans les tout derniers jours.
Vêtue d'un costume bleu clair, la cheffe de l'opposition de gauche, Magdalena Andersson, a été l'une des premières à voter, de bon matin, dans un gymnase de sa commune de Nacka, accompagnée de son mari.
"C'est désormais au peuple suédois de décider (...) Voulons-nous un gouvernement entièrement dominé par les Démocrates de Suède (SD, extrême droite)" ou "voulons-nous un gouvernement dirigé par moi, qui conduira la Suède dans un nouvel esprit de coopération?", a-t-elle déclaré aux journalistes après avoir glissé son bulletin dans l'urne.
Les bureaux de vote ferment à 20H00 (18H00 GMT), heure à laquelle sont attendus deux sondages à la sortie des urnes.
Déjà allié avec les Démocrates de Suède au Parlement, le Premier ministre Ulf Kristersson a promis de faire entrer la formation d'extrême droite dans son gouvernement en cas de victoire dimanche.
Éphémère dirigeante (2021-2022) au caractère bien trempé, la social-démocrate rêve d'un retour à la tête du gouvernement.
La quinquagénaire a surfé en tête des sondages durant plusieurs mois dans cette campagne dominée par les questions de santé et de pouvoir d'achat.
Face à elle, l'actuel Premier ministre de droite se prend à croire depuis quelques jours à un nouveau mandat.
L'objectif pour ce dirigeant de 62 ans? Avoir quatre ans de plus pour "rendre à la Suède sa grandeur", a-t-il confié à l'AFP dans un clin d'oeil à la célèbre formule de Donald Trump.
"Autrefois, nous étions surtout connus pour nos fusillades et nos meurtres quotidiens. Aujourd'hui, nous sommes reconnus pour nos entrepreneurs à la réussite fulgurante", a plaidé le conservateur, défendant son bilan de fermeté sur l'immigration et de lutte contre la criminalité. Deux axes majeurs de son mandat.
- "Election très serrée" -
De longs mois durant, sa coalition gouvernementale, constituée en 2022 et alliée avec l'extrême droite au Parlement, était donnée perdante face au bloc de gauche.
Mais les enquêtes d'opinion les plus récentes lui donnent quelques raisons d'espérer.
Un sondage Ipsos commandé par le quotidien Dagens Nyheter plaçait ainsi les deux camps dans un mouchoir de poche: 49% pour la droite, 49,3% pour la gauche.
"Nous savions tous que cela allait être une élection très serrée, je l'ai toujours dit, c'est généralement comme ça que se déroulent les élections en Suède", a relativisé la sociale-démocrate Magdalena Andersson lors de son dernier meeting de campagne samedi.
De quoi faire jubiler son leader, Jimmie Åkesson, principal architecte de la dédiabolisation du parti aux racines néonazies.
- "Déjà gagné!" -
"Nous avons déjà gagné!", a lancé ce quadragénaire aux cheveux gominés sous un tonnerre d'applaudissements de ses partisans samedi soir.
"La Suède est en train de devenir plus sûre, meilleure, plus suédoise", a-t-il martelé lors d'un meeting dans un quartier animé du centre de Stockholm à la veille du scrutin.
Près de huit millions d'électeurs sont appelés aux urnes, et plus de la moitié d'entre eux ont déjà voté par anticipation.
"C'est une élection très importante cette année et j'espère que beaucoup de gens vont comprendre qu'il faut changer de cap en Suède, pour que chacun puisse se sentir intégré à la société", assure auprès de l'AFP Linda Eriksson, responsable de magasin de 48 ans, croisée à Nacka, à l'est de Stockholm.
Ingrid Rudien, 64 ans espère elle que le pays reste "uni" même en cas de "résultat serré".
La participation est traditionnellement très élevée dans le pays nordique de 10,6 millions d'habitants.
AFP




