Nombreuses victimes

La GrĂšce sous le choc face aux incendies: 50 morts dont des enfants

  • PubliĂ© le 24 juillet 2018 Ă  13:58
  • ActualisĂ© le 24 juillet 2018 Ă  14:13
Une maison menacée par les flammes à Kineta prÚs d'AthÚnes le 23 juillet 2018

La découverte macabre mardi matin dans une cour prÚs d'AthÚnes de 26 personnes carbonisées, dont des "petits enfants", a provoqué stupeur et deuil en GrÚce, qui fait face depuis lundi aux incendies les plus meurtriers depuis 2007, avec un bilan d'au moins 50 morts et 172 blessés.

C'est dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de km à l'est d'AthÚnes, que ces 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, "dans une derniÚre tentative pour se protéger", a raconté un sauveteur, Vassilis Andriopoulos.

Les récits des responsables et des résidents décrivent un déluge de flammes qui s'est abattu lundi aprÚs-midi sur la cÎte orientale de la capitale, piégeant les victimes chez elles, dans leurs voitures ou à quelques mÚtres des plages qu'ils tentaient de rejoindre.
A Mati, la violence des vents, avec des pointes à plus de 100 km/h, a "provoqué une progression foudroyante du feu dans le tissu urbain", a expliqué la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri. "Mati n'existe plus", a lancé le maire du port proche de Rafina, Evangélos Bournous, recensant "plus de mille bùtiments et 300 voitures" endommagées, dont les carcasses fumaient toujours dans une ùcre odeur de brûlé.
DÚs lundi aprÚs-midi, M. Bournous avait prédit un bilan tragique, alors que les pompiers apparaissaient débordés.
Mardi en fin de matinée, le gouvernement recensait officiellement 50 morts. On dénombrait aussi 172 blessés, dont 16 enfants. 11 adultes se trouvaient dans un état grave.
Les rescapés ont passé des heures d'angoisse noyés sous des nuages de cendre au bord de l'eau, dans l'attente des secours.
Quelque 715 personnes ont été évacuées par la mer jusqu'à Rafina, dans la balieue d'AthÚnes, a précisé le gouvernement. Les autorités s'employaient mardi à reloger dans des hÎtels les victimes se retrouvant sans logis.
Au moins cinq personnes ont Ă©galement pĂ©ri en mer, oĂč des recherches de poursuivaient. L'identification des victimes ne faisait que commencer, dans cette zone Ă©galement frĂ©quentĂ©e par des touristes Ă©trangers.

Renforts et condoléances

Le feu ne progressait plus dans le secteur dans la matinée, mais les pompiers restaient mobilisés pour prévenir tout nouvel embrasement.
Un front avançait par contre toujours Ă  Kineta, Ă  une cinquantaine de km Ă  l'ouest de la capitale, oĂč un premier incendie avait Ă©clatĂ© lundi matin, lĂ  aussi dans une zone de pinĂšdes parsemĂ©e de rĂ©sidences secondaires.
Dans l'immédiat, aucune victime n'y était signalée, mais nombre de voitures et maisons sont parties en fumée.
DÚs le lever du jour, les avions et hélicoptÚres de pompiers ont repris leurs opérations, interrompues par la nuit, tandis que deux canadairs espagnols et 60 pompiers chypriotes étaient attendus en renfort aprÚs l'activation par AthÚnes du mécanisme européen de protection civile.
Le pays s'est aussi vu offrir de l'aide par la France, Israël, la Bulgarie et la Turquie, tandis que les messages de condoléances affluaient de l'étranger. "La Commission européenne n'épargnera pas ses efforts pour aider la GrÚce" a tweeté son président Jean-Claude Juncker.
Un numéro vert a été mis à disposition des habitants pour signaler des disparus, tandis que des familles postaient des tweets pour retrouver des proches.

 

"L'Attique en cendres"

"Enfer de Dante", titrait mardi le journal Ta Nea (opposition centriste), "L'Attique en cendres", résumait le quotidien de centre-gauche Ethnos.
Coutumier des incendies estivaux, le pays n'avait pas connu de tel drame depuis les feux géants qui avaient tué 77 personnes en 2007 dans le PéloponnÚse et sur l'ßle d'Evia. A l'époque, les victimes avaient été piégées dans des zones montagneuses et reculées.
Avant mĂȘme que la polĂ©mique ne s'engage sur la rĂ©ponse de l'appareil d'Etat, le gouvernement a soulignĂ© avoir dĂ» faire face Ă  un phĂ©nomĂšne "extrĂȘme", "asymĂ©trique" selon M. Tsipras, qui a Ă©courtĂ© une visite en Bosnie.
Le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a relevĂ© qu'il y avait eu "15 dĂ©parts de feu simultanĂ©s sur trois fronts diffĂ©rents" en Attique. Les Etats-Unis ont prĂȘtĂ© un drone pour survoler l'Attique et "observer et dĂ©tecter toute activitĂ© suspecte", a-t-il ajoutĂ©.
La présidence de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en GrÚce en juillet 1974. Le drapeau été mis en berne sur le Parlement.
Les incendies ont démarré alors qu'une vague de chaleur s'abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu'à 40 degrés Celsius. Selon les services météo, les conditions doivent rester difficiles mardi, quoique les températures en Attique soient prévues en baisse, avec des averses.
 

AFP

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