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La justice française met la pression sur X, avec perquisition et convocation d'Elon Musk

  • PubliĂ© le 3 fĂ©vrier 2026 Ă  21:46
Elon Musk est convoquĂ© le 20 avril 2026 par la justice française dans l'enquĂȘte sur les dĂ©rives prĂ©sumĂ©es de sa plateforme X

Coup de tonnerre dans l'univers cyber: Elon Musk, propriĂ©taire du rĂ©seau social X, est convoquĂ© pour ĂȘtre entendu le 20 avril par la justice française dans l'enquĂȘte sur les dĂ©rives prĂ©sumĂ©es de sa plateforme, dont les locaux français sont en cours de perquisition.


Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également convoquée à cette date. Cette ex-responsable et Elon Musk sont visés "en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits", précise mardi la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.
En parallÚle, une perquisition est "diligentée" dans "les locaux français" de la plateforme X, ajoute la magistrate.
Ces investigations, dirigées par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, sont menées avec l'unité nationale cyber de la gendarmerie et Europol.
Le rĂ©gulateur britannique de la protection des donnĂ©es (ICO) a par ailleurs annoncĂ© mardi l'ouverture d'une enquĂȘte contre le rĂ©seau d'Elon Musk et son entreprise d'intelligence artificielle xAI au sujet des images Ă  caractĂšre sexuel gĂ©nĂ©rĂ©es par son chatbot Grok, Ă  l'origine d'un tollĂ© mondial.
En France, la plateforme est visĂ©e par une enquĂȘte prĂ©liminaire, partie de signalements dĂ©but 2025 dĂ©nonçant un biais dans ses algorithmes.
L'enquĂȘte a Ă©tĂ© ensuite Ă©largie, aprĂšs d'autres signalements Ă  l'Ă©tĂ© 2025 notamment. Ces alertes dĂ©nonçaient le fonctionnement de Grok ayant conduit Ă  la diffusion de contenus nĂ©gationnistes et de deepfakes Ă  caractĂšre sexuel.
Les investigations portent notamment sur des soupçons de complicité "de détention d'images" à "caractÚre pédopornographique" ou de "contestation de crime contre l'humanité (négationnisme)".
Contacté par l'AFP, l'avocat de X, Me Kami Haeri, n'a pas souhaité commenter à ce stade.
Les auditions libres "des dirigeants doivent leur permettre d'exposer leur position sur les faits et le cas Ă©chĂ©ant les mesures de mise en conformitĂ© envisagĂ©es", souligne Mme Beccuau. Des salariĂ©s de X sont Ă©galement convoquĂ©s du 20 au 24 avril "pour ĂȘtre entendus en qualitĂ© de tĂ©moin".
- "Danger" -
Le choix d'un interrogatoire sous la forme d'une audition libre, plutĂŽt qu'une garde Ă  vue, montre l'Ă©tat d'esprit dans lequel Ă©changent, pour le moment, la plateforme et les enquĂȘteurs.
"La conduite de cette enquĂȘte s'inscrit Ă  ce stade dans une dĂ©marche constructive", indique ainsi Laure Beccuau, "dans l'objectif de garantir in fine la conformitĂ© de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure oĂč elle opĂšre sur le territoire national".
A l'inverse, dans l'information judiciaire visant la plateforme Kick aprĂšs la mort cet Ă©tĂ© en direct du streamer Jean Pormanove, le parquet a Ă©mis fin janvier des mandats d'arrĂȘt contre les trois gĂ©rants de fait et de droit de la plateforme, elle-mĂȘme aussi visĂ©e en tant que personne morale.
Le ministÚre public a expliqué y avoir été contraint car les protagonistes, convoqués, ne s'étaient pas présentés.
Pour X, tout est parti de signalements du député macroniste Eric Bothorel et du député socialiste Arthur Delaporte.
Ils soulignaient une "réduction de la diversité des voix et des options", une plateforme qui s'éloigne d'un objectif de "garantir un environnement sûr et respectueux à tous", ou encore des "interventions personnelles d'Elon Musk dans la gestion de sa plateforme", soit "un véritable danger et une menace pour nos démocraties".
A ce stade, la plateforme ne fait pas l'objet de poursuites pénales dans ce dossier.
- Chambres Ă  gaz -
Le patron de X France, Laurent Buanec, avait assuré le 22 janvier 2025 que "X a des rÚgles strictes, claires et publiques visant à protéger la plateforme des discours de haine", et que son algorithme "est construit de maniÚre à éviter de vous proposer des contenus de type haineux."
La plateforme est également dans le collimateur de la justice française à cause de son intelligence artificielle Grok qui a nié fin 2025, dans un post vu en France prÚs d'un million de fois, la finalité criminelle des chambres à gaz.
La Ligue des droits de l'Homme, qui avait porté plainte pour ce post, s'est félicitée de l'"avancée judiciaire" ce mardi.
La justice française n'en est pas Ă  son coup d'essai contre les gĂ©ants du numĂ©rique, sur lesquels la section spĂ©cialisĂ©e du parquet de Paris s'efforce d'enquĂȘter.
Outre Kick et X, elle a aussi dans son viseur le fondateur de la messagerie cryptée Telegram, Pavel Durov, soupçonné de ne pas agir contre l'échange de contenus criminels, ou encore des géants asiatiques comme Shein et AliExpress aprÚs l'affaire des poupées sexuelles à l'apparence d'enfants.
"La France est le seul pays au monde à poursuivre pénalement tous les réseaux sociaux qui offrent aux gens un certain degré de liberté. Ne vous y trompez pas: ce n'est pas un pays libre", a d'ailleurs commenté Pavel Durov sur ses réseaux.

Par Coralie FEBVRE - © 2026 AFP
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