Appel Ă  plus d'ambitions

La montagne des promesses pour le climat "accouche d'une souris", selon l'ONU

  • PubliĂ© le 10 novembre 2021 Ă  00:15
  • ActualisĂ© le 10 novembre 2021 Ă  06:38
Une caméra de télévision devant le logo de la COP26 sur un écran, le 9 novembre 2021 à Glasgow, en Ecosse

Les tout nouveaux engagements climatiques des Etats n'ont que marginalement amélioré les chances de l'humanité de freiner le réchauffement de la planÚte, a regretté l'ONU mardi, appelant encore à plus d'ambition d'ici la fin de la COP26 sur le climat.

Juste avant et pendant la conférence climat de Glasgow qui a commencé le 31 octobre, une trentaine de pays ont mis sur la table de nouveaux engagements, à court ou à long terme, notamment le Brésil ou encore l'Inde qui s'est engagée à la neutralité carbone pour 2070. Des annonces que les observateurs avaient souvent jugées significatives.

Mais "quand on regarde ces nouveaux engagements, franchement, c'est la montagne qui a accouché d'une souris", a déclaré mardi la patronne du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) Inger Andersen.

Le rapport annuel de référence du PNUE publié juste avant le début de la COP26 prédisait un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C par rapport à l'Úre pré-industrielle. Ou +2,2°C en prenant en compte les promesses de neutralité carbone pour le milieu du siÚcle.

Les prévisions mises à jour mardi par le PNUE, qui évaluent les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet serre de quelque 150 Etats pour 2030 ne changent pas vraiment la donne.

Les engagements pour 2030 des deux derniÚres semaines représenteraient 0,5 gigatonne d'équivalent CO2 d'émissions en moins en 2030, mais il faudrait ajouter à cela 27 gt pour limiter le réchauffement à +1,5°C, objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris.

De ce fait, les objectifs à 2030 révisés n'entraßnent aucun changement de la trajectoire de température: +2,7°C d'ici la fin du siÚcle, selon le PNUE.

Si l'on prend en compte promesses de neutralité carbone aux environs du milieu du siÚcle de plus de 70 Etats représentant trois quarts des émissions mondiales, la trajectoire montre une légÚre amélioration: +2,1°C, contre +2,2°C.

- "Avant le coup de marteau final" -

Mais ces promesses de neutralité carbone "sont généralement vagues, généralement pas transparentes, certaines parlent de gaz à effet de serre et d'autres seulement de C02, elles sont difficiles à évaluer, et beaucoup d'entre elles reportent les efforts à faire aprÚs 2030", alors qu'il faudrait réduire les émissions de 45% d'ici cette date pour espérer +1,5°C, a commenté Inger Andersen.

D'autres estimations des prévisions de températures ont été publiées ces derniers jours. La plus optimiste émanant de l'Agence internationale de l'Energie évoque un espoir de limiter le réchauffement à +1,8°C si toutes les promesses à court terme et de neutralité carbone étaient respectées. Mais elle comptabilise l'engagement d'une centaine de pays à réduire les émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre, de 30% d'ici 2030, alors que le PNUE ne prend pas en compte ce type d'annonces transversales qui peuvent "se chevaucher" avec les engagements nationaux.

Une autre analyse du Climate Action Tracker publiée mardi prédit une hausse de +2,4°C en se basant sur les objectifs de court terme.

Mais la plupart des estimations récemment mises en avant sont basées sur une probabilité de 50% de rester sous un plafond donné, alors que le PNUE adopte l'approche plus prudente de 66%, comme les experts climat de l'ONU (Giec).

Toutes ces évaluations "démontrent qu'il y a eu des progrÚs mais que ce n'est clairement pas suffisant", a commenté mardi le président de la COP26 Alok Sharma, qui veut pouvoir dire avec "crédibilité" à la fin de cette conférence que l'objectif de +1,5°C est "vivant".

Dans tous les cas, aucune des prĂ©visions ne deviendra rĂ©alitĂ© sans des politiques mises en oeuvre sur le terrain. Des actions rĂ©elles qui nĂ©cessitent un vĂ©ritable leadership, a soulignĂ© Inger Andersen. "Nous espĂ©rons que ce dĂ©ficit de leadership puisse ĂȘtre rĂ©duit par les chefs d'Etat, les dirigeants, les ministres, et tous les autres, avant le coup de marteau final de la COP".

AFP

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