Euro-2016

La pression monte pour les Bleus, l'ambition aussi

  • PubliĂ© le 9 juin 2016 Ă  03:44
Le gardien français Steve Mandanda en conférence de presse, le 8 juin 2016 à Clairefontaine

A un jour du match d'ouverture de l'Euro-2016 contre la Roumanie, l'équipe de France se prépare à plonger dans l'inconnu aprÚs deux ans de matches amicaux et une cascade de forfaits et de polémiques, mais les Bleus n'en démordent pas: ils ont l'ambition d'aller au bout devant leur public.

"C'est une chance de jouer à domicile, il y aura de la pression mais elle sera positive. On a cette obligation de faire une belle compétition et l'objectif c'est de la gagner", a lancé le gardien N.2 Steve Mandanda mercredi. Le Marseillais n'a fait que répéter le mot d'ordre entendu depuis quelques jours dans les rangs français. Malgré les avanies en tous genres et une préparation mouvementée, pas question pour le pays-hÎte de se cacher et de refuser l'étiquette de favori.

Il y a deux ans, plusieurs joueurs avaient maladroitement évoqué un objectif de titre pendant le Mondial-2014, mettant à mal la communication plus mesurée du sélectionneur et se faisant tirer les oreilles par Didier Deschamps. Cette fois, les propos sont assumés et collent à ceux du technicien français.

'On a la volonté de la gagner'

"Si on n'a pas cette ambition, on ne joue pas la compĂ©tition. A partir du moment oĂč on commence une compĂ©tition, on a la volontĂ© de la gagner. Il y a pas mal d'Ă©lĂ©ments qui sont en notre faveur: le fait de jouer Ă  domicile, d'avoir le public avec nous, la confiance des derniers matches. On a perdu des joueurs importants de notre groupe mais notre force c'est le collectif. Si le groupe tire dans le mĂȘme sens, on ira loin", a expliquĂ© Mandanda.

Une analyse reprise par le dĂ©fenseur Bacary Sagna: "On reste sur une belle compĂ©tition en 2014 (quart de finale de Coupe du monde, ndlr), on a senti la joie des Français, on a envie de rĂ©pĂ©ter ça. Il y aura une pression diffĂ©rente mais on est prĂȘt. On a hĂąte d'y ĂȘtre". Mardi, l'attaquant AndrĂ©-Pierre Gignac n'avait pas non plus esquivĂ© le statut, parfois encombrant, accolĂ© aux Bleus. "La France forcĂ©ment est favorite, avait-il dĂ©clarĂ©. Notre objectif commun c'est de gagner. Lors des derniers matches amicaux, avec 9 victoires sur 10, on a engrangĂ© de la confiance et mis pas mal de buts, mĂȘme si on en a pris un peu trop. Et l'Euro est chez nous. Les deux derniĂšres fois qu'on a Ă©tĂ© pays-hĂŽte, on a gagnĂ© la compĂ©tition (Euro-84, Mondial-98, ndlr)."

Le Mondial-98, la référence

Il reste toutefois à gérer le plus dur pour des joueurs qui vont découvrir, aprÚs deux ans de confort et de matches amicaux, les frissons de la haute compétition, qui plus est sur leur sol. Le match d'ouverture face aux Roumains sent-il le piÚge à plein nez?
"On a une pression supplĂ©mentaire par rapport aux autres, a estimĂ© Mandanda. Cela va ĂȘtre trĂšs compliquĂ© pour nous. On connaĂźt la difficultĂ© qui nous attend. On est toujours dans l'inconnu. Mais en gagnant le premier match, on aborderait trĂšs bien la compĂ©tition et cela nous donnerait un capital confiance. Il faut le gagner pour enchaĂźner derriĂšre. Il faut emballer la rencontre et marquer le plus vite possible".

Sagna a lui souhaité n'y voir que des avantages, parlant de "chance" et d'"excitation", et n'a pas semblé particuliÚrement inquiet par l'inexpérience de certains Bleus.

"Les jeunes d'aujourd'hui jouent sans réfléchir, n'ont aucune crainte et ils jouent comme ils jouent dans leurs clubs. Ils sont assez matures", a affirmé le défenseur de Manchester City.
Et s'il leur manque une référence, celle du Mondial-98 a de quoi les guider. "Je me souviens surtout des critiques avant la Coupe du monde, s'est remémoré Sagna, qui avait 15 ans à l'époque. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait autant d'acharnement contre l'équipe, le coach, Aimé Jacquet. Mais ils sont montés en puissance, ils ont bien débuté la compétition et se sont unifiés. Il faut s'en inspirer aujourd'hui."

Par Keyvan NARAGHI - © 2016 AFP

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